LIVRE 1. - CELTES. - IBERES. — ROMAINS
rattachait l'idée morale de peines el de récompenses ; ils considéraient les degrés de transmigration inférieurs à la condition humaine comme des états d'épreuve et de châtiment* Ils avaient même un autre mande *, un monde de bonheur. L’âme y conservait son identité, ses passions, ses habitudes. Aux funérailles , on brûlait les lettres que le mort devait lire ou remettre à d’autres morts *. Souvent même ils prêtaient de l’argent à rembourser dans l'autre vie *.
Ces deux notions combinées de la métempsycose et d'une vie future faisaient la base du système des druides. Mais leur science ne se bornait pas là ; ils étaient de plus métaphysiciens, physiciens, médecins, sorciers , et surtout astronomes 1 * * 4. Leur année se composait de lunaisons, ce qui fît dire aux Romains que las Gaulois mesuraient le temps par nuits el non par jours; ils expliquaient cet usage par l’origine infernale de ce peuple, et sa descendance du dieu Pluton5. La médecine druidique était uniquement fondée sur la magie. Il fallait cueillir le Samotus à jeun el de la main gauche , l’arracher de terre sans le regarder, el le jeter de même dans les réservoirs où les bestiaux allaient boire ; c’était tin préservatif contre leurs maladies6. On se préparait à la récolte de la sélagc par des ablutions et une offrande de pain et de vin ; on partait nu-pieds, habillé de blanc; sitôt qu'on avait aperçu la plante, on se baissait comme par hasard, et, glissant la main droite sous son bras gauche, on l’arrachait sans jamais employer le fer, puis on l’enveloppait d’un linge qui ne devait servir qu'une fois 7 *. Autre cérémonial pour la verveine. Mais le remède universel, la panacée, comme l’appelaient les druides *, c’était le fameux gui. Ils
1 Lucan., I. I. Mêla, 1. III, c. 2. /oy., à la fin du livre, les éclaircissements sur les traditions religieuses des Gallois et des Irlandais. J'ai rapporté ccs traditions; toutes récentes qu'elles peuvent paraître, elles portent un earactèrc profondément indigène. Le mythe du castor et du lac a bien l’air d'être né à l'époque où nos contrées occidentales étaient encore couvertes de forêts et de marécages.
* Diod., 1. V, p. 300.
* Mêla, 1. III, c. 2. Val. Max., I. II, c. 0.
4 Ca*., I. VI, c. 13. Mêla, 1. III, c. 2. Plin., I. XVI, c. 44.
4 C.ts., 1. VI, c. 18.
6 Plin., 1. XXIV, c. II.
7 Ibid.
» Omnia aanantem appcllantcs. Plin., 1. XVI , c. 44.
» Plin., I. XVI, c. 44.
Qualc solet tilvis brumali fri^orc viscum Fronde vivere novâ, quod non sua seminat arhor,
El crocco fœtu tereles circumdarc ramos.
Viac., /En., I. VI.