‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 154 sur 177 · L'AMITIÉ TRAHIE · texte numérisé non relu

L'AMITIÉ TRAHIE

'uE je trouvols Thémîre aimable!' Son air est séduisant , son esprit enchanteur 5 Pour elle je sentois cette douce chaleur De Tamitié tendre et durable ;

Ses peines , ses plaisirs paâsoient jusqu'à mon cœur^

Et de légèreté la croyant incapable.

Je répétois souvent : Je connoîs le bonheur.

Combien de fois aa yoix déKciéuse'

M'assura d'un constant retour !

Combien de fois son amitié trompeuse

Me fit médire de l'amour î

De Thémire à présent j*éprouve l'incons tance... ••

Pour me venger de sa rigueur.

J'appelle en vain l'indifiérence ; Elle ne peut^ hélas ! trouver place en mon cœun

Pour chanter l'infidèle , au déclin de mon âge , Des doux sons de mon luth je soutenois ma VOix ».. £t je comptbis semer des roses quelquefois- Sur le chemin qui mène au funeste rivage.

Plus de plaisirs, plus de douceurs !

En me privant de sa tenckesse ,

Elle a flétri le peu de fleurs

Que je gardois pour ma yielUedae».

ÉPiGRÀMME.

jLiE beâU'GLéonnous diâoîtaujourd'littl; Matin et soir je fais, la mèmeclio&e

Et n'ai jamais connu l'ennui.

De ce bonheur nous savons bien la cause »

Cest qu'il parle toujours de lui.

STANCES lR.RÉGUliIÈRES.

J E ne vois plus de fleurs, je n'entends plus d'oiseaux ^ Je n'ai plus sous les yeux qu'une sombre masure i

I^on loin de moi croît la verdure

Qui couvre d'antiques tombeausu

De la naiive pastourelle I7e reverrai-^e plus les innocens plaisirs f !N'entendrai-je plus les soupirs De la touchante tourterelle?

Au pied d'un chêne ou d'un ormeau.

Ombrage offert par la nature , K'iral-je plus rêver près de ce clair ruisseau , Qui berçoit mes ennuis par son charmant murmure t

Quoi ! je ne pourrois plus jouir chaque matin De la fraîcheur et des parfums de Flore, Ni rendre hommage à la brillante aurore , Qui si long-temps féconda mon jardin ?

Ah ! que né puis-je encor chez ces pauvres pasteur» Répandre les bienfaits de Gérés , de Pomone ,

Et par ce jus divin pétillant dan» la tonne.

Leur faire quelquefois oublier leurs malheurs^ T

Noxi^, il nVfit {du3 àans la nature De plaisirs pour mes derniers jonrs , Et je vois ce vieillard qtii chemine toujours De sa faulz, en passant, marquer ma sépulture.

Saule pleureur que j'aimai constamment , De mes cendres, un jour, deviens le monuments

Prptège-les par ton ombrage ; Dans ce monde pervers je n'ai d'ami que toi : Sur ma tombe isoUe exilace ton feuillage.

Ah ! tes pleurs sont hs seuls qui couleront sur moi !

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