M. FOURŒR, PRÉFET DE L'ISÈRE
plusieurs exemples, entre autres celui d'un bal que la ville de Grenoble dbnna à Monsieur» depuis Charles X. Personne, d'abord, dans le parti libéral, ne voulait aller à ce bal, et toute la ville finit par s'y rendre et mAme par s'y amuser.
Non-seulement Fourier avait la confiance absolue de l'Isère pour tout ce qui regardait les affaires publiques, mais chacun s'empressait de le consulter sur ses a&ires privées. Le bon Fourier admettait toutes les confidences et prodiguait à tout le monde, avec une bonté inépuisable, les trésors de sa longue expérience des hommes et des choses. En un mot, avec des lumières, de l'esprit et de la bonté, il résolut le problème de l'administration, beaucoup faire sans se donner un grand mouvement.
Cependant les occupations du préfet n'empêchaient pas les méditations du savant; et après avoir terminé rapidement toutes lés afi'aires, retiré dans son cabinet solitaire, Fourier mettait en ordre ses papiers sur l'Egypte, poursuivais le développement de ses Méthodes analytiques, et jetait les fondements de la Théorie de la chaleur. 11 trouva à Grenoble les deux frères Champollion auxquels il donna le goût des études égyptiennes. C'est a lui peutrétre que nous devons Champollion qui pourtant était destiné à porter le coup mortel à l'antiquité du Zodiaque de Dendérah si chère aux savants de l'expédition. Mais les travaux d'archéologie et de mathématiques de Foufier ne peuvent pas même être effleurés ici. Il suffit de rappeler que c'est dans une campagne , près de Grenoble , qu'il écrivit sa célèbre introduction au grand ouvrage sur l'Égypie, au sujet de laquelle M. de Fontanes lui écrivit qu'il avait su réunir les grâces d'Athènes à la sa^sse d'Egypte} Je ter* mine cette note, exclusivement consacrée a la conduite de Fourier dans l'Isère, en assurant qu'en traversant ce dépaN m. 4
tement en 1820, j'y trouvai sa mémoire vénérée. 11 avait su, pendant sa longue administration, se concilier Testime et Taffection des hommes de toutes les classes et de toutes les opinions, dans un pays qui ne se montre pas facile à accorder ces sentiments, mais qui sait y rester fidèle quand oh y a de justes droits. Aussi depuis quinze ans qu'il était éfoigné de l'Isère, Fourier n'avait pas cessé de recevoir, dans les situations diverses où il s'était trouvé, les témoignages empressés de la reconnaissance et du profond intérêt que lui conservaient ses anciens administrés, et sa mort prématurée a excité parmi eux des regrets unanimes. La famille Périer est toute pleine de sa mémoire. M. Aug. Périer ne m'a jamais parlé de son illustre ami sans une véritable émotion. M. Bérenger, ancien avocat-général à la cour de Grenoble, a consacré à l'éloge de Fourier, comme préfet de l'Isère, une page remarquable dans son ouvrage sur YAdfnmistration de la jttstwe criminelle.