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(W-SI AVAVT J.-C.).
Ce grand événement de l’invasion Ci m brique n’eut qu’une influence fort indirecte sur les destinées de la Gaule, qui en fut le principal théâtre. Les Kymry -Teutons étaient trop barbares pour s'incorporer avec les tribus gauloises que le druidisme avait déjà liréesdeleur grossièreté primitive. Examinons avec quelque détail celte religion drui- ’dique 1 * 3 qui commença la culture morale de la Gaule, prépara l’invasion romaine, et fraya la voie au christianisme. Elle devait avoir atteint tout son développement, toute sa maturité dans le siècle qui précéda la conquête de César ; peut-être même penchait-elle vers son déclin ; l’influence politique des druides avait du moins diminué.
Il semble que les Galls aient d’abord adoré des objets matériels, des phénomènes, des agents de la nature : lacs, fontaines, pierres, arbres, vents, en
1 Valer. Max.,1. III, e.7. — SaIlust.,B. Jug.ad. cale. : ■Ex cù tempestate spes atque opes civitatif in illo sitae. — Vcll. Patère., 1. Il, c. 19 : Vidctur meruisse... ne ejiis nati rcmpublicam pœniteret. — Florus. I. III, e. 5 : Tam ixtuta tamque fcliccm libcraUe Itaüæ nssrr -tique imperii nuntiuro... populus Romanus accepit pcripnos, si credere tas est, Deos, etc. — Plut., in Mario, p. 941 : 01 troüet x7f»7»jv rt T ù prit rpOw «vrçyfysrjo»...
iv9aùfu*oi rt ptVx. tjato «v xai ywvautwv ixael et retV oî/ou, â/t« toTî Otolt , xal Metfl* àtiitrou xai Ào<6r,f stnt, f'ffirA o.
3 Les détails suivants sur la religion druidique sont tirés textuellement de l'excellent ouvrage d'Amédëc Thierry.
* Maxim. Tyr,,Scrm. 18. — Scnec.,Quæst. nat., I. V, c. 17. — Posidon., ap. Strab., 1. IV. — P. Oros., 1. V. c. 16. — Greg. Turon., de Glor. conless., c. 5.
4 Tara.ms. Lucan., 1. I. — Vosèci. Inscript. Grut.,
p. 0-1. — Ardoinxk. Inscrip. Cruf. — G sam Arvkrko-
particulicr le terrible Kirk \ Ce culle grossier fut. avec le temps , élevé cl généralisé. Ces êtres , ces phénomènes, curent leurs génies ; il en fut de même des lieux et des tribus. De là , le dieu 7’arafm , esprit du tonnerre 1 * ; f'osège, déification de Vosges ; Pennin, des Alpes; Ardu inné , des Ardenpes. De là, le Génie des Arrimes; bibracte, déesse et cité des Édues ; Arentia , chez les Helvètes ; Aemuwaws (Mmes) chez les Arécomikes, etc., etc.
Par un degré d’abstraction de plus, les forces générales de la ualure , celle de l'âme humaine et de la société furent aussi déifiées. 7’aranw devint le Dieu du ciel, le moteur et l’arbitre du muudc. Le soleil , Sous le nom de Del ou belen , fil naître les plantes salutaires et présida à la médecine; //cm 5 ou Hesus à la guerre Teutaiès au commerce et à l’industrie ; l'éloquence meme et la poésie eurent leur symbole dans Ogmius * . armé comme Hercule de la massue et de l'arc, cl entraînant après lui des hommes attachés par l’oreille à des chaînes d’or et d'ambre qui sortaient de sa bouche.
Ou voit qu'il y a ici quelque analogie arec l'Olympe des Grecs cl des Romains7. La ressemblance sc changea en identité, lorsque la Gaule, soumise à la domination de Rome, eut subi, quelques années seulement , l'influence des idées romaines. Alors le polythéisme gaulois, honoré et favorise par les empereurs, finit par se fondre dans celui I de l'Italie, taudis que le druidisme, ses mystères.
; sa doctrine, son sacerdoce, furent cruellement I proscrits.
Les druides enseignaient que la matière et l’es- | prit sont éternels, que la substance de l'univers
■ reste inaltérable sous la perpétuelle variation des : phénomènes où domine tour à tour l'influence de
l'eau et du feu 8; qu'entin l'âme humaine est soumise à la métempsycose 9. A ce dernier dogme se
rvm. Reines., appeud. S. — Biuractk. Inscr. ap. Ser.
■ rer. fr., 1,24. —Nemaosbs. Grut., p. 1 1 1. Spon., p. 10i>.
: — Averti a. Grut., p. 110, — Bélarus. A tison., carm. II . i Tertull., Apolog.c. 94.
| 4 Dans uu bas-relief trouvé souc l'église de Notre-
Dame de Paris , en 171 1 , on voit Itésus couronné de feuillages, à demi nu, une cognée à la main, et le genou gauche appuyé sur un arbre qu'il coupe.
6 L'écriture sacrée des Irlandais s'appelait Ogham f roy. Tolland , O'Halloran , et Vallancey et Bvaufort , dans les Coltedauea de rebu» llibcmiei» , etc.
7 Voy. Cæsar, Bell. G *11., I. VI, c. 17.
« Os., I. VI, c. 14. Diodor., I. V, p. 500. Val. Max., 1. II, c. 0.
! * Strab., I. VI , p. 1U7. AfOiplovt iiywwt tat* fugfcc
j rb* xbepev ixwpailiiattv oè aolt xal ujpxxl viotp. — Cæsar, I. IV, c. 14. Mêla, 1. III, c. 2. A ni ni Marc.,
| I. XV, c.O. Val. Max., I. II.