A MA PARESSE
Jz me livre à toi pour toujouïi ,
Aimais et <touce enchanteresse:
Tu fais le charme dç mes jours 5 Ne me quitte jamais , 6 ma chère paresse 1
Si tu raleatis mes désirs , Tu modères aussi mes craintes , mes «larmes 9 £t si tu me privas quelquefois de plaisirs , Tu m'épargnas souvent des regrets et des larmes.
Sur l'océan des passions ,
Sans toi , j'exposois mon jeune âge :
Tu peignis à mes yeux des combats , un naufragft ,
Et, grâce à tes réflexions.
Je demeurai sur le rivage.
Tu me prouvas tncor que la tranquillité ,
L'un des fruits de mon ignorance ,
Valoit mieux que la vanité
Et les erreurs delà science.
Si quelquefois de la faveur ,
Des richesses , de ki grandeut.
Je désire la vaine gloire î Si, pour elle, je veux délaiseer nos hameaux ,
Tu retraces à ma mémoire , '
Et les brigues et les complots
Dont il faut toujours se défendre;
Et les noirceurs et tous les maux
Qu'il faut souffrir et qu'il faut rendre ,
Pour mériter un jour de prendre Le nom d'esclave ou de flatteur*
Bientôt des grands et de leur étalage.
Je méprise le faux bonheur , Et, pour en oublier même jusqu'à l'image ,
Je retourne alors dans me» bois Entendre des bergers la musette et la vt>ix ^
Ou des f auyettes le ramage.
Grâces à toi , dans ce séjour charmant,
Tout me plaîtet tout m'intéresse :
Il n'a que le défaut d'être trop séduisant ,,
Et d'inviter 'à la tendresse.
Si mon sensible cœiir alloit se renflammerf Si des feux de l'amour il garde une étincelle j
Et qu'il voulût encore aimer , Ah ! pour ton intérêt , redouble alors de zèle ;
Douce paresse , à mon secours I Bia-moi qu'on ne voit plus dff^cœur tendre et fid^lë^ j
Peins-moi le tourment des amours.
Mais si l'amitié simple et pure Demande mes conseils , mes soins et ma pitié ; Si mon ami du sort éprouve quelq^u'injure 9
Et de la peine qu'il endure S'il faut ressentir la moitié ;.
Chejs l'infortuné qui soupice
S'il faut allei^ verser des pleurs , Prévenir ses besoins , partager ses malheurs f-
£t pour le consoler, lui dire :
Vous soulager», du temps est le plus doux emploi t O ma paresse ! en ce moment tais^toi :
C'est là que finit ton empira..