‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 90 sur 177 · L'AIGLE, LA MESANGE ET LES PETITS OISEAUX · texte numérisé non relu

L'AIGLE, LA MESANGE ET LES PETITS OISEAUX

ViRAiGNANT l'excès de la f#oidure, ^

Coups de fusil aux bois, appâts dans les silj^ns-. Mésange et sa famille, avec maints oisiflons, Se cacha dans le trou <f une'vieille masure^

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Voisine cT an grenier magasin de pâture.

L'oiseau de Jupiter s'abattit tout auprès

Et du peuple oisillon distingua les caquets.

Toujours les babillards découyi^nt les secret»,

DitTaigle , et je rends grâce aivciel de l'aventure.

Car c'est juste le temps de moji meilleu»rep^^: .

A présent* je n'aurai plus d'autre course à faijpi

Ayant de regagner ma demeure ordinaire.

Cache étix>ite et profonde offre un grand,emba]:ras ; *

En tirer nosi jaseurs^est un point nécessaire l

Et l'ordre d'en sortir annonce le trépas^

L'aigle, comme on le sait, n'est pas rqi débonnîdre r

II appelle , il se, nomiùe , on ne répondit pas ,

La mésange pciw* elle avoit Texpérienco. .

Puis , toujours bonne mèi:;i^ a ruse et prévoyance.

Enfin elle répond: fuyez , fuyez ces lieux.

Tout est malade ici , l'air est contagieux ,

Sans cela vous ^ssiez reçu notre humble hommage»

Ah ! nous mourrons sans voir reverdir le feuillage !

— Quoi ! ne savez-vous pas que j'ai'pour les oiseaux

Le talent de guérir à l'instant tous Jlj^urs maux? r

• — Oui , les faveurs des dieux furent votre partage j

Sur leurs dons Tnégaux s)ige oiseai^ ne dit mo4l

Vous eûtes encor Fayantage B^obtenir un gros bec , forte serre et courage » ,

Et la prudence^est tout mon lot: .

Je n'en murmure point et j'en sais faire usage» Commère , lui dit>il, tu sais bien deviner.

Et pour mon appétit c^est trop bien raisonner. Adieu, jusqu'aux beaux jours. J'irai voir ton bocage. Tu te porteras inieux en vivant sous l'ombrage.

( n4) FABLE CL

LE KHAN DE BÛKARIE ET SQN FII^S.

• t>x n^lts jeûnais qu'avec peine L'éloge âês exploita du fameux Gengiskau, Et desr'tiauts faits de Tamerlan, Assassins de Pespèce humaine.

. Oui , c'est le nom qu'ils méritoient ; ' Leurs crimes de beaucoup ont passé leur» conquête* t. TEh ! qui jlburroit compter Jes têtes

Que ces deux.monstres entassoient î Mais j'aimé^ bien ce khan de Bukarîê ,

Sensible , doux et vertueux, Tr&»>peaconnu sinon dans sapartrie »

Car il mettoit sa. gloire â faire des heureux r Auast fut-il chéri pendant toute sa vie.

Ce souverain qu'on nomme *Akata:fi», .Voyant son successeur dans Tainé de ses fîls ,. Eépffanoit avec soiuses défauts ;'^es caprices r Tout ce qui luifaisoif prévoir ^es injustice». (Mt -enfant /appelé TinMur , Atteignoit sa quinzième année ; ^létoii absolu, vain de sa destiné^.

Kevenant de la chasse un jour , Il aperçoit Une chaumière ; Avec sa èuite il veut s'y rafraîchir, Xes maîtres du logis étoient dans la misère:

On ne voyoit , pour se nourrir, Qu'un hés^ mouton paissant sur la bruyère»

Allons , leur dit ce prince, et d'un ton imposant ^ Prenez cet animal, qu^onle^iie à l'instant^

(ii5)

Appétit de chasseur le doit rendre excellent

On obéit, la bête est égorgée; Ou grillée, ou rôtie, elle est toute mangée.

L'enfant au palais de retour , Raconte au souverain, et comme un plaisant tour y L'ordre qu'il a donné , tout ce qu'il vient de faire.

Mauvaise chasse et pourtant bonne chère.

Quoi 1. dit Akataïs /rougissant de colère , Vous osez xu-donner ie tuer ce mouton Chez les plus pauvres gens qui soient dans ce viflagerf

De votre père, hélas! o^étoit un don Qui devoit quelques jours soutenir leur ménage r Sans pitié commander^tte mort „.,.4 votre âge*!... Alaisplus grand vous prendrea^tla vache elle veai».

Plus grand encor tou* le troupeau j A ceux qui s'en plaindront vous ôterez la vie r ,Hien n'arrî te en son cours l'affreuse tyrannie- Sortez, disparoissez pour uzi an de ma cour;

Qu'il soit^ardé dans la plus forte tour.

Xe Coupable , contrit , honteux de Favonture^

Subit sa peine sans murmi^^.

Pour tirer plus de fruit de la correction >

Mettre à profit sa solitude.

Il consacra son loisir à l'étude.

Son esprit s'éclaira , son cœur devint si bon.

Si juste et de plus si sincère ,

Qu'après cette utile prison Timoiy par ses vertus enorgueillit son père.

Toujours chez l'indigent il répandit ses biens , !Et jamais ne mangea de moutons que les siewf^

( n6) FABLE CIL

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