LE CHAT ET LA SOURIS
iVi ÈRE souris imprudemment Entra dans une souricière :
Le lard lui sembloit frais et fort appétissant. Un gros matou, la voyant prisonnière , S'en réjouit , s'attend à bien dîner.
Elle étoit rebondie i il radmire i il la flaire f
Jamais aucun parfum n'avpit tant su lui plaire.
£t de sa patte il va donner
Contre la grille trop légère , Qui raccroche, s'entr'ouvre; et sourie de sortir ,
Et de courir, et de courir,
Pour revenir tout au plus vite
A ce %rou qui faisoit son gîte.
Alors de ce réduit qui , pour elle , est un fort. Elle crie au maton t Tu m'évites la. mort; Je reyois mes enfans , juge quelle est ma .joie f De ton impatience il faut te repentir:
Apprends , mon beau minet, qu'on perd souvent sa proie , Si l'on est , comme toi , trop pressé d'en jouir.