MES RELATIONS AVEC M. FOURIER
mant a toutes un caractère élevé, qu'il appelait esprit philosophique. J*éludaîs soigoeusement avec lui toute discussion sur la métaphysique.' Tout homme est de son temps; et je pensais quç Fourier, dont les études philosophiques étaient achevées avant la révolution, devait avoir la philosophie de cette époque, et qu'ayant été élevé par des prêtres, il avait fort bien pu tomber dans les extrémilés de la réaction qui emportait alors les meilleurs esprits. II n'en était rien ; et j'atteste qu'une fois, chez M. Royer-Collard, en présence de M. Damiron, il me dit très-sérieusement : « On ne peut pas s'arrêter à la philosophie de Condillac, et il y a longtemps que je suis convaincu comme vous que cette philosophie omet bien des choses importantes, et je place bien au-dessus votre philosophie écossaise. Je suis charmé qu'on l'enseigne dans nos écoles, car elle a rétabli des faits certains; sa méthode est la bonne; sa direction morale est parfaite; mais il y a longtemps aussi que je suis convaincu qu'on peut aller beaucoup plus loin. C'est un excellent commencement. » Il pouvait y avoir de la politesse dans ces paroles, mais tout n'était pas politesse, et je me souviens qu'il s'expliqua celle foislà même sur la philosophie de M. de Tracy avec une sévérité qui devait être bien sincère, puisqu'on parlant ainsi il ne pouvait être poli envers moi sans cesser de l'être envers un autre.
A cette occcasion, je me souviens encore que U. Augustin Périer, un de ses amis les plus intimes, m'a dit et répété plusieurs fois que Fourier ne partageait nullement les préjugés des savants, et que sans être dévot le moins du monde il était loin d'être dépourvu de sentiments religieux. M. Augustin Périer m'a rapporté que souvent dans l'intimité Fourier lui avait dit avec force, en faisant allusion au système d'athéisme alors si répandu : c< Si Taxis-
72 FRAGMENTS UTTÉIUIRES.
tencedeDieu et Tétat futur derhomme ontleur? •''" '' et leurs nuages, il ne faut pas oublier que h «^ ' ' traire n'en a pas moins, et que la vraiscnH» * core du côté de la foi à la Provideiioe. î^ tudes inévitables en pareille matière, il f " senliment du juste et de l'injuste, et } c ' ' duite, afin de se meure en harmonio a "•
sel dont le premier principe et les d»^ •
échappent quelquefois à notre fai) m'empécher de faire remanjuer à ^' que c'est là précisément le carart .»
Socrate.
11 me questionnait souvent -'" ^ ' philosophiques, et quand je Ini ï le dessein de ressusciter 1^ » '• lui sacrifier toute autre [d^îi ^i-m'efforçais de pruu\er on' i ^ * main pour toutes les \A\.. '•< gement tenipérée>, [k- îr celle de Platon, pL'Ur o» 5!»' Zenon, et même [ ixr «" peu de my^îici^me, ii r.»»»
et ne manqaa.i ; i» .1»^ "•• ■^'' ' = ^ M-idU^fr.-riter ie
«Ainsi, VL-J5 a.V:..^: • ■ .•■.-• d .i:> la re^piradoa; -^..se 1.1 li .j .c ; ..j ... ,. .• ■■ ^'-'it dv-.vnuH telle qe'U
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N en ce genre, les
i m voir de sa main,
.")(>, 13 pluviôse, des
.!!• la commission des ren-
inoderne. Tout cela était
linlecture de Tlsère. Je suis
archives de cette prélecture,
iliMilreprises analogues de Fou-
'ii-s grande importance à des statisti-
. .! '.liais il ne fut en meilleure position
ili iiK nt à de pareils travaux qu'au bureau
!ii (It'iiariûment de la Seine. La création de ce
ni lie Fourier alors en disgrâce est une bonne
\i. (if Chabrol. La statistique sérieuse a deux con-
- : 1 i|;iû les renseignements soient d'une parfaite
. îHiilc ; '2' que le nombre des faits observés soit Irès-
j-.'imI. Kn eft'et, dans le premier cas, les chiffres, ne re-
|)i('siMitaiit pas des faits, n*onl aucune valeur ; et dans le
deuxième, les inductions qu'on voudrait tirer de faits trop
peu nombreux seraient arbitraires : il faut pouvoir opérer
sur de grands nombres pour que la part du hasard soit
petite. Or, en Egypte, les renseignements ne pouvaient être assez certains, et dans Tlsère les nombres étaient trop bornés. A Paris, les deux conditions exigées pouvaient être remplies. Fourier y appliqua le calcul des probabilités à de très-grands nombres, rigoureusement constatés. Le premier résultat du travail du bureau de statistique furent les Recherches statistiques sur la ville de Paris et le département de la Seine , ou Recueil de tableaux dressés et réunis d'après les ordres de M. le comte de Chabrol , conseiller d'Etat , préfet du département; Paris, 1821, in-S**; recueil précédé de notions générales sur la population , où Fourier expose avec précision et lucidité les règles de critique qui doivent présider à ces recherches et sur lesquelles avaient été faits les tableaux dont se compose ce petit ouvrage. Toutes les causes qui agissent sur la population, la diminuent ou Taugmentent, y sont déterminées, et leur action calculée. Mais ce n'était là qu'une esquisse d'une œuvre plus importante. M. de Chabrol se proposait de publier régulièrement les résultats des travaux du bureau de statistique, et d'élever un monument au département qu'il administrait, à l'économie et à l'hygiène publiques. Le premier volume de ce bel ouvrage parut en 1823 sous le même titre que le petit écrit qui lui avait servi de préambule. C'est un grand in-4° qui comprend toutes les matières auxquelles pouvait s'appliquer l'observation dans le département de la Seine pendant les années écoulées depuis la première publication. Il a pour introduction un mémoire sur la population de la ville de Paris depuis la fin du xvii« siècle jusqu'à l'année 1821.11 parut un second volume en 1826, et un troisième en 1829. Ces deux derniers volumas renferment deux mémoires, l'un mr les résultats moyens rfeduits d'un grand nombre d'obser rations; l'autre, sur les
résuÀtcUs moyens et sur les erreurs des mesures. Pour donner une idée de ces deux mémoires, il suffira de transcrire le sommaire des articles que chacun d'eux renferme.