‹ Œuvres de M. Villemain (volume 3)Chapitre 6 sur 19 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

n'eut qu'à maintenir cette création d'une époque si différente.

Seulement, de cette liberté nouvelle pouvait sortir, avec l'accroissement de l'industrie, une disposition à chercher beaucoup l'utilité pratique, à demander aux études mêmes le profit, plutôt que la grandeur. Mais la partie généreuse des Institutions luttait, sur ce point, contre un des résultats du bien-être matériel, qu'elles avaient produit.

Le goût des hautes connaissances, la bonne et forte méthode d'enseignement se conservait donc, de plein droit, sans altération. La vie même du temps, la Tribune parlementaire, la controverse civile et religieuse , tout ce qui avait alors crédit et faveur entretenait l'émulation des esprits. L'ordre politique existant, précisément parce qu'il s'appuyait sur la liberté légale, avait besoin de l'intelligence et lui donnait une grande place. Il tendait presque à la considérer comme la première des garanties, ou du moins à la placer sur le même rang que la propriété.

Si tout cela est bien loin de nous aujourd'hui, si de l'adjonction systématiquement proposée des Capacités sur la liste électorale, on en est venu à ce qui leur ressemble le moins dans le monde, au suffrage uni versel, f serait-ce une raison pour ne plus souffrir, dans le pays, un degré supérieur, une aristocratie d'études destinée surtout à la classe aisée, mais ouverte à tous et promettant, par l'habile emploi des premières années de la jeunesse, une recrue certaine d'esprits cultivés? Nous ne pouvons admettre cette conséquence. Elle n'est utile à rien de bon-, elle ré-

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