L'AMITIÉ TRAHIE
'uE je trouvols Thémîre aimable!' Son air est séduisant , son esprit enchanteur 5 Pour elle je sentois cette douce chaleur De Tamitié tendre et durable ;
Ses peines , ses plaisirs paâsoient jusqu'à mon cœur^
Et de légèreté la croyant incapable.
Je répétois souvent : Je connoîs le bonheur.
Combien de fois aa yoix déKciéuse'
M'assura d'un constant retour !
Combien de fois son amitié trompeuse
Me fit médire de l'amour î
De Thémire à présent j*éprouve l'incons tance... ••
Pour me venger de sa rigueur.
J'appelle en vain l'indifiérence ; Elle ne peut^ hélas ! trouver place en mon cœun
Pour chanter l'infidèle , au déclin de mon âge , Des doux sons de mon luth je soutenois ma VOix ».. £t je comptbis semer des roses quelquefois- Sur le chemin qui mène au funeste rivage.
Plus de plaisirs, plus de douceurs !
En me privant de sa tenckesse ,
Elle a flétri le peu de fleurs
Que je gardois pour ma yielUedae».
ÉPiGRÀMME.
jLiE beâU'GLéonnous diâoîtaujourd'littl; Matin et soir je fais, la mèmeclio&e
Et n'ai jamais connu l'ennui.
De ce bonheur nous savons bien la cause »
Cest qu'il parle toujours de lui.
STANCES lR.RÉGUliIÈRES.
J E ne vois plus de fleurs, je n'entends plus d'oiseaux ^ Je n'ai plus sous les yeux qu'une sombre masure i
I^on loin de moi croît la verdure
Qui couvre d'antiques tombeausu
De la naiive pastourelle I7e reverrai-^e plus les innocens plaisirs f !N'entendrai-je plus les soupirs De la touchante tourterelle?
Au pied d'un chêne ou d'un ormeau.
Ombrage offert par la nature , K'iral-je plus rêver près de ce clair ruisseau , Qui berçoit mes ennuis par son charmant murmure t
Quoi ! je ne pourrois plus jouir chaque matin De la fraîcheur et des parfums de Flore, Ni rendre hommage à la brillante aurore , Qui si long-temps féconda mon jardin ?
Ah ! que né puis-je encor chez ces pauvres pasteur» Répandre les bienfaits de Gérés , de Pomone ,
Et par ce jus divin pétillant dan» la tonne.
Leur faire quelquefois oublier leurs malheurs^ T
Noxi^, il nVfit {du3 àans la nature De plaisirs pour mes derniers jonrs , Et je vois ce vieillard qtii chemine toujours De sa faulz, en passant, marquer ma sépulture.
Saule pleureur que j'aimai constamment , De mes cendres, un jour, deviens le monuments
Prptège-les par ton ombrage ; Dans ce monde pervers je n'ai d'ami que toi : Sur ma tombe isoUe exilace ton feuillage.
Ah ! tes pleurs sont hs seuls qui couleront sur moi !