‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 51 sur 177 · LE CONSEIL DES RENARDS · texte numérisé non relu

LE CONSEIL DES RENARDS

XJepttis une semaine entière .

tJn roi UoTx realolt au Ut ;

J'entends qu'il gardoit sa tanière.

Docteur à longue oreille ordonnance prescrit Pour son mal, que cf'abord il crut imaginaire;

Puis d'expliquer sa volonté dernière \

Bientôt après H l'arertif.

Sur cet événement courtisans raisonnèrent;

A tout hasard ils intriguèrent. Ce lion jeune encor , pensoient quelques-uns d'eux >

Peut très-bien Se tirer d'alFaire.

D'autres disoient: ses maux trop dangereux Font croire que jamais il ne deviendra vieux ; Ainsi nous pouvons tout, sans craindre sa colère» i

Au fond d'un bois, fin renard assembla ^

Ses confrères et cabala.

lie roi, mes cbers amis , leur dit-il, est malade Je vous conseille donc, en loyal camarade.

D'aller féliciter son digne s^uccesseur.

Décrions du mourant le règne despotique Ses ministres, ses mœurs, sa fausse politique ^ Et de l'autre vantons les tàlens^ et le cœur.. Exaltons avec art son goût patriotique ; Paroissons de lui seul attendre le bonheur.

Les premiers à louer sont les premiers à plaire; C'est le plus sûr moyen cTob tenir du crédit: Au coupable projet chacun d'eux applaudit.

Caché par un biiisson ^ un bœuf les entendit^

JJn hœnfdu bon vieux temps, qui fenoit de son père Grand respect pouf son maître, et cœur droit et sincère. Scélérats, cria-t-il, et si Te roi guérit?

Broutez , broutez l'insipide fougère , Eéplique Forateur et calmez votre esprit :

S il en revient, nous dirons le contraire.

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