FABLE LXX
JUPITER ET LtS ANIMAUX
J upiTEB, îraïprsant les air&^
Aperçut de loin sur la t^re
Quantité a animaux divers ^ Qui se Iwrolent une sanglante guerre»
Tou^lesméchans, dit-il, gardent leur caractère Il abaisse son aîgle, et p(ès (Afux despendant ,«
Leur cria d'un ton m^lpLaçank Cessez votre combat ^ redoutez4a foudr^ Oh ! si vcyis habitez lej^antique^orêts , «
C'esf 1& dernier 'd^ mea bienfaits : •
J'aurois Ju vous -réduire en^poudre,
Poiu" vous pftnir de vas forfai^ Vous étiez nés jadis soSs. une forme humaine,
Et votre forH^maintenant •
Qu'on redouta, qu'on hait, je Is^donne au méchant; Pe vos criubes elle est la longue et juste peine t J'ai^arqué v^tre^vrt aii livre des destins.
Vous, lions, lèqiPards, et tigres et 'J)an ibères. Vous fûtes rois puissans, injustes, sanguinaires, Et iites le malheur des paisibles humains* Qu'étoienl loups ^et renards? courtisans mercenaires,.
Hypocrites et vîls flatteurs ,
Trop souvent d'illustre» voleurs.
Ces ours, ces ti-istes ours, êtres atral)ilaire8. Qu'on nommoit autrefois la sourcç doB lumières, N'élolent que faux savans , bien vains , tien orgueilleux ,
Méprisant tous les hommes et les dieu»; Et ce singe , dont l'art se borne à contrefaire Des gens l'adroite ^ la sotte mSnière , Que vous traifez comme frère aujourd'hui , Étoît un satiriqi^ef, o^ bitn un plagiaire , •
Ne vivan?l^'au|: dépens d'autrui. .
Quant à cette espèce fé^onAe Qui la plume à Ja^ain déva$teroit le m^iide, A la mort je la change en corbeau^ et va^oUrs i
Car je n'en puis fairp. autr% chose.V Malgré Fénormité de la métambçpj^se.
Villages et cités en regorgent toujours :
Des chfcaneuxs ces oiseux sont l'élije,
Et' de cette engeance maii^ite , Qui partout causer^^et le tr%uble et l'effroi »
Platon ne veuPpa^lus que jxxqu
Je prétends (y à votre pensée Biens et plaisirs , i*élieité passée y
Se retrace à tous les instans : ' Kegrets plus ^ue remords tourmikitent les méchans i Loin d'ici l'honnête homme , il est pouj rÉlysée^ Et le maître des dieux le jpjrgtégô en tout tempq.
( 8o ) FABLE LXXL
tA TOURTjïlRJELLjÊ ET LA FAUTETTE.
ITditrqxtoi cette plainte éternelle?
FourquG^ ces dfoidourej^ accens ?
DemandoIt la tourte^Ie
Une fauvette jeune et belle ,
Que auiToient de nonfbreux a^|an9*
Je Sais y ma^hère, disok-ëlll/ Que des vautours* à la serre c];^elle, Ont dév^iSté nos ver^rs et nos chaftips :
£h ! qAi'n'ijtoasperau, dans ces mallieureux temps y
Ou ^s amis Êa des parens ?
Si vous pleures #otre*époux, vosenfans,
Nous regrettons aussi les nôtres.
D'où vient y Qps désoler, e^ier plus cfiie les autres f
Henoncez à vi|i tristes airs ; Venez, venez enten€re nos flvicerts, Vous ouBlîrez bientôt notr#fataie histoire.
De nos cl^agrins passés , non» je diè sauroiJs croire y
Dit la coquette en saCîtilhint ,
Et , qui plus est , se rengorgeant , Que l'onpui^se toujours conserver la mémoire.
^ tendre^îseau lui répond sèchement :
Moi , dans ce* ouvenir , j» m^ts toute ma gloire ^ Laissez-moi me livrer à maji^te dQifJ.^ur; Partager vos plaisirs . . . . ô ciel !.. . . esi-îl possible ! , . .
La gaîté du cœu^ insensible , Fotir les cœurs -affligé^^est un nouveau malheur.
(8i) FABLE LXXII.