RÈGLEMENT GÉNÉRAL DES ÉTUDES DANS LES COLLÈGES
Circulaire relative au nouveau règlement des études dans les collèges royaux et dans les collèges communaux de plein exercice.
Du 27 août 1840.
Monsieur le recteur, je viens appeler toute votre attention sur les modifications apportées au règlement des études des collèges par Tarrêté que je vous communique.
Il est incontestable que Téducation n'est ni vraie ni complète, si elle n'embrasse pas, avec les études classiques proprement dites, de suffisantes connaissances de mathématiques, de physique, de chimie et d'histoire naturelle. Mais comment l'enseignement scientifique doit-il être combiné avec l'enseignement littéraire dans l'économie du collège? c'est un problème souvent agité et diversement résolu. Voici la pratique actuelle.
Dans les collèges de Paris, l'histoire naturelle est placée en sixième et en cinquième ; dans les collèges de départementy en troisième. L'arithmétique est enseignée à Paris
en quatrième, et en troisième dans les départements; la géométrie en troisième et en seconde à Paris, en seconde seulement dans les départements ; la chimie en seconde, à Paris seulement ; la cosmographie en rhétorique, dans tous les collèges. Enfin partout l'enseignement de la physique est renvoyé dans l'année de philosophie : car il ne vous échappera point, monsieur le recteur, que les classes de mathématiques élémentaires et de mathématiques transcendantes sont particulièrement réservées aux élèves qui se destinent aux écoles spéciales , et sont plutôt annexées qu'intimement unies au collège. A la rigueui; il ne faut donc pas les compter dans le cadre ordinaire des études, dont la fin commune est le baccalauréat ès-Iettres. Or, il est évident, même en théorie, que cette combinaison des études scientifiques et des études classiques est entièrement défectueuse. La chimie enseignée deux années avant la physique est une véritable anomalie. L'histoire naturelle en sixième est au moins inutile, et elle est oubliée quand on arrive à la physique et à la philosophie. L'enseignement de l'arithmétique et de la géométrie en troisième et en seconde surcharge les études si variées de grec, de latin, de français, d'histoire et de langues vivantes, auxquelles ces deux classes suffisent à peine. Enfin, après la seconde, tout enseignement de mathématiques, cesse, au moment même où l'âge des élèves et les forces croissantes de leur esprit leur rendraient cet enseignement convenable et utile.
Telles sont les objections solides que fait la théorie à la combinaison actuelle, et l'expérience de bien des années confirme ces- objections. Deux points sont aujourd'hui mis hors de doute par les rapports de MM. les inspecteurs généraux et par ceux de MM. les proviseurs : 1® Les portions d'enseignement scientifique, réparties depuis la
sixième jusqu'à la rhétorique inclusivement, ne produisent aucun bon résultat; 2<^ cet enseignement accessoire, infructueux en lui-môme, nuit considérablement aux études classiques. Il a donc fallu, monsieur le recteur, chercher une autre combinaison.
C'est un principe reconnu que les études doivent être proportionnées à Tâge des élèves. C'est un autre principe également reconnu que, dans un même âge, toutes les études doivent être analogues pour produire une impression forte et durable. Voilà pourquoi l'expérience générale a placé d'abord les études Classiques, si bien appelées hu-manitésy parce qu'elles forment l'homme et cultivent à la fois la mémoire, l'imagination, l'esprit et le cœur. La philosophie, les mathématiques, les sciences physiques et naturelles doivent venir après : elles s'adressent à la réflexion naissante. Tel m'a paru le plan vrai et régulier des études du collège. Je n'ai donc point hésité à supprimer tous les accessoires scientifiques répartis depuis la sixième jusqu'à la rhétorique, afin de fortifier par là l'enseignement classique; et j'ai rassemblé dans l'année de philosophie tout l'enseignement scientifique, qui alors devient lui-môme plus important et plus sérieux. Les mathématiques auront trois classes par semaine ; la chimie est annexée à la physique, ainsi que l'histoire naturelle; et ces divers ensei« gnements, joints à celui de la philosophie, se prêteront un mutuel appui et prépareront directement au baccalauréat.
Cependant les classes de mathématiques élémentaires et spéciales continueront d'offrir, à côté de ce collège normal, des cours particuliers dont la destination a déjà été indiquée. On y pourra arriver, comme cela se fait aujourd'hui, sans avoir achevé les humanités et la rhétorique. Il pourra même être formé, pour les élèves qui se destinent spécialement aux mathématiques, une conférence prépa-
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ratoire : car il importe qu'il y ait dans nos collèges tout ce qui conduit les jeunes gens non-seulement au baccalauréat ès-lettres, mais aux écoles spéciales et aux grands services publics.
La suppression des annexes scientifiques*» depuis la sixième jusqu'à la rhétorique inclusivement, laissera libres un assez bon nombre d'heures par semaine. Comme je vous l'ai déjà dit, une partie de ce temps sera rendu aux études classiques. Ainsi à Paris, en sixième et en cinquième, et partout, en troisièjne et en seconde, les langues anciennes auront une leçon de plus; dans les collèges des départements, il y aura désormais, comme à Paris, deux classes d'histoire en quatrième; et partout une deuxième leçon sera ajoutée à l'enseignement de l'histoire de France en rhétorique. Mais l'avantage que je veux surtout procurer par la suppression indiquée, c'est le sérieux enseignement des langues vivantes. Cet enseignement aura désormais sa place en quatrième, en troisième et en seconde. Chaque leçon sera de deux heures, comme les leçons de langues anciennes et d'histoire. Des langues différentes pourront être enseignées suivant les différentes localités. Dans les collées de Paris et dans les grands collèges de département, il y aura toujours deux maîtres, l'un de langue anglaise, l'autre de langue allemande, entre lesquels les élèves choisiront. Mais, une fois leur choix fait, l'enseignement commencé deviendra obligatoire pour tous; et il aura ses prix dans chaque collège.
Ainsi, monsieur le recteur, le plan nouveau fortifie à la fois l'enseignement scientifique, l'enseignement classique et l'enseignement des langues vivantes, en les mettant à leur véritable place et en les disposant dans l'ordre qui leur convient. Ce plan constituera, je l'espère, les études de nos collèges sur des fondements durables. 11 préviendra
la confusion des idées, la dispersion et rafiEaiblissement de l'attention ; car le meilleur système d'étude ne consiste pas à enseigner le plus de choses à la fois, mais à enseigner chacune d'elles en son temps. Accumuler des enseigne* ments dissemblables, c'est fatiguer et énerver l'esprit, ce n'est pas le féconder. Le nouveau programme exercera l'intelligence des élèves par une culture mieux appropriée à chaque âge et à la nature de l'esprit humain; et il est permis d'espérer qu'il préparera à l'État et au pays des gêné-, rations plus fortes. L'université est un grand service public ; elle ne doit pas se laisser entraîner par de^ besoins factices et des modes passagères : elle doit rechercher la plus solide culture de l'intelligence et du caractère, la discipline qui peut rendre l'esprit plus juste et plus ferme, instruit sans doute, mais surtout capable de perfectionner sans cesse son instruction par l'habitude de l'attention et du travail.
Ce plan, monsieur le recteur, serait achevé et définitif, s'il instituait deux années de philosophie, au lieu d'une seule. Alors les divers enseignements rassemblés dans cette seule année se développeraient mieux et pourraient devenir obligatoires pour tous les élèves. Cette addition d'une année pourrait être utilement compensée par le retranchement d'une de ces classes élémentaires dans lesquelles on apprend peut-être le latin de trop bonne heure. Il me parait que six années d'études, depuis la sixième jusqu'à la rhétorique, avec la classe préparatoire de septième, sont parfaitement suffisantes. Les classes qu'on a établies dans plusieurs collèges sous le nom de huitième^ de neuvième même, doivent être complètement dégagées de toute étude latine, et offrir une instruction primaire d'un ordre élevé pour les familles qui ne veulent pas envoyer leurs enfants aux écoles primaires ordinaires. Je vous engage, monsieur
le recteur, dès que le plan consigné dans Tarrété ci-joint sera mis à exécution, à porter votre attention sur le perfectionnement que je viens de vous indiquer, et à m'adresser vos observations à cet égard , après vous être concerté avec MM. les proviseurs et principaux de votre Académie.
Recevez, monsieur le recteur, etc.
■BBelffiieiiiMit ée VhïmioÈre iiatvrelle*
Circulaire du ministre de l'instruction publique Felative au nouveau programme de renseignement de Tbistoire naturelle. '
Do 5 septembre 1840.
Monsieur lê recteur, je vous communique un nouveau programme pour renseignement de l'histoire naturelle dans les collèges. Ce programme rapporte celui du 5 novembre^ 1833, et il devient immédiatement obligatoire dans toutes les Académies. îl diffère de l'ancien, en ce qu'il a pour but, non de faire des naturalistes, mais de donner aux élèves de la première année de philosophie cette connaissance générale des lois de la nature, sans laquelle il n'y a point d'éducation libérale. Aussi, vous n'y trouverez point les détails minutieux de la science, mais seulement des notions solides et incontestables sur les points les plus importants de l'histoire naturelle, tels que les principales fonctions' des animaux et des plantes, les bases de la classification naturelle, et les grands phénomènes géologiques, en un mot sur des choses que tous les hommes bien élevés doivent avoir apprises, et qui, une fois apprises, ne s'oublient point.
Cet enseignement, qui comprend les questions les plus élevées, doit cependant revêtir une forme très-élémentaire,
se recommander par la simplicité de l'expression et un choix heureux dans les exemples. Il doit se lier à la fois au cours de physique et de chimie dont il fait partie» et au cours de philosophie qu'il complète ; car il forme» pour ainsi dire» une théodicée naturelle qui montre aux élèves la main de la divine providence partout empreinte dans le plan de ce monde et dans l'organisation des êtres qui l'habitent. Ainsi présenté, l'enseignement de l'histoire naturelle laissera des traces profondes dans l'intelligence» et même dans l'âme des élèves.
Vous veillerez, Monsieur le recteur, à ce que le cours d'histoire naturelle soit fait partout d'après le programme que je vous adresse, et dans l'esprit que je viens de vous indiquer.
Conformément au règlement du 25 août dernier, je désire que ce cours soit confié le plus tôt possible, dans chaque collège, au professeur de physique et de chimie ; car il importe qu'un enseignement aussi important sgit entre les mains de maîtres formés par l'université, sortis des concours de l'agrégation, et pourvus de grades qui témoignent de leur capacité. En même temps vous tiendrez compte des droits et de l'état des maîtres particuliers qui ont été chargés jusqu'ici de cet enseignement sans grades universitaires, et qui ont pu rendre de véritables services.
Lorsque le nouveau programme aura reçu la sanction de l'expérience, quelque&-unes des principales questions qu'il renferme pourront être reproduites dans le programme du baccalauréat ès-lettres ; et l'enseignement de l'histoire naturelle acquerra ainsi, dans tous les collèges, le rang qui lui appartient.
Recevez, monsieur le recteur, etc.
Circulaire relative à renseignement des langues vivantes dans les
collèges.
Da 18 septembre 1840.
Monsieur le recteur, le nouveau règlement d'études que je vous ai transmis avec ma circulaire du 27 août vous a fait connaître Timportance que prend désormais renseignement des langues vivantes dans les collèges. Cet enseignement, obligatoire pour tous les élèves de quatrième, troisième et seconde, embrasse trois années distinctes, et occupe une leçon par semaine. Mais cette leçon est de deux heures, comme pour les études de languesanciennes etd'histoire. Ce n'est plus entre les classes, et accessoirement, que les langues vivantes sont enseignées; elles ont leur place déterminée dans le cadre régulier des leçons du collège. Ces mesures vous indiquent assez l'intention où je suis de donner à cet enseignement une organisation sérieuse. Mais il ne me paraîtrait pas sage de devancer les leçons de l'expérience, et d'adopter dès à présent un règlement définitif pour cette matière difficile et nouvelle. Je crois devoir vous transmettre d'abord des instructions générales, que vous voudrez bien communiquer à MM. les proviseurs et principaux de collège. A la fin de l'année, lorsque l'expérience et les rapports d'inspection auront constaté le meilleur mode à suivre pour cet enseignement spécial, je soumettrai au conseil un projet de règlement uniforme.
Le premier point que je vous recommande est d'établir une gradation marquée entre les trois années consacrées à l'étude des langues vivantes. Dans la première année, ce qui doit dominer est l'étude de la grammaire et de la
prononciation; dans la seconde année, des explications variées d'auteurs en prose ou en vers, qui, par des comparaisons fréquefttes avec les auteurs grecs, latins et français, étendent et fortifient les connaissances grammaticales et littéraires des élèves; dans la troisième année, un peu d'histoire littéraire, représentée par des morceaux de choix des premiers maîtres, avec des exercices de style et de composition.
L'université ne recommande aucune méthode particulière; elle les accepte toutes, pourvu qu'elles soient avouées par la raison et par l'expérience, et qu'elles donnent de bons résultats. Elle ne prescrit ni telle grammaire, ni tel dictionnaire, ni même tel ou tel auteur. Le professeur s^entendra à cet égard avec M. le proviseur et avec vous.
Sans vous tracer un programme, voici quelles pourraient être les occupations de chaque année.
La première année, comme je l'ai déjà dit, sera consacrée tout entière à la grammaire et à la prononciation. Pour la grammaire, les élèves apprendront par cœur pour chaque jour de classe la leçon qui aura été développée par le professeur dans la classe précédente. Les exercices consisteront en versions et en thèmes, où sera ménagée l'application des dernières leçons. Les exercices suivront ainsi pas à pas les leçons, les feront mieux comprendre, et les inculqueront plus profondément. Pour la prononciation, après en avoir exposé les règles, on y accoutumera l'oreille des élèves par des dictées fréquentes, et on fera apprendre par cœur et réciter convenablement les morceaux dictés. Enfin, dans les derniers mois de l'année, on expliquera des auteurs faciles de prose.
Dans la seconde année, on continuera l'étude de la grammaire ; on s'attachera à pénétrer dans le génie de la langue. On fera connaître aussi le mécanisme de la versifi-
cation. Les versions et les thèmes consisteront surtout en morceaux grecs et latins qu'on fera traduire en anglais et en allemand, et réciproquement. On expliquera des auteurs de vers, aussi bien que des auteurs de prose. On préférera les auteurs qui permettent de perpétuelles comparaisons avec les écrivains de l'antiquité. Par exemple, pour l'anglais, on pourrait prendre la traduction de Virgile par Dryden, et celle de l'Iliade par Pope; pour l'allemand, la traduction d'Homère par Voss, celle des Commentaires de César par Wagner, etc. On aura soin de choisir les morceaux les plus intéressants, sans s'astreindre à épuiser un livre entier.
Dans la troisième année, l'enseignement aura plus particulièrement un caractère littéraire. Le professeur pourra présenter une sorte de tableau de la littérature anglaise ou allemande, en faisant expliquer un ou deux morceaux de chaque auteur célèbre. Ce sera une histoire littéraire en exemples. Les yersions seront remplacées par des traductions orales de passages difficiles, et les thèmes par des lettres ou des narrations composées par les élèves. Le professeur pourrait, de temps en temps, faire sa leçon dans la langue enseignée, et les élèves seraient tenus d'apporter une rédaction abrégée de cette leçon dans la même * langue.
Il y aura une fois par mois, le jeudi, une composition d'une heure, d'après laquelle le professeur donnera les places. Les prix seront décernés, non sur une composition particulière, mais sur l'ensemble des travaux de l'année entière.
Telles sont, monsieur le recteur, les principales directions que je vous invite à suivre dans l'organisation des cours de langues vivantes. Un mois ou deux après que ces cours seront commencés, vous aurez soin de les faire in-
specter, pour savoir si ces instructions sont fidèlement exécutées, et vous voudrez bien m'adresser un rapport particulier sur les résultats de cette inspection. A la fin de Tannée vous m'adresserez un second rapport avec un projet de règlement définitif. De mon côté, j'ai invité MM. les inspecteurs généraux à porter leur attention sur cette nouvelle branche d'études.
Vous ne négligerez rien, monsieur le recteur, pour que l'enseignement des langues vivantes prenne dès cette année l'importance qui lui appartient. Si les maîtres actuels vous paraissaient au-dessous de leurs fonctions, vous me proposerez de les remplacer par des maîtres plus habiles; et, dans ce cas, il serait désirable que votre choix pût se fixer sur quelqu'un des professeurs ordinaires du collège qui serait libre aux jours et heures où se donnent les leçons de langues vivantes. Les rapprochements entre les langues anciennes et les langues modernes seraient ainsi mieux assurés, et toutes les études y gagneraient.
Recevez, monsieur le recteur, etc.
ExAineiifl «MBiielfl d'admlMillillllé.
Circulaire relative aux examens pour passer d'une classe dans
une classe supérieure.
Do 22 sq>teinbre 1840.
Monsieur le recteur, on se plaint avec raison que, dans nos collèges, beaucoup d'élèves retirent peu de fruit des leçons qu'ils reçoivent. Rien n'est plus contraire à la force de la discipline et aux progrès de l'enseignement que de réunir dans une même classe des élèves qui ne sont pas tous en état de la suivre utilement. Pour obvier à ce grave inconvénient, les règlements constitutifs des lycées avaient
prescrit de ne faire monter d'une classe dans une autre que les élèves qui auraient satisfait à un examen spécial d'admission. Les statuts de 1814 et de 1821 ont reproduit cette salutaire disposition. Mais elle n'a jamais été qu'imparfaitement exécutée ; et depuis longtemps elle était tombée tout à fait en désuétude, lorsqu'un arrêté du 2 juillet 1 836 la fit revivre pour les collèges de Paris. L'année suivante, elle fut appliquée à tous les autres collèges, mais d'une manière incomplète; car l'examenr ne fut exigé que pour l'admission aux classes supérieures. Or, à cette période des études, le mal des premières années perdues est déjà irrémédiable. Des considérations d'âge, de destination spéciale, le vœu des familles, dont il est impossible alors de ne pas tenir compte, sont autant d'obstacles à l'exécution franche et sérieuse d'une disposition reconnue indispensable. Cette épreuve sera beaucoup plus efficace dans les classes inférieures, à l'égard d'élèves qui ont encore une longue carrière à parcourir, et dont on pourra sans inconvénient retarder la marche pour la rendre plus sûre. ~ J'ai donc décidé en conseil royal que les examens d'admissibilité auraient lieu désormais dans toutes les classes, à partir de la sixième.
A la fin de l'année scolaire, chaque professeur dressera, d'après les notes et les places des compositions de toute Tannée, la liste des élèves de sa classe par ordre de mérite. Tout élève compris dans le dernier quart de cette liste ne pourra être reçu dans la classe supérieure qu'après avoir subi un examen sévère, qui sera fait par le professeur de cette classe, en présence du recteur, des inspecteurs de l'Académie, et avec le concours du proviseur et du censeur des études.
Cet examen s'adressera souvent, nous l'espérons, à des jeunes gens appliqués et studieux, dont il servira seule-
ment à mieux constater la capacité : car, dans une classe bien faite, de bons élèves doivent se rencontrer même sur les derniers bancs. Mais, en général, des élèves peuvent être légitimement suspects de n'avoir pas toute l'aptitude nécessaire; et ils auront eu devant eux un ou deux mois pour réparer l'insuffisance de leur instruction.
D'après le résultat de l'examen, dont le procès-verbal me sera transmis, tout élève qui n'aura point justifié d'une instruction suffisante devra rester dans la classe inférieure ; et ici, je ne saurais trop recommander à MM. les professeurs , et surtout aux chefs d'établissements, une équitable sévérité. La plus sûre prospérité d'un établissement de l'État consiste moins dans le grand nombre des élèves que dans l'excellence de la discipline et des études.
Les élèves ont quelquefois éludé les mesures prescrites par les arrêtés de 1836 et de 1837, en ne rentrant au collège qu'après les examens terminés. Cette infraction à la règle ne doit plus avoir lieu. Tout élève est tenu de se présenter au collège la veille de la rentrée des classes; et s'il y avait à cet égard quelque exception motivée, elle ne saurait, dans aucun cas, dispenser l'élève retardataire de l'examen prescrit.
Tout élève venant du dehors, soit au commencement, soit dans le courant de l'année scolaire, sera soumis aussi à une épreuve spéciale devant le professeur de la classe pour laquelle il se présente.
MM. les recteurs ou inspecteurs de l'Académie ne pourront pas assister à ces examens particuliers; mais le proviseur et le censeur des études devront y prendre part.
En exécutant avec modération, mais avec persévérance, ces diverses mesures, nous atteindrons, monsieur le recteur, le véritable but que l'on doit se proposer dans l'en-
geignement public : assurer le prc^cès de tous. Nos établissements répondront mieux aux vœux et aux sacrifices des familles ; et le seul titre de la classe donnera une idée fidèle de l'instruction réelle des élèves.
Recevez, monsieur le recteur, etc.
AgrécatloB spéeUile ée physique e( d%i«tolre
■Ainrelle.
Circulaire relative à la création d'un concours général d'agrégation pour les sciences physiques et naturelles, et d'une nouvelle division scientifique à l'école normale.
Da 2 octobre 1840.
Monsieur le recteur, je vous adresse deux nouvelles décisions du conseil royal, d'une grande importance pour les études scientifiques de nos collèges.
Jusqu'ici les sciences mathématiques et physiques étaient oonfonduek dans la même agrégation. Il en résultait ce grave inconvénient que, l'agrégation embrassant des épreuves très-diverses , les candidats qui s'y préparaient avaient pivs d'étendue que de profondeur dans leurs connaissances, et cette inconséquence qu'après avoir passé par le même concours, les agrégés admis étaient appliqués à des enseignements différents, les uns aux mathématiques, les autres à la physique et à la chimie. Enfin , il faut le dire, la physique et la chimie, la physique surtout, n'étaient pas suffisamment représentées dans ce concours unique, et les sciences naturelles n'y jouaient aucun rôle : ce qui condamnait l'université à chercher des maîtres pour les sciences naturelles en dehors de l'agrégation et de l'école normale qui y prépare.
j'ai donc pensé qu'il fallait diviser le concours d'agréga-
236 BnNISTÉRE DE 1840.
tion des sciences en deux concours, Tun pour les sciences mathématiques, l'autre pour les sciences physiques et naturelles. Par là, ces diverses branches d'études seront plus développées dans chacun des concours qui leur seront spécialement affectés. Pour maintenir les liens qui les unissent, le diplôme de licencié ès-sciences mathématiques est exigé pour l'agrégation des sciences physiques et naturelles, et le diplôme de licencié ès-sciences physiques pour l'agrégation des sciences mathématiques. Sur ce commun fondement, les vocations particulières se développeront avec liberté, et chaque candidat pourra se présenter au concours institué pour le genre d'enseignement auquel il se destine. Les siences physiques et naturelles y gagneront, sans que les mathématiques puissent y perdre.
Rien n'est changé, d'ailleurs, dans Torganisation actuelle du concours d'agrégation pour les sciences : les trois épreuves distinctes de la composition, de l'argumentation et de la leçon subsistent. De même, le cadre des études de la section des sciences, à l'école normale, est agrandi et développé, sans subir aucun changement essentiel : il y aura, dans la troisième année, deux divisions correspondantes aux deux concours d'agrégation.
£n un mot, monsieur le recteur, la mesure nouvelle est analogue à celles qui successivement ont institué des concours particuliers, en 1825, pour la philosophie, en 1830, pour l'histoire. L'université marche donc toujours dans la même voie, mais elle y fait un pas de plus; et ce pas est un progrès véritable, une amélioration considérable de Tenseigneinent des sciences physiques et naturelles.
Recevez, monsieur le recteur, etc.
Circulaire relative aux réformes à introduire dans les examens
du baccalauréat ès-lettres.
Dd 8 mai 1840.
Monsieur le recteur 9 le baccalauréat ès-lettres, Vomme complément des études classiques et première condition des professions savantes, doit être, pour tous les candidats, une épreuve sérieuse qui constate véritablement leur instruction. Les facultés et les commissions apportent maintenant, je le sais, beaucoup plus de sévérité dans les examens; et, d'un autre éôté, les mesures prescrites pour déjouer les réceptions frauduleuses ont fait, en grande partie, disparaître un abus non moins grave qui avait excité de si justes plaintes. Mais d'autres améliorations sont également urgentes. Il importe surtout de déterminer un programme uniforme pour les diverses parties de l'examen, ainsi qu'il a été fait déjà pour la philosophie. J'appelle sur ce point votre attention particulière, et celle de la faculté des lettres de votre Académie.
Les examens du baccalauréat doivent comprendre trois épreuves distinctes : la composition, l'interrogation, l'explication.
L'épreuve de la composition, telle qu'elle est exigée par l'arrêté du 9 février 1830, ne consiste guère qu'en un simple exercice d'orthographe; et, ainsi restreinte, elle a même cessé d'être demandée dans beaucoup d'Académies. L'intérêt des études exige au contraire qu'elle soit fortifiée, développée; car elle est la meilleure garantie du véritable savoir : elle laisse au candidat la plénitude de ses moyens ; elle permet au juge^de motiver plus sûrement
son opinion ; et elle écarte ceux des candidats qui n'ont à faire valoir que des eonnaissanees superfidelles, un peu de mémoire et beaucoup de hardiesse.
Il est reconnu que, pour bien posséder une langue, bien sentir la valeur et la propriété de ses termes, il faut être exercé à la parler et à récrire. De là l'introduction et le maintien dans nos classes des compositions françaises, latines St grecques. Pour ccmserver à ces compositions la part qu'elles doivent avoir dans les études, il estnécessadr» que les épreuves du baccalauréat les reproduisent dans une certaine mesure.
Vous aurez à examina, monsieur le recteur, qudles sortes de compositions écrites doivent être exigées des candidats. Cette épreuve portera-t-elle, ainsi que plusieurs facultés en ont e&primé le vœu, sur toutes les parties de l'enseignement dans les classes de rhétorique el de philosophie ? ou doit-on se borner à quelques facultés principales ou même à une seule? Ne pQurrait-on pas dispenser de toute composition œuic des élèves qui, en rhétorique et en philosophie, auraient obtenu des prix dans les diverses facultés?
La composition écrite étant prise pour le fondement de l'examen, y aura-t-il lieu, ainsi que cela se pratique dans les concours d'agrégation de grammaire, de n'admettre aux autres épreuves que ceux des candidats qui auront suffisamment réussi dans la première?
La seconde épreuve, qui se compose d'interrogations sur la philosophie, l'histoire et la littérature, sera réglée dans ses diverses parties, comme elle l'est déjà pour la philosophie. Quant aux questions littéraires, d'excellents esprits ont pensé qu'elles ne doivent plus se borner à l'art oratoire d'Aristote et de Quintilien, et que la rhétorique actuelle doit être un cours de littérature générale où la
INSTRUGTIOff SBGONDAIRE. 239
, rhétorique des anciens trouve place comme question d'histoire littéraire , mais qui comprend aussi tous les autres genres, toutes les questions de goût et de style. Dans ce cas, il semble qu'il y aurait de grandes modifk^tions à apporter à la partie littéraire du programme actuellement en usage dans presque toutes les académies. D'autre part, je n'ai pas besoin de vous rappeler les difficultés de diverse nature qui se présentent ici ; et je vous prie de faire délibérer sur cet important objet la faculté des lettres de votre académie.
La troisième épreuve, celle de l'explication, devra porter, pour les auteurs grecs et latins, sur des textes complets, ainsi que le recommande déjà la circulaire du 1** décembre 18S9. J'ai sous les yeux les listes arrêtées par les diverses facultés. Quelques-unes comprennent un trop grand nombre d'auteurs; d'autres des textes trop faciles, d'autres au contraire des textes qui seraient trc^ élevés même pour les concours d'agrégation de grammaire. Vous m'adre^rez, s'il y a lieu, monsieur le recteur, de nouvelles propositions délibérées par la faculté.
Mais un point qui mérite de votre part et de la part de la faculté un examen spécial , c'est l'introduction , dans l'épreuve de l'explication, d'un certain nombre d'auteurs français, en prose et en vers, qui pourraient être analysés sous le rapport littéraire et même grammatical : car la langue nationale doit être étudiée avec autant de soin que les langues de l'antiquité.
Je désire, monsieur le recteur, que vous vous occupiez avec une attention particulière de ces divers objets. Il s'agit , en réglant les épreuves du baccalauréat , de d(Hiner plus de force à cet examen qui a une si grande importance dans notre système d'éludés , et qui en acquerra davantage encore lorsque la liberté de l'enseignement sera
établie dans Finstruction secondaire, comme elle Test déjà dans l'instruction primaire.
Vous m'adresserez en même temps vos vues sur les formes extérieures de l'examen.
Le tirage au sort des questions et des textes doit-il être maintenu ?
Combien de sessions ordinaires sont-elles nécessaires? Il importe qu'il y en ait très-peu, afin que les examens soient le plus possible comparatifs.
Les examens ne pourraient-ils pas donner lieu à un classement par ordre de mérite? Ne pourrait-il pas être fait aussi mention sur le diplôme du jugement de la faculté, comme cela se pratique pour l'instruction primaire, où les mots très'bim^ bim^ (issei bim, mesurent la capacité du condidat reçu ? La nécessité de caractériser ainsi la capacité des candidats soutient l'attention des juges et excite l'émulation des élèves.
Je désire, monsieur le recteur, que vous examiniez ces questions accessoires, en même temps que vous répondrez à l'objet principal de ma lettre; et je vous prie de vouloir bien vous entourer, à cet égard, de toutes les lumières, de toutes les observations que vous pourrez joindre à celles que vous puiserez dans votre propre expérience.
Recevez, monsieur le recteur, etc.
Circulaire relative au nouveau règlement du baccalauréat
ès-lettres.
Da 17 jtdUet 1840.
Monsieur le recteur, j'ai reçu votre lettre du.... et le mémoire de la faculté [ou commission) des lettres de votre Académie, en réponse à la circulaire que je vous avais adressée le 8 mai dernier, relativement au projet de réforme
du baccalauréat ès-lettres. J'ai lu avec le plus grand soin les mémoires que chacun de MM. les recteurs m'a communiquésw Us témoignent d'une connaissance approfondie de la matière 9 et contiennent des vues pratiques dignes de toute mon attention. Le conseil royal a mûrement examiné cet important et difficile sujet ; et j'ai l'honneur de TOUS adresser le règlement qui est sorti de ses délibé* rations.
Le premier caractère de ce règlement est d'être uniforme et de s'appliquer à toutes les facultés et commissions du royaume. Cette uniformité avait été unanimement récla-^ mée par les facultés et les commissions : elle Tétait aussi par rintérét de l'instruction publique , et même par l'équité. Il répugne que l'examen qui confère des droits sem*blables ne soit pas établi partout sur des bases communes. Dans l'instruction primaire, les programmés des examens de capacité sont partout les mêmes; il n'y a pas de motifs pour qu'il n'en soit pas ainsi dans l'instruction secondaire. L'unité des programmes d'examen maintiendra celle de l'enseignement public et privé, qui, elle-même, concourt à fortifier la grande unité nationale. Vous voudrez doue bien, monsieur le recteur, tenir la main à ce qu'à partir du 1" janvier 1841, le présent règlement, avec les programmes qui J sont annexés, soient fidèlement suivis dans le ressort de votre académie, et, que sous aucun prétexte,^ il n'y soit fait dans la pratique aucune dérogation.
Le second point qui vous frappera dans ce règlement est «l'importance nouvelle que prendra l'épreuve écrite. Toutes les académies ont été unanimes pour demander qu'il y eût des épreuves écrites. Toutes ont pensé que la composition était, au baccalauréat comme au collège, l'indice le plus sûr de la capacité d'un candidat. Trois académies proposaient cinq compositroi» différentes ; six académies, quatre
compositions; treize académies, trois compositions; cinq académies, deux compositions. Tout bien pesé, je me suis décidé à ne demander qu'une seule composition, une version latine, mais à peu prés de la même force et de la même étendue que les versions latines qui se donnent en rhétorique. Il m'a paru que, s'il ne faut pas ouvrir trop aisément l'entrée aux carrières libérales de la société, il n'est pas juste non plus de rendre cette entrée d'un accès trop difficile. Trop de rigueur ou trop d'indulgence serait ici une faute égale, et qui pourrait avoir de graves conséquences. De toutes les épreuves écrites, la version latine est celle qui met le mieux en lumière la capacité réelle des candidats. Une version latine bien faite témoigne suffisamment de cette connaissance solide de la langue latine, sans laquelle il ne peut y avoir de fortes études de médecine et de jurisprudence; c'est aussi une page de français dans laquelle on peut reconnaître si le candidat sait écrire sa langue avec la pureté, la clarté et l'élégance qui répondent d'une bonne culture intellectuelle. Une seule composition, monsieur le recteur, sera donc exigée; mais elle sera la condition indispensable d'admissibilité aux autres épreuves, comme cela se pratique dans le concours d'agrégation de grammaire. En effet, quand on n'a pas pu en deux heures, et avec un dictionnaire, traduire convenablement en français une page de latin, il est superflu d'être interrogé sur des textes de Cicéron et d'Horace, de Virgile et de Tacite. Il n'y aura donc qu'une seule épreuve écrite; mais cette épreuve sera décisive.
Pour la seconde épreuve, celle de l'explication des auteurs, vous trouverez, monsieur le recteur, les classiques français à côté des classiques de l'antiquité. Dans ma circulaire du 8 mai, j'avais proposé cette innovation ; et presque toutes les académies l'ont acceptée avec empresse-
ment. Elle est consacrée par le règlement nouveau. Puisqu'au collège on étudie les grands maîtres de la littérature française y il convient que cette étude sœt représentée au baccalauréat. On y considérera les chefs-d'œuvre de notre langue sous un point de vue littéraire et môme philologique, comme on le fait pour les chefs-d'œuvre de l'antiquité. Je compte sur cette mesure pour affermir et aceroitre dans nos écoles la connaissance et le respect de la langue nationale, de cette langue qui se prête à l'expression de toutes les pensées, quand elles sont justes et vraies, et qui ne repousse que l'exagération et le faux dans les sentiments et dans les idées ^
J'appelle aussi d'une- manière spéciale votre attention sur les nouveaux programmes qui doivent servir de fondement aux questions orales.
Le programme de philosophie reste tel qu'il a été arrêté il y a dix ans. Vous n'y trouverez d'autre changement que l'introduction de quelques questions nouvelles de lo* gique, relatives à cette forme de raisonnement dont on a tant abusé au moyen âge, et que, depuis, par une réaction extrême, on a trop négligée, à savoir, la forme syllogistique. L'art syllogistique est tout au moins une escrime puissante, qui donne à l'esprit l'habitude de la précision et de la rigueur. C'est à cette mâle école que se sont formés nos pères : il n'y a que de l'avantage à y retenir quelque temps k jeunesse actuelle.
Le programme des questions littéraires garde une juste mesure entre les questions de la rhétorique ancienne, dans lesquelles se renferment exclusivement les programmes de plusieurs académies, et les questions générales, mais trop
' Voyez sur cet important sujet VAvant-fyropos du !«' volume de la iv« série, LittêrcUure, p^v.
vagues, où s'égarent quelques programmes qui ont passé sous mes yeux. Les cours de rhétorique du XIX® siècle doivent être de véritables cours de littérature ; ils ne peuvent avoir pour unique objet de former la jeunesse à l'éloquence antique, par la rhétorique telle qu'elle se trouve dans Aristote, Gicéron, Quintilien. D'autres temps, d'autres besoins. Nos cours d'humanités, pour être dignes de ce nom, doi*vent initier nos jeunes gens aux préceptes du goût, à l'art d'écrire en général, aux règles, et, jusqu'à un certain point, à l'histoire de la littérature. D'un autre côté, dans notre forme de gouvernement et dans le développement de notre barreau, des études oratoires conviennent à une classe assez nombreuse de citoyens; et il y a dans la rhétorique ancienne une foule de préceptes qui n'ont pas vieilli. Vous trouverez donc aussi, dans le programme que je vous adresse, des questions tirées des grands maîtres de l'art oratoire dans l'antiquité. Ces considérations vous expliquent suffisamment la pensée de ce programme» qui pourra un jour être encore perfectionné.
Mais il y a ici un écueil que je dois vous signaler, monsieur le recteur. Les questions littéraires du nouveau programme forment un ensemble de connaissances diverses que doit posséder tout élève de rhétorique qui a profité des leçons qu'il a reçues ; mais ces connaissances, il doit les avoir recueillies successivement dans les deux grands exercices dont se compose une classe de rhétorique : la lecture et l'explication des grands maîtres de l'art d'écrire, et leur imitation par la composition quotidienne. Les préceptes du goût et du style doivent être donnés chaque jour par le professeur dans la correction des compositions et l'explication des auteurs : je n'entends pas qu'ils deviennent, sous aucun prétexte, la matière d'un enseignement spécial, qui convertirait les cours pratiques des collèges en des
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cours théoriques de facultés. Je vous prie, monsieur le recteur, de vouloir bien prendre cet avis en sérieuse considération, de le porter à la connaissance de messieurs les professeurs d'humanités, et de veiller à ce que cette prescription soit partout strictement exécutée.
Pour le programme d'histoire, il contient un cadre d'histoire universelle dans lequel on s'attache aux grandes divisions, aux grands résultats, beaucoup plus qu'à des détails. Il ne faut pas qu'un homme digne de ce nom ignore le genre humain^ comme dit Bossuet. En géographie, comme en histoire, c'est l'ensemble qui importe; et il convient de se tenir à une égale distance d'une philosophie de l'histoire qui dégénérerait en notions systématiques, où les faits réels ne seraient plus reconnaissables, et d'un enseignement détaillé et minutieux qui» accumulerait les faits sans ordre et sans lumière, et s'adresserait à la mémoire bien plus qu'à l'intelligence.
Vous remarquerez que les programmes de mathématiques, de physique et de chimie ont été revus et améliorés. J'aurais désiré y joindre des questions d'histoire naturelle; car il est peu d'étude qui soit à la fois plus instructive et plus attrayante, plus à la portée de la jeunesse, et plus capable de lui faire comprendre et sentir la divine Providence. Mais vous savez que cet enseignement est transporté, et avec grande raison, pour l'année prochaine, de la sixième à la philosophie. Quand il sera parfaitement constitué, il sera convenable de lui faire une place dans l'examen du baccalauréat ès-lettres.
11 me reste à vous parler d'un changement qui n'est pas sans gravité. Jusqu'ici les commissions d'examen étaient composées, dans les académies où il n'y a pas de faculté, du proviseur du collège royal, qui avait la présidence, du censeur des études, du professeur de philosophie, du pro-
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Ibsseur de rhétorique, et des professeurs de mathématiques et de physique, qui alternativement se chargeaient de la partie scientifique de Texamen. On réclamait depuis longtemps Tintroduction. du professeur d'histoire dans celte commission. En effet, quand l'étude de l'histoire et de la géographie fait, i bon droit, une partie aussi considérable de l'instruction secondaire, il est juste à tous égards de la représenter dans la commission d'examen, et le professeur d'histoire ne peut y être suppléé sans inconvénient par un autre professeur. D'autre part, le proviseur et le censeur d'un collège, quelque honorable que soit leur caractère, peuvent, par leur zèle même pour l'administration qui leur est confiée, encourir, dans ces temps de défiance, le soupçon d'une partialité involontaire. Le conseil royal a pensé, après un mûr examen, que ces deux fonctionnaires pouvaient cesser de faire partie d'une commission qui n'a rien d'administratif, que la présidence devait en être conférée à un des inspecteurs de l'Aoadémie, et que l'examen devait avoir lieu, non dans l'enceinte du collège, mais en public, dans la salle même du conseil académique. Sans doute, par ce changement, un sacrifice pénible est imposé à MM. les proviseurs et censeurs ; mais j'ai compté sur leur dévouement éprouvé pour le corps auquel ils appartiennent, et dont l'intérôt doit prévaloir sur tous les intérêts particuliers.
A partir du V^ janvier 1841, le présent règlement sera partout obligatoire; et vous voudrez bien me rendre compte, monsieur le recteur, de son exécution.
Recevez, monsieur le recteur, etc.
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raSTRPGTIOM SKOOmAIRE. 247
CHAMBRE DES PAIRS, aéance du 34 mai,