PRÉFACE. IX
On enseigne mal, à la fois, des choses disparates } on intervertit l'ordre naturel des esprits et la vocation des âges, en chargeant de mathématiques les années de l'enfance propres à l'étude des langues, et en exerçant l'attention technique, avant l'intelligence morale. C'est là une contradiction, que le choix arbitraire déféré à l'enfant ne saurait corriger, et qui suffit à fausser tout un plan d'études.
Souhaitons qu'à cet égard la contre-réforme ne soit pas trop tardive 5 car, toute année perdue dans le présent est un vide pour l'avenir. Quelle que soit l'ardeur de notre époque pour le progrès matériel de la richesse, et quel que soit même le degré d'imagination qui se mêle, de nos jours, à cet intérêt positif, tout le inonde convient que l'existence d'un peuple se compose encore d'autre chose : on y comprend aussi les hautes vérités sociales, le perfectionnement des lois, la tendance élevée des lettres, l'admiration du beau dans les arts, la science enfin, et toutes les sciences, non pas dans quelques applications vulgairement pratiques, mais dans la grandeur des méthodes et des résultats.
La moindre partie de cette carrière si vaste impose de bien longues études. Je reproduis ici quelques fragments de celles que j'ai faites sur la littérature de notre temps, en France et au dehors. La première moitié du dix-neuvième siècle, et sans doute la plus féconde en événements mémorables, est achevée-, et, à mesure qu'elle se déployait à nos yeux, l'histoire politique en a été retracée sur place, par un procédé presque analogue à celui de la lumière dessinant ce