‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 82 sur 398 · LIVRE II. — LES ALLEMANDS · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LES ALLEMANDS

inans. Il linit par céder à la nécessite : il reconnut l'hérédité des comtés (877) 1 * ; c’ctail résigner la souveraineté. Les comtes, les seigneurs, voilà les véritables héritiers de Charles le Chauve. Déjà il a marié ses filles aux plus vaillants d'entre eux, à ceux de Bretagne et de Flandre.

[887-98 j Ces libérateurs du pays occuperont les déGlés des montagnes, les passes des fleuves, ils y dresseront leurs forts , ils s’y maintiendront à la fois, et contre les barbares, et contre le prince, qui de temps en temps aura la tentation de ressaisir le pouvoir qu'il abandonne à regret. Mais les peuples n'ont plus que haine et mépris pour un roi qui ne sait {mini les défendre. Ils se serrent autour de leurs défenseurs , autour des seigneurs et des comtes. Rien de plus populaire que la féodalité à sa naissance. Le souvenir confus de celte popularité est resté dans les romans où Gérant de Roussillon , où Renaud cl les autres fils d’Aymond soutiennent une lutte héroïque contre Charlemagne. Le nom de Charlemagne est ici la désignation commune des Carlovingiens.

Le premier et le plus puissant de ces fondateurs de la féodalité, est le beau-frère inéme de Charles le Chauve, Boson, qui prend le titre de roi de Provence, ou Bourgogne Cisjurane(879)3 4. Presque en même temps (888), Rudolf Welf occupe la Bourgogne Transjurane dont il fait aussi un royaume s. Voilà la barrière de la France au sud -est. Les * Sarrasins y auront des combats à rendre contre Boson , contre Gérard de Roussillon , le célèbre héros de romans, contre l’évéquc de Grenoble et le vicomte de Marseille.

Au pied des Pyrénées , le duché de Gascogne est rétabli par cette famille d'Hunald et de Guaifer \

1 Capitul. Caroli Calvi , ann. 877, ap. Scr. fr., Vil , 705. Si cornes de isto reguo obieril... filium illius de lionoribus illius honoremus. — Il assure l'héritage au fils, lors même qu'il est encore enfant à la mort du père. S’il n'y a point de fils, le priuce disposera du comté. — t'oy. sur tout ceci la méprise des auteurs de l'Art de vérifier les dates, V, 471,

5 II fut élu au concile de M.mlaillc par vingt-trois évêques du midi et de l'orient de la Gaule, l'oy. les actes du Concile, ap. Scr. fr,, IX, 504.

5 Annal. Met., ap. Scr. fr., VIII , 68. Provinciam inter Juram et Alpes penninas occupât, regemque se appcllavit.

4 Voy. la charte de 845, par laquelle Charles le Chauve refuse de confisquer les dons prodigieux que le comte des Gascons Vandregisile et sa famille (comtes de Bigorre , etc. ) avaient faits h l'église d'Alahon (diocèse d'Urgcl). llist. du Lang., I, note, p. 688, et p. 85 des preuves. — Il ne donnait pas moins que tout l'ancien patrimoine de scs aïeux en France , tout ce qu’ils

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