LE PIGEON ET LA FAUVETTE
J'entends ton ramage enchanteur ,
Dit le pigeon à la fauvette ,
Par quel hasard , par quel bonheur
Reviens-tu voir cette retraite?
•—Dans ces jolis bosquets je viens vivre avec vous , J'amène mes enfans aiiui que mon époux.
—Mais au printemps dernier et volage et coquettt
Tu dédaignois ce lieu charmant»
Kien ici ne pouvoit te plaire , Kien n'attachoit tes yeux ni ton cœur inconstant. Far l'amitié , les soins ^ et ma tendre prière Je ne pus m'opposer à ta course légère.
Eh! vous qui connoissez si bien le sentiment. Vous devez voir , ami , d'où vient mon changement ;
Je n'étois épouse ni mère ,
Je «uis r^e et l'autre à préseat*
(ai ) FABLE iVIII.
LE LION ET L'iTOURDI.
JLjz roi des anîmaux fut mis dans une oage , £t pour ia sûreté desluuKains curieux On l'entonra de fers façonnés en treillage.
Dans une vi^e à son passage.
Accourent pour le voir les jeunes et les vieux. On vante sa beauté , son port majestueux, Et cet œil plein de feu signe de son courage. Voulant passer pour brave , un jeune homme imprudent Se moque du lion , et tout en se jouant Prend sa tête pour but et lui lance une pierre Qui ne fît qu'efOLeurer sa superbe crinière*
Penses^tu na'avoÎT insulté , Dit le lion à Vhomme , et d'un ton de Eeité
Qui £t trembler jusqu'au plus sage t
Qui m'attaque dans l'esclavage
I^e prouve que sa lâcheté.