L'ANON ET LA BREBIS
Trande nouvelle , ami , s'écrioit un ânon Trottant, courant vers le peuple mouton^ joutez , je vous en conjure f Vous saurez que du roi c*est la conversion 3
Oh ! la nouvelle est bonne et sûre , J'ai vu lettre-patente et le sceau du lion :
On l'affiche et publie aux forêts du canton , Et nous pourrons brouter en repos la verdure. Ce généreux monarque attendri sur nos maux.
Défend à loups , renards d'attaquer les troupeaux ^ Chassera , punira l'animal réfractaire.
Mais l'exemple d'un maître étant très-nécessaire
Pour appuyer son ordre ou sa leçon, Gelui«ci désormais sans luxe, sans façon.
De racines , de fruits fera son ordinaire.
La brebis la plus franche , et la plus débonnaire.
"Lui dit , du roi ce cBaiigemezii
Surprenant . ?|j
Prouve conversiQn sincère. : ^
H s'en portera mieux , mais c'est taxst pis pour nous ^ r
Nous serons encor plus les victimes des loups : Vk
Cette défense en&n ne me pladt guère.
Des courtisans gloutons aiguisant l'appétit ,
Nous ne verroDS sur notre terre %
QuTijpocrites; mon cher, c'est l'effet qui s^ensuit! Ils jeûneront le jour , nous mangeront la nmt, Sur ces rusés fripons, il faut encor nous, taire.