‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 88 sur 177 · LE TIGRE ET LE CHAT · texte numérisé non relu

LE TIGRE ET LE CHAT

N tigre à déjeuner mangeoit un mouton gras; Un beau chat le regardoit faire, Il éloît de sa loge éloigné de vingt pas. ' Lorsque le 5ire eut fini son repas ^ Il examine, il considère Et la forme et les traits de ce preneur de rats :

Mais , lui dit-il , à ta mahière , A ton air, à ta barbe, à tes regards perçans,

Je crois , ma foi , que flous sommes parens.

Tu me fai^ souvenir de ma progéniture , Surtout du plus f oli dea princes mes enfans , Dont la perte toujours^ excite mon murmure Con-flhe les dreitx et la nature.

Viens, mon cher, rieitd vlVre avec mot "En favetfr die la resseçrblance; ^Quand non» attron» fait (*oiinoîssaâce, Tu aefT&s pltw heureux qu'un w)î.

Tu vois comme on me sert, 'quelle est mon abondances Avec toi chaque,jo|if je la partagerai , Et. même je t'adopterai * Pour succéder à mon empire Où bientôt je retournerai. Ces't trop d'h«nneu)r, je vopg rends grâce, sire, Répond le chat, je siiis inaighe*de vos soins , De votre parenté^, de votre bqnne phère :

Ifia. vie est simple et j'ai peu de besoins.

D^ailleurs, V9tt9vou9 trompez; j'entends dire à ma mère

Que je descends , de père en fîls , D'honnêtes cbats , grands croqueurs de souris 9. Fort estimés dans leur patrie ,* Mais jamais alliés dans l'Afrique ou l'Asie^ Ce seroit, Je Ta voue /un procédé bien bas D'accepter tdus vos dons, ne les méritant pas. De votre bon dîner f entends sonner la clocbe , Oui , je vois im.agneau que vers vous on approche-» J.e vous quitte , excusez mon importunité , Et recevez mes vœux pour Votre Majealéi L^fîn matois disoit, en rejoignant son maître; Qu'on doit se savoir gré d'aimer la vérité !

Si j'avois eu la sotte vanité. •

D'être parent du tigre, un cbat de q«ali|é*y ' Je ferois à présent le dessert de ce traître. Oh ! ne croyons jamais ce qif un mâchant nous dit ^ Ht fu/ons les seigneur^ de si grand appétit,

TABI^XCIX.

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