I.B VILLAGEOIS Et LA FAUVETTE
JTouK raîeux jouir d'une fauvette
Qui gazouilloit dans un buisson.
Un jeune viUagcois dénicha la pauv^tte. ' Joyeux de la tenir , il gagne sa maison , Et lui fait au plus vite habiter une cage
Que Uf Qit8«aii;^aQiaiDent prison.
Regrettant et famille, et verdure, et bocage, Elle ne chanta plus en quittant le feuillage.
De sa tristesse enfin son maître se plaignit , Vanta ses soins pour elle et son tendre langage ; *
Mais la fauvette répondit :
Quoi! par plaisir ou par caprice ,
Tu me prives de mes enfans , Pe mon époux , de la.lKauté des champs |
Et pour prix de ton injustice
Qui cause mes gémisseinens ,
Tu veux que je te divertisse !
Non, non, j'aimerois mieux la mort. Si tu veux des chansons , il faut changer mon sort : Je ne puis être heureuse et chanter qi^'en ménage ^ B-ends-moi ma liberté , mes petits , mes amours t
9t je reprendrai mon ramage*
Si je chantois dans cette cage , Loin de ceux qui faisoient lé bonheur de mes jours , Oh ! je mériteroi^ un si dur esclavage,
11 faudroit m'y laisser toujours,