‹ Œuvres de M. Villemain (volume 3)Chapitre 4 sur 19 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

plus diverses, et à part la forme plus ou moins favorable des Institutions, cet ordre de supériorité se retrouvait comme l'attribut particulier de l'esprit français, son orgueil, ou son dédommagement.

Sous Louis XIV, il se confondit avec la grandeur même du règne -, il en accrut la puissance politique ; il en doubla et en réfléchit la gloire. Sous le règne suivant, il tint presque lieu de cette grandeur qui manquait trop aux actes du gouvernement de la France $ il prolongea, il soutint, dans l'Europe, l'ascendant glorieux du nom français, et ne le compromit quelquefois que par les erreurs, où l'abaissement général des Institutions entraînait aussi les lettres.

On pouvait cependant remarquer encore , vers 1789, quelle réunion de connaissances diverses, quelle brillante levée d'intelligences se trouvait prête, par l'éducation publique d'alors , toute insuffisante qu'on la jugeait. Distribuée plus libéralement qu'elle ne l'a été depuis, cette éducation était destinée à entretenir , à renouveler l'élite intellectuelle d'une grande nation. Elle ne se proposait pas pour but principal de préparer, dès l'enfance, à certaines notions de pratique et d'industrie, mais de former des esprits capables de se présenter plus tard aux études difficiles des professions savantes, et ayant d'abord cette culture choisie, ce discernement des lettres et de l'histoire qui fait les hommes éclairés, dans uo pays civilisé.

Aussi, même après la ruine de l'ancienne société, malgré tant de vies moissonnées, tant de talents éteints ou dispersés, le Pouvoir nouveau qui entre-

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