‹ Œuvres de M. Victor Cousin: 5. sér. Instruction publique (volume 2)Chapitre 7 sur 44 · DES AGRÉGÉS DE FACULTÉS · texte numérisé non relu

DES AGRÉGÉS DE FACULTÉS

pas partie intégrante des facultés et pouvant perdre leurs fonctions selon le caprice du titulaire ou du ministre , ne fussent pas admis à participer aux examens. Mais aujour* d'huiy lorsque les agrégés ont un titre indélébile, lorsqu'ils sont attachés inséparablement à la faculté , lorsqu'ils sont nommés à la suite de grands concours , je ne comprends pas les ombrages dont ils sont Tobjety et je m'afflige que M. le ministre ne les défende pas avec moi. Voyez ce qui se passe dans les facultés de médecine. Elles sont compo* sées de professeurs titulaires et adjoints, et d'agrégés qui participent également aux examens. Est-ce que les examens des facultés de médecine ne confèrent pas des grades à des particuliers, et des grades qui ouvrent la porte d'une profession très -importante, où les intérêts privés sont engagés? Irez-vous, redoublant de défiance à chaque pas que vous faites, après avoir mis en minorité les universitaires dans le jury de capacité, chasser des examens des facultés un ordre considérable de jeunes professeurs , zélés, instruits, sortis des concours et en retenant l'esprit libéral et les fortes habitudes? Il faudra un jour appliquer cela aux facultés de médecine. Vous affaiblirez les examens, ne vous y trompez pas. Les jeunes gens sont à la fois plus libres de préjugés et de systèmes, et en même temps plus fermes contre les sollicitations que les juges âgés, parce qu'ils sont moins mêlés à la vie ordinaire. Je vous le dis sincèrement, moi qui ai fait tant d'examens et qui n'appartiens plus à la jeunesse : en général la force des examens réside dans les membres les plus jeunes.

Je demande qu'on rédige ainsi l'article :

<c Les professeurs et ks cufrégés qui composent le^^ facultés, etc. »

M. Cousin. Oui , je défends les commissions

d'examen. Je parle dans un sens contraire à ce que vient de dire M. le ministre, car je parle dans le sens du projet ministériel

M. LE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. Le projet

ministériel n'a fait aucune inention à cet égard.

M. Cousin, il n'a donc pas désinvesti les commissions d'examen. Le silence du projet n'est point insignifiant ; il couvre, il maintient tout ce qui n'est pas expressément supprimé ou modifié par la présente loi. En effet, supposez que la commission n'eût pas proposé une dis* position nouvelle, les commissions d'examen étaient oonservées.

Je r^rette que M. )e ministre abandonne son propre projet et passe du côté de la commission. La disposition de la commission est impraticable, et c'est bien là quelque chose. Je vais essayer de le démontrer.

D'abord, M. le rapporteur a invoqué les décrets. Oui, les grades, en France, sont conférés, d'après le décret de 1808, par des facultés ; mais croyez-vous que ces facultés soient pures de ces fonctionnaires malheureux , suspects à votre commission, qu'on nomme des professeurs de collège ? Pas du tout. En fait , plus d'un professeur de collège est en même temps professeur de faculté ; et si M. le rapporteur veut lire un autre article encore du décret de 1808, il y verra que plusieurs professeurs de collège doivent faire partie des facultés. Il faut prendre le décret, non dans un seul article, mais dans son ensemble; l'esprit du décret, qui m'est familier, est au contraire d'élablir un lien entre les collèges et les facultés. Ainsi j'ai eu l'honneur d'étudier à la faculté des lettres de Paris sous trois professeurs titulaires qui, tous trois, èlaienl professeurs de collèges. Avec l'amendement de la commission , un aurait donc empêché ces trois

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