M. DE CESSAC
grande cérémonie; il imposa silence à sa famille : « Je le dois, je le veux; j'irai, dussé-je y rester d ; et, malgré le froid le plus rigoureux , on le vit, à quatre-vingt-neuf ans, prosterné sur le pavé des Invalides , verser des larmes et pjier Dieu sur la bière de celui qu'il avait servi et aimé presque à Tégal de la patrie !
Oui, Messieurs, il pria Dieu; il y avait déjà bien des années que l'âme de M. de Cessac se reposait dans les pensées qui conviennent à une vieillesse vertueuse. Sans éclat, sans faiblesse, une conviction sincère l'avait ramené à toutes les pratiques d'une piété éclairée, et le dernier des encyclopédistes est mort en chrétien. Jusqu'au dernier moment, il remplit toutes les obligations que sa foi lui imposait avec la même régularité, avec le même scrupule qu'il avait apporté jadis à l'accomplissement de tous ses devoirs.
Le devoir, dans toute son étendue et dans toute sa rigidité, était la règle inflexible de M. de Cessac, dans la vie et dans la mort, au ministère, à la chambre, à l'Académie. Jamais, Messieurs, vous ne retrouverez un confrère plus assidu, plus heureux de vous appartenir, plus dévoué à l'honneur de notre compagnie. Il était parmi nous, comme partout, simple et digne, grave et affable, vénéré et aimé. Il s'est éteint doucement, emportant avec lui de saintes espérances, et laissant une renommée sans tache. Honorons-le ; efforçons-nous de l'imiter : ne le pleurons pas.
DISCOURS
PRONONCÉ