LE CONSEIL DES RENARDS
XJepttis une semaine entière .
tJn roi UoTx realolt au Ut ;
J'entends qu'il gardoit sa tanière.
Docteur à longue oreille ordonnance prescrit Pour son mal, que cf'abord il crut imaginaire;
Puis d'expliquer sa volonté dernière \
Bientôt après H l'arertif.
Sur cet événement courtisans raisonnèrent;
A tout hasard ils intriguèrent. Ce lion jeune encor , pensoient quelques-uns d'eux >
Peut très-bien Se tirer d'alFaire.
D'autres disoient: ses maux trop dangereux Font croire que jamais il ne deviendra vieux ; Ainsi nous pouvons tout, sans craindre sa colère» i
Au fond d'un bois, fin renard assembla ^
Ses confrères et cabala.
lie roi, mes cbers amis , leur dit-il, est malade Je vous conseille donc, en loyal camarade.
D'aller féliciter son digne s^uccesseur.
Décrions du mourant le règne despotique Ses ministres, ses mœurs, sa fausse politique ^ Et de l'autre vantons les tàlens^ et le cœur.. Exaltons avec art son goût patriotique ; Paroissons de lui seul attendre le bonheur.
Les premiers à louer sont les premiers à plaire; C'est le plus sûr moyen cTob tenir du crédit: Au coupable projet chacun d'eux applaudit.
Caché par un biiisson ^ un bœuf les entendit^
JJn hœnfdu bon vieux temps, qui fenoit de son père Grand respect pouf son maître, et cœur droit et sincère. Scélérats, cria-t-il, et si Te roi guérit?
Broutez , broutez l'insipide fougère , Eéplique Forateur et calmez votre esprit :
S il en revient, nous dirons le contraire.