‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 115 sur 177 · EN SANTE, L'AUTRE MALADE · texte numérisé non relu

EN SANTE, L'AUTRE MALADE

ON jour , mon claer Damon , éoininent v^ ta santé?

J'en suis d'honneur inquiet, tourmenté.

T'embrasser eût été ma principale affaire , Sans des engagemens de fêtes , de repas , Qu'on n'ose refuser; on a peur de déplaire A ceux dont la maison nous oifre mille appas.

Et qui de nous paroissent faire cas.

Que n'es'tu comme jnoil c'est ton esprit sauvage Qui cause tous tes maux; tu fus toujours trop sage) Si tu m'en avois cru fu te porteroisbiieux* • Je te l'ai dit cent fois , hon vin et bonne chère

Chassent l'humeur atrabilaire»

Kegarde-moi , je suis toujours frais et joyeux. Que dit ton médecin? — de mon état fâcheux Je crois souvent qu'il désespère.

— Je n'y vois rien , mon cher , de dangereux. Tout médecin adroit sur nos n\aux exagère.

Si le malade entre aes mains périt , Sa mprt h sonavis étgitinévitiible :

Et 6Î par haaspd il guérit ,

Voilà , dit-on , ttnç curé atlmirâblé f Avec toi plus long-teiïips'ie ne »aurois rester, On m'attend , on murmure , il faut -bien te quitter» En te laissant j'éprouve une tfoulenr cruelle:

Mais on m'entraîne àila pièce nôuTélle , Et puis chez Gidalise et souper et danser.

Dans quelques jouFS tl'îct je ykmdpait'amuser , Te conter mes plaisirs , adieu, prends patience. — De visites , de soins , Clairval, je vous dispense.,* A vous tous élégans, je ne suis bon à rien Il vous faut pour amis gens qui se portent bien,

FABLE ex LUI.

LE VAUTOUR liX XES PETITS OISEAUX.

Un vautour étoit lariguîssant De plusieurs blessures cruelle».

Son appétit l'àbEinHonaailt , Tout oisillon les soupçonUoit mOi'tellés j Et chacun d'eux venoît souvent Auprès de son rétluit savoir de ses nouvelles , Contrefaisoit sa voix , prenoit le ton dolent , Et les plus gais oiseaUx, tels que pinson, fauvette^ Lui protestoient que sa longue retraite

Inqtnétoit tout Ie«catilton.

Oui , je remercîrois de cette artfentîon Que l'on a -pour msL maladie.

Dit-il, très las de leur hypocrisie.

Si J« n'en saToîs la raison, Ob! ce qui fait rôder autour de ma maîsoit,.

Est Bien moins Yiniérèi que Ton prentf à ma viff

Que la peur de ma guérison.

FABLE ex LIV.

L'AVAKE ET t'USTRIEE.

N harpagon marchancfoît une terre } Il lui manquoit deux mille francs Pour compléter ^a somme et terminer TaflàireiliC compère Trigaud son voisin , son confrère t ' Lui dit : je puis les prêter pour trois ans- A vingt pour cent , veux, tu la préférence?

Moi ! lui répond l'avare , en bonne conscience Je ne te peux donner un si fort intérêt.

A l'honaête homsofi y au ciel, cette aumu^o 4éplait : En acceptant telle offre on partage l'offense Et l'on est méprisé, tout .le monde vous hait. Je l'avoûrai pourtant , ce domaine, me tente , Mais il faut rembourser , toujours chose affligeante r Champs fertiles , bons prés^ me causent du regret. A dix pour cent la somme , alors je puis la prendre. .> Encore non..>.c'est trop.... je renonce à ce prêt. A cela, dit Trigaud, je devois bien njt'atteadre.

On reeonnoît un avare à ce trait; Il prendroit bien l'argent, s'il joefalloit le rendre.

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