‹ Œuvres de M. Villemain (volume 3)Chapitre 3 sur 19 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

d'une méthode divergente et confuse, qui étourdit l'esprit, au lieu de le former, et le rend inappliqué sur plusieurs points à la fois, au lieu de le fixer utilement sur un seul, nous est un garant d'un retour prochain à la vérité, dans une question, où le hon sens puhlic a droit de suffrage et ne saurait être trompé longtemps. Rien de mieux que de multiplier les applications diverses de l'intelligence, et que d'offrir à tous, au moins, un premier degré de culture -, rien de plus opportun que d'approprier ce degré de culture à certaines professions techniques \ mais, cette précaution d'un bon système d'enseignement puhlic n'en saurait devenir l'objet exclusif, sans décapiter l'esprit d'une nation. A part toute étude professionnelle, il y a ce qu'on appelle avec raison l'éducation générale et aussi ce qu'il faut appeler l'éducation supérieure, l'une donnant ce fonds de principes et de notions essentiel à l'homme, l'autre développant l'intelligence et le goût de ces sciences morales qui servent à la splendeur, comme au gouvernement des sociétés.

Nul doute, dès lors, qu'en laissant à nos écoles publiques le soin accessoire de préparer directement à quelques écoles spéciales de l'État, il n'importe surtout de leur maintenir, ou de leur rendre la grande condition des anciens collèges et des premiers lycées, c'est-à-dire, le caractère d'écoles préparatoires aux professions libérales, à la vie publique, aux nombreux services d'une grande société, qui a toujours occupé par l'intelligence, non moins que par la force, une place éminente en Europe et n'en veut pas déchoir.

On ne peut contester, en effet, qu'aux époques les

Page 1