VI PRÉFACE
prenait de refaire un État florissant et une société polie, retrouva, sous les débris, dont il était entouré, bien des restes précieux de tradition et de lumières. On sait quelle place la génération élevée, avant 1789, occupa dans les Conseils, la Magistrature, l'Administration, les Compagnies savantes, de 4802 à 1812-, et on sait aussi quel effort était fait, à la même époque, pour préparer à ces demeurants du passé de dignes successeurs, par un vigoureux système d'études.
L'instruction ne peut, en effet, souffrir de lacunes, sans dommage pour un peuple. Durant quelques années, après 1789, la violence des événements publics avait suspendu tout travail paisible. Il n'y avait pas eu d'études régulières en France ^ mais le trouble même, qui agitait toutes choses, avait développé, pour la guerre du moins, quelques fortes natures, et découvert çà et là des talents cachés. Une fois l'ordre rétabli, ces saillies hors rang , ces promotions du génie sans culture n'auraient plus été si fréquentes-, et la Société avait besoin de veiller, sans interruption, sur toutes les époques de la vie, si elle voulait s'assurer à elle-même un facile et glorieux recrutement.
Ce fut le motif qui créa ces Lycées, ces Facultés des lettres et des sciences, si rapidement établis sur tous les points considérables de la France. Ce fut l'œuvre de cette Université classique, fondée par un instinct supérieur, pour être l'assidu foyer des arts de la paix, sous la plus guerrière des dictatures. Et, à cet égard, l'effort était si bien calculé, si noble en soi, et si analogue à l'esprit français, qu'il atteignit le but, en quelques années, et qu'un gouvernement libre et modéré