‹ Œuvres de M. Villemain (volume 3)Chapitre 7 sur 19 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

pugne à l'esprit français-, elle démentirait l'idée que la France a donnée d'elle-même, dans toute l'Europe.

Sans remonter au moyen âge, on le sait, la France, depuis le seizième siècle, n'a cessé d'occuper un premier rang sur la carte intellectuelle du monde, entre ces nations ingénieuses du Midi, l'Italie, l'Espagne, trop vite éclipsées par les misères de leur état politique, et ces peuples germaniques, dont l'avènement plus tardif a jeté tant de lumière. Dans les principaux Etats d'Allemagne, dans la libre Angleterre, les études sont aujourd'hui ce qu'elles étaient, il y a cinquante ans et plus-, c'est-à-dire, elles continuent- elles se renouvellent -, elles se fortifient dans la même voie, par la même application aux langues savantes, à la philosophie, à l'histoire, par la même préoccupation d'un petit nombre de grands modèles anciens. Il n'y a pas là-dessus deux méthodes, deux manières de développer le jugement et l'esprit de la jeunesse. Les hommes qui sont aujourd'hui l'espérance de l'Angleterre, ont été élevés comme ceux qui furent sa force et sa gloire, dans l'époque précédente. M. Gladstone ou M. Bright se sont formés à même école que Robert Peel ou lord John Russell, et ceux-ci avaient fait mêmes études que Canning, Burke ou Pitt.

En sera-t-il autrement chez nous, à l'avenir, sous le prétexte d'allier désormais les lettres et les sciences ? Cette alliance est-elle une découverte de notre temps? N'a-t-elle pas été toujours l'attribut de quelques hommes ? N'est-elle pas entrée dans tous les grands systèmes d'enseignement, mais sous la condition que répreuve soit successive et non simultanée ?

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