‹ Œuvres de maistre François VillonChapitre 12 sur 95 · VI<K · texte numérisé non relu

VI<K

PETIT TESTAMENT

HtJIT. I«.

i Mil quatre, cens cinquante-et-six.

Je, François Villon A escolier, Considérant de Sjaqg cassis , Le frain aux deçt& ,. franc au çollieri

5 Qu'on doit ses ouvres conseiller, Comme Vegèce le recompte ;

(i)M. Le Dnchajt reproche à Marot 4e ne pas avoir corrigé ce vers, de la manière suivante :

L'an quatre cens cinquante six.

L'usage a été d'énoncer l'année par la fraction du centième courant, on eu trouve fréquemment des exemples dans les écrivains du moyen-âge ; mais je n'ai rien vu encore qui justifiât la version de M. Le Duc ha t.

Mil quatre cens cinquante, six

n'est point , comme il le. pense , une faute de copiste. Ce vers qu'il n'a pas,conpris , est une oUte, mise en tête du Testament. Il offre à lui seul un sens complet.

Mil quatre cens cinquante neuf. '

En avril , que l'an .voit U\ fleur

Par les bois, plus blanche qu'un osuf t etc.

Ainsi commence un petit poëme intitulé : L'Amant entrant en ta forest de tristesse, lequel fait partie du Jardin de plaisance. fa) EscôlUerMomrne de lettres ; attaché à l'Université.

(4) Le frain. Prêt à travailler, et d 'reposé à le faire de bonne volonté.

(5) Conseiller. Faire avec prudence.

Saige Romain , grand Conseiller, Ou autrement , on se mescompte.

En ce temps que j'ay dit devant , 10 Sur le Noël , morte saison »

Lors que les loups vivent de vent , Et qu'efe se tteaft <éft sa Maison, Pour le fitfttias ,'pcës du tmto > Me vint ung vouloir de briser 1 5 La fctes tfmoulirëuke ptfeon ,

Qui sdttltft Witon eue** d-ésbriser.

WffIT- tïl.

Je le rets en tette façon > Voyant *eUe devant ta©* fedx , Consentant à ma deffaçon, 20 Sans ce que jà luy en fut mieulx,

(j)Grant conseiller. Ikrixsân dont les conseils sont pleins de sagesse. (6) Ou, etc. Ou bien on se trompe dans le jugement qu'on porta

de lui. ,

(10) Sur te Noël. Aux environs de la fete de ftoèï. \i\)'Pïvtnt de tint. fte'ttDuterit pîiïs oV^iroi toratfgtr. (ifyiWfcfWmtt. kwaseMehi ne^;€hilWid^4¥*'^Mpsj.

Près du feu.

(i5) Amoureuse prison. Le% tient iiuiNlUMU (16) Qui souloit, etc. Qui^ttéoft htMueltauentwireaon coeur.— Desbriser. Ton» ber *f» Yfifccft*.

. (i-j)J*le feU, «te. Je brisai mes Jiens de cette manière.

(18) Voyant, ehu-J'awris devant moi celle qui consentait, etc. (i 9 ) Deffaçon. Dépérissement. La note de Mari t porte : Deffaicfe; .mer*. Le premier ne me parolt pas convenable, le second dit trop, (ao) Sans eeque , etc. Sans qu'il 'lui en, revint ancun arantage.

(«7 ) Bwtf j'ay deuil et me plamgs ai En requérant d'elle «réagence A tous le* dieux victorieux , Et du dieu d'amours allègent?.

huit. iv. •

25 Et se je prens à ma faveur,

Ces doulx regrets et beaulx seipblaoB ,

De très decepvante saveur ;

Me tresppreent jusques aux flancs.

w * r i "» f iiimi ' "nri'i ' toin i »

(ai) Dont fay 4mU fait je «mis atfigfc Le «en 4c ce mi se lie

non an précédent , mais au troisième.

(as) Fengence ou vengance. C'est l'orthographe da temps de Villon, et non pas vengeance , comme porte l'édition de Marot.

(a3) Dieux victorieux, Dieux bienheureux, Dieux yè**ti*ux. Ces expressions sont synonymes ; la première signifie les Saints qui ont vaincu sur t» ternie; la seconde, les Saints qai soot henrevx dans le ciel; la troisième, les Saints qui sont honorés ou dignes des respects des mortels. (Y.Gr. Test., huit. 70, et teç.div.)

(a4) Et au Dieu t etc. Et je demande au Dieu d'amours ,1e soulagement de mes maux.

* Ce huitain et les cinq qui suivent sont tirés du Mst, T. Tontes les éditions anciennes , de même que le Mes. C f > font .suivre le troisième huitain de celui ,

Item à celle que j'ay dit» (Huit 10*.)

La lacune est évidente,, fam p annonce an premier legs ; quefay dit , fait assez comprendre que le premier legs,4<u£ être placé entre les hnitains où il parle de samattrosseét .celni^i. (V.déim., 3* part.)

(a5) Et se je , etc. Et si je pense q»e j'eceaiionn*.

(a6) Ces doulx regrets. Les cegret* (kmo^saii.ift.^-^ Am«4» eam* btans. Et ces belles apparences de douleur.

{i 7 )frtT*yttc,J}QQtfowvtwe#ûtMW1im»û*

(a8) Motreepetcent. Alors ils me percent ; j'en suis pénétré.

(68) Bien ilz ont Vers moy les pie* blancs 3o Et me faillent au grant besoing.

Planter rue fault antre comptant ; Et Frapper en un autre coing.

huit. v.

Le regard de celle ma prins ,

Qui m'a esté félonne et dure.

35 Sans cexju'en riens aye mesprins 9

Yeult et ordonne que j'endure

La tnort , et que plus je rie dure.

Si n'y voy secours, que fouir.

Rompre veult la dure souldure, 4o Sans mes piteux regrets ouir.

Pour obvier à ses dangiers , Mon mieul? est, ce croy, de partir;

(39) Bien ils, etc. Ils sont toujours bien reçus chez moi. (3o) Et me , etc. Ce qui n'empêche pas qu'ils ne me manquent lorsqu'ils me seroient le plus nécessaires.

(3*) Planter. Il faut que je plante d'un autre bois. (3a) Et frapper. Et que je frappe monnoie à un autre coin.

(33) Le regard. J'ai été séduit par les yeux d'une femme.

(34) Qui m'a. Qui n'a eu pour moi ni tendresse, ni fidélité.

• (35) Sant. Quoique Je ne me'stois jamais rendu coupable en ver* elle.

(36) Veult. Elle Veut; .

{ZyyEt que. Et que je cesse de Vivre.

(38) Si n'y. À cela je ne Vois d'antre remède que* de fuir.

(o$) Rompre veut*.- Elle' teut' rompre l'union étroite et sincère qui attachoit mon cœur au sien.

(4i) Pour. Pour taie soustraire au pouvoir meurtrier qu'elle a sur moi.

(69) Adieu* Je m'envois h Àngiers.

Puisqu'el' ne me veult impartir 45 Sa grâce , ne me départir.

Par elle meurs , les membres sains ; Au fort , je meurs amant martir, .Du nombre des amoureux sains.

Combien que le départ soit dur, 5o Si fault il que je me esloingne.

Comme mon paouvre sens est dur l Autre que moy est en quéloingne , Dont , onc en foret de Bouloingne, Ne fut plus altéré dumeur.

(44) impartir. Accorder.

(45) Sa grâce. Ses faveurs, ses bonnes grâces. — Ne me départir, Ni se séparer de moi.

(46) Par elle. A cause d'elle Je meurs v quoique en* pleine santé. (4y) Au fort. Apres tout , je meurs martyr de l'amour.

(48) Du nombre. Je serai placé parmi ceux qui se sont sanctifiés aou service de ce dieu.

(49) Combien que. Quoique la séparation me, etc«

(50) Si fouit il. Il faut cependant, etc.

(5t) Comme. Que mon esprit est peu intelligent. Pans le Mss. il y a $ent tant dur. Tant m'a paru une. faute de copiste. Je lui ai substU tué est,

. (5a) Autre. Un antre que moi est en quenouille : les faveurs de ma belle sont à un autre.

(53} Dont, ont. Moi auprès de qui ne fut. jamais déplus altéré chasseur dans la forêt de, etc., c'est-à-dire plus dévoré par l'amour que je lui porte , que ne l'est par la soif, etc. — Dan» le Mss. en manque,, an sorte, que le vers est imparfait et le sens au as i. C'est une faute du copiste.

( '7* ) 55 C'est pourraoy piteuse besoingoet - Dieu en vueille ouir ma clameur.

suit. Vil t.

Et puisque départir me fault , Et du retour ne suis certain Je ne suis homme sans deffaiilt ; 60 Ne qu'autre d assier jne d'estaing :

Vivre aux humains est incertain , Et après mort n'y a reiaiz :

•Je m'envoys en pays loingtaing ; Si establiz ce présent lai*.

HUIT, ix. *

65 Premièrement, fittt flôrti dti Pëffc , Du Fifo €t du Saint-Esperit, Et de la glorieuse Mère Pat qui , grâce , riens ne p^rit ;

(55) CesU €'ekt afdlg«ànt foùt tttol de penser qu'un autre m'est Substitué.

(56) Dk«. Que Dieu reçoive favorablement les frtfcfntei que fe Utf «dresse à ce sujet.

(57) Et puisque. Puisqu'il faut <}«6 |6 Hf* sépare d<ellfe.

(60) Né qu'a*** Ni plusqu'iltt Autre. Il pressentait ce tfuï lui trrrita quelques année* «J»*è». (V. 4r. Tetf.etMèm.)

(62) N'y a retaiz. Il n'y a plus d'espoir : il ne reste plus rien*

{H) Si tttollU* J«lafe le fegtateent qui ttitkCtft» pièce décroît être appelée le laiz maùtre Françoys Villon, Le poêle se- pialilt ftillour^ qftfén l'ait fldfeltiée Testaient. (V. Q*l ftff«» fcuH. 65»)

» Ici cmhhrouce le Petit Tefttfctnent} donteeqfciprtdëde n*tèt tftt* le p*Aki»t«iek (V. huit» 4, «t Affem > {Mift.)

(68) i*»^ ÇtfnQiH ne pftftàet pas* ee défit ftfcéi <tet»M 1» *r*e*ràér, que le pécheur périsse. ( V. Gr. Test., ballade à sa mère.) ,

Je laisse , de par Dieu , mon bruit , 70 4 maittre Guillaume Villon , Qui en l'onucnr de son nom hruk :

Mea tentes et mon patillon.

Item k celle que j'ay dict , Qui si durement m'a chassé ,

7$ Que ) ? en fuys de joye interdiet r Et de tout plaisir déchassé , Je laisse mon cœur enchâssé , Palle , piteux , mort et transy ' Elle m'a ce mal pourchassé ,

80 Mais Dieu luy en face mercy.

(69) Mon bruit. Ma réputation.Sur Guillaume Villon. (Voy. Mèm., i"part., n« 8.)

(71} Qui. Qui honore son nom par l'éclat de ses Œuvres.

(7a) Met. Plu» le* tentes et le pavillon que j 'habite. On «ait qnn le ponte n'avoit d'aotres testes et pavillon que la ciel. Ça fers te lie , par le sens , avec le cinquième,

(73) Item. C'est la version des Mss. et des èdit, «nu., C4. Bo, ot Ver. Marot qui ne soupçonnait pas l'existence des six huit, que noua avons découverts » l'avoi* oqnîga de cette manière. 4 *U* 4omqm$ o«« fay dît.

Il anroit fallu que Je éy.

(j4) Chatte* prononcée Ck**è~ Qoi m'a traité si durement.

( 7 5) Interdit. Priré. — (76) /Jecfas». Eloigné.

(77) ***«**. Sncaisé , brise.

(79) Btto. C'ait elle qni m'a mit an oe triste état. "

(So) ZNmi* Qat Dieu la lui pardonna.

Item , à maistre Ythie* marchant * Auquel :je me sens très-tenu , Laisse mootbranc d'acier tranchant. * Et à maistre Jehan le Cornu , 85 Qui est en gaige détenu ,

Pouf ung escot six solz iftontâni.

Je vueil , selon le contenu , Qu'on lijy livre ;, en le racheptanf.

Item , je laisse à Sain et Amant, 90 Le cheval blanc avec la «nulle ; ç

(81) Item, Je donoe.cn outre, etc, (V.#.! T., h. 84, un nouveau legs et celui-ci mentionné.) • Ythier Marchant licencié , Escumans latin » fi gare ,' dans la chronique scandaleuse sous le mois de septembre i464 y au nombre des députés des seigneurs de la ligue du bien public , à une conférence où l'on de voit traiter de. Upaijt avec le roi. Il fut maître de la chambre aux deniers de Charles de France, dnc de Normandie. ( Jlist, de Bret. par Lobineau, t. 2, p. 1,5.74.) Après la mort de son maître, il se donna au duc de Bourgogne avec un nommé Jean Hardi , son valet , qui fut écart clé le 5o mars i£jù., pour avoir voulu cmpotfeonner le roi. ( Chron. scandaleuse. ) Ythier étoit son nom. Il étoit marchand de profession. (Voy. Hist. de Paris, t. a , p. 867.)

.(Sa) Trestenu. Très redevable.

(83) Branc. Epée ancienne , espèce de bracquetnart.

(84) Et à. Et je laisse à. — En 1^69 nnitommè Jehan- le-Cornu étoit clerc de la prévosté de Paris. (Ghron. scand.)

(85) Qui Ce qui. (86) Selon. Conformément à ce que J'ai réglé.

(88) Qu'on, Qu'on le Ibi délivre quand il l'avn* dégagé ,' affranchi. * Ce huit, dans le Mts. se trouve placé entre le 16 et le 17*. "~

(89) Item. Le legs est mentionné et reforma dans le G. T. , h "87.

(90) Le cheval. Vraisemblablement le cheval blanc avec la mul$'zXoi\ nne enseigne d«s cabaret.

Et à Blaru , mon dyamant* Et l'asne rayé qui reCulle.

Et , le décret qui articulle , i Chnnis utriusqxnxtxus , 95 Contre la Carmeliste Bulle ,

Laisse aux Curez pour mettre sus. ; ,

HUIT. XIIL ♦

Item , à Jehan Tronne houchier f Laisse le monton franc et tendre , Et un g taçbon pour esmoucher 100 Le l>euf coût ônoé qu'il veult^endre,

(91) El à. Quant à Blaru je lui laisse mon dyamànt , etc. Ce legs pourroit annoncer que Blara étoit lia libertin «usé.

(93) Et le. Le décret Omni* utriusque s ex us a été porté par le quatrième Concile de Latran » tenu eu i»i5. Il, ordonne à. tous ies chrétiens de l'un et de l'autre sexe , de confesser leurs péchés* à leur propre pasteur, au moins, uoe fois l'an. En 1409, tes religieux mendians obtinrent de Nicolas Y une bulle datée de Bise, 2 oc t., qui leur donnoit le pouvoir de confesser au préjudice des droits des curés établis par le canon que nous Tenons de citer. L'université» se leva contre , tint plusieurs assemblées dans l'une desquelles le/ mendians furent exclus eje son sein, Les évêques de France se joignirent à elle. Des députés furent envoyés à Borne et en rapportèrent une bulle de Calixte III, qui révoquait celle de Nicolas Y, Cette affaire étoit à .peine terminée, ou même ne le toit pas encore , quand Villon composent son Petit Testament.. Témoin du. zélé chaleureux des curés de Paris, il leur lègue le canon Omnis » etc., pour le remettre en vigueur. C'est une malice de sa part.

4 Ce huitain dans le Mss.T. est placé entre le ai et le 22*.

{^yehan.Ce mot est constamment employé comme monosyllabe.

{$8^ Monton. Mouton sans vice, de bonne qualité, et doqt la chair soit tendre.

(99) Et un g. 3 e pense que tachon, iacôn ou tahon, est le nom d'un instrument propre à chasser les mouches. — Voici la note de M. Forjney; « Tahan^ une grosse mouche, pour chasser les petites. Legs

Ou la vache qu'on ne peglt prendre.

Le vilain qui la trousse au col , * S'il ne la rend , qu'çn le puirt pendre Et estrangler d'un bon licol.

i o5 Et à maistre Robert Vallée , Paouvre Clergeon au Parlement , Qui ne tient ne mont , ne vallée ; J'ordonne principalement , Qu'on luy baille légèrement,

i ïo Blés brayes, estana aux Trumellières^ Pour coeffer plus honestement S'amye, Jehanneton 4* Minières.

» ridicule , ironique ef satirique , comme le sont presque tous ceux • de ces deux prétendus Testamens. > — - Monsieur Fortney a cru que tahon étoit le même mot que taon. Il n'auroit pas commis cette erreur s'H «voit consulté les Mss. et édit. une. Quant au legs, il est en effet satirique , mais voici dans quel sens : Tronne ou Trouve étoit un marchand de mauvaise viande, dont l'étal étoit sale et couvert de mouches. Villon lui lègue un mouton de bonne qualité et c un tachon pour esmoncher » , c'est-à-dire , défendre des manchet le boeuf de mardi-gras , qu'il lui suppose le dessein de vouloir rendre , ainsi que la vache jeune et fringante qu'il promet de tuer.

(ioa) Le vilain. Si celui qui passera la corde au cou de cette vache ne la lui ramène *, qu'il soit pendu et étranglé.

(107) Ne tient. Ne possède. (109) Légèrement* Sans difficulté.

(1 10) Brayee est un monosyllabe.— Estons aux TrumeUUres. Usées de manière à ne pouvoir couvrir que les cuisses.

(1 1 1) Pour. Pour faire sa cour. (Voy. Leç. dit.)

Au sujet de Vallée » dont il est question dans ce huitain et dans les deux suivants , je dirai que je crois avoir vu son nom avec celui de quelques autres des légataires de Villon , dans le Recueil dei lettres de grâce accordées par Louis XI. (Arch. du Roy.)

mvn. xy. <

Pour ce qu'il est de lieu honeste y Fault qu'il soit myeulx recompensé,

1 1 5 Car le Saint Esprit l'admoneste , Obstant que il est insensé , Pour ce je me suis pourpensé , Puys qu'il n'a sens ne qu'une aidmoyre , Qu'on lay baille l'art de mémoire ,

120 A recouvrer sur Mat~pensé.

Item plus, je assigne la vie Du dessus dict maistrc Robert.

Pour Dreu , ny ayez point d'envie , Mes pareils , vendez mon Haubert,

(i i3) Pour. Comme il est de boa ne maison, il- doit être mieux traité que les autres légataires.

(u5)£ar.Le^Saint-Esprit, c'est-à-dire l'Ecriture sainte l'enseigne.

(nd) Olttant. IVautant pins qu'il est insensé. (V, G. T., huit. 6.)

(117) Pouf te. 3 "ai donc , à cause de cela, pensé qu'on lui donne* roit , puisqu'il n'y a pas plus de bon sens dans sa tête que dans ua eoftfé , l'art de mémoire , lequel on iroit prendre , de ma part , sur oncherMdopetisé. — Ce Maùpensé étoit vraisemblablement célébré par son manque dé mémoire* Son nom annonceroit «jû'IT pensoit de travers. (V. Loç, div.)

( iai)7tem. Î5n outre. Je fais une existence au , etc.

[itâjPobrDteu.lLii rtom de Dieu.Mes parens n'en soyez pas jaloux,

(\*i)Le haubert étoit une chemise faite avec des anneaux enfer, que portaient les chevaliers pour leur défense. Le poêle plaisante lorsqu'il ordonne à*e Tendre son haubert. « Haubert rimé contre part » monstre, que Villon estoit de Paris, et qu'il prononçoit naubart et •part.» Cette temar^ue delttarot, Çû*on retrouve en plusieurs éutres endroits, Cftt tel mal placé. Haubert rime avec Robert ; et part «vec pluspart.

( 7« ) is5 Et que l'argent, ou la ptu spart, Soit employé , dedans ces Pasques, Pour achepter à ce poupart , Une fenestre auprès saint Jaques.

Iten* je laisse , ep beau pur don , i3o Mes gand,s et ma hpcque dé soye* .

A mon amy Jacques Gardon :;

Le gland aussi d'une.s^ulsoye ;

Et tous les jours une grosse oye ;

Ou ung chappoa de baulte gresse ; 1 35 Dix muys de vin blanc comme croye ;

Et deux procès , .que trop n'engresse.

(126) Dedaru. Durant les pasques prochaines.

(127) Poupart. Enfant gâté.

(128) Fenestr*. Boutique d'écrivain, près Saint-Jacques de la Boucherie. (Marot, Notes.) — Les boutiques étoient alors, comme il s'en rencontre encore quelques-unes dans les rues de Paris, où les maisons n'ont pas été renouvelées. A côté de la porte d'entrée se troujroit une grande fenêtre qui scrvoit à étaler les marchandises.

(îao) En. En don pur et simple, sans charge aucune.

(i38) Hucque. Habit de luxe ainsi que les gauds.

(i3i) Jacquet. Il est parlé encore de ce Gardon qui «voit l'humeur galante, étoit avare, et vouloit , sans doute , faire l'élégant. ( Gr. Test,, huit. i54.)

(i3a) Le glang. c Raillerie les Saules ne portent point de gland. » (Mss. A.) Je pense que la saulsoye étoit comme la hue que un habit. ou une étoffe de luxe.

(i33) Et tous. Je lui laisse en outre pour chaque jour.

(i35) Comme. Tel qu'il vient de la vigne, non frelaté.

(106) Que trop. Ce qui n'enrichit pas.

•HCJT. XVIII.

Item je laisse à $e noble homme , René de Montigny, troys chiens ; Et à Jehan Raguyer la spmme t4o De cent frans , prins sur tous mes biens. Mais quoy ?, Je n'y camprens en rieinp , Ce que je pourray acquérir ; On ne doit trop prendre des siens , Ne ses amis trop'Surqqérir.

HUIT. fcix.

45 Item au seigneur de Grigny , ' Laisse la garde de Nygoti,

' {\Zj)Ate. J'âl substitué le moi rioble,qa'6n trouve dans le Mss.R., an mot jeune, <}tfi ne dit rien. — Villon plaisante sur la. noblesse de Régnier de Montigny. Il prétend qu'il ne lui manque que d'avoir (les chiens pour être un grand seigneur, ef c'est pour cette raison qu'il lui en donne. II est parlé d'un Montigni dans le jargon ballade a 9 .

(ityJelian Raguyer, Ces deux mots ne formeut que trois syllabes. Dans le tournoi qui fut donné devant l'hôtel des Tour a elles en i468, Jean Raguier , trésorier des guerres à Rouen , rompit cinq lances contre un des gentilliOmmes qui tenoient les lices • ( But,, de Pari$> Lobineau, a* vol'. \ y p. 8S9.) " '

(UoVPrins. levés. ' " ''"''

040 Mais, Expliquons-nous. C'est sur mes biens préséris et non sur ce or que je pourrai acquérir. On sait que Villon ne possédoit rien.

(i45jOn ne. Quand on fait des libéralités il ne faut ni trop grever la succession qu*ou laisse , ni trop enriebir ses amis.

(i44) Surquèrir, de succurrere. M. Formey, qui ne l'a pas compris, l'accompagne de cette note : «Nicod explique ce .mot par inter- • roger ; Borel n'en parle point. »,

(i4^) Nigon. Kigeôn, maison royale que Anne de Bretagne, épouse de Louis XII, donna aux religieux minimes, autrement dits Bons* Hommes. Elle étôit près de la barrière de ce n'omi II est vraisemblable qu'elle étoit abandonnée du temps de Villon, ou bien qu'elle n'étoit gardée qnt par un suis«e.

(7») Et six chiens plus qu'à Montigny ; Yicestre y chastel et dongon.

Et , à ce malostru Changon , 1 5o Moutonnier qui tient en procès y laisse troys coups d'ung escoiirgon; - El coucher, paix et aise , en ceps.

Item , à Ja/tqitas lUgwjrer, Je laisse l'abreuvoyr Popin , i55 Por ses paouvres seurs grafiguior.

Tousjours le choys dung bon lopin ;

(i43) Ficestre. C'est le château de Bic£tre 9 ^iisi/y*p»?lé^rce qu'il aroit appartenu, au commencement du 2 3* siècle 3 A Jeta » éfêqw de Wincester. Démoli par le peuple de Paiâ* dur*Qj les rueipes civîtes , il étoit en mauvais état et abandonné du temps de Villon. Us vagabonds en faisoient leur repaire.

(149) Malotru. Mal appris , mal élevé.

(i5o) Moutonnier. Qui plaide contee Moutonnier.

(i$i) Escourgon. Fouets f Marot. ) r

(\SÏ)lEt coucher. 'Et je lui laisse,. en .putçe ,1a prison panr y don»* tranquille et à son aise. — En ceps. Dan» les fers 4 '

Dans ce huitain j'ai rétabli l'orthographe de Villon» que Marot anroi t dû respecter. Nigon 9 dongon, changon t escourgon.Ç'esl ainsi qu'on ëcrivoit .avant François I er . C'est, au reste, l'orthographe de» M**** 1 des anc. éd. Tfoiis nous ferons un .devoir de la suivre toujours.

(i53) Item , etc. J'ai suivi le JUss. C. Jean H*gu;er a été. nommé huit. i8«.

Ç\ 5 b) L'abreuvoir. L'abreuvoir Popin étoit an Jj.oqt 4 u J^O^'^ e ^ vis-a-vis la rue Thibantaudez.

(i55) Por ses. Afin que, lorsqu'il aura bu, il puisse maltraiter * es pauvres .sœurs. — Grasfiçner* Déchirer avec les ongles. ,-

(l56) Tousjours. Je lui laisse,, en outre, la liberté p>î toujours cJ»oi» f le meilleur morceau*

( 79 ) Le trou de la pomme de pin ; Le doz aux ratas , au feu la plante ; Emmailloté en Jacopiû ; 160 Et qui pourfa pfatotelr, se plaiite.

ixtnt. xti.*

Item à maistre Jehan MauLainct 1 Et à Pierre le basannier, Le gré du seigneur qui aftainct Troubles forfaîctz f sans espargner.

i65 Et à m uu procureur Fournie r,

Bonnelz courtz , chausses semeïlécs , Taillées chés mon cordouennier 1 Pour porter durant tes Reliées.

(157) Le trou. 11 faudrait peut-être au^Â la;pUoe4e4s. Pommée pin, aaeilleur cabaret du teiqps. Il rétoit «Hué *is-à*vis l'église 4e la M adelainc 9 dans la cité.

(158) <Le doz,* Je .lui laisse la liberté 4e se.te4ur.accrauf9.au ooio du feu , les pieds dans le foyer.

(16g) EmmaJUioU «t , «le. Habillé et air « un Jacobin, et ooq pas ■ empesché d'ung flegme », comme dit Jlaret , dcfcuuMift *u «not Jaeopin la sjgûfieation de frotta/,

.(160) Et qui. Et viendra prendre place à «côté de lui, celai qui en trouvera. ( Voyez Leçons diverses,)

••C'est après ce buitaia -qn'est placé, dans le Mu. *% ledegs dit a JeaaXnoaoe 9 iMiit.iJ. *

(i63)£*gr* < « Ijes/aTei^dciîofficier.dn JloJ, qwi punit, avecaétérité, les délits et les crimes.

{16&) Jhmmts* Je kiî4sisM«et4i0lis«ts«^AKiisA9f *tm*Hfcp%*rodequins selon Marot.

5(167) 8W/ÉM. Geupés et ooneÉfcof* frits.K* pr es tâ a n ig e g — natde, qui revient à celle-ci : Je lui laisse les brodequin» qu$ «ht* *m «onddanler. .(t68) £**•/««*. Oet Étirer.

( 8o) HUIT. XXII.',

Item au chevalier du guet, . 170 Le heaulme luy establys»

Et aux piétons , qui sont daguet

Tastounant par cez establis ,

Je leur laisse deux beaulx rubis ;

La lenterne à la pierre au laict.

1^5 Voire mes ! j'auray les troys lict ,

S'ilz me meinënt en chastellet.

Item à Perrenet marchant , Qu'on dit le bas tard de la barre ,

* Ce huit., dans le Mu. T. , Tient immédiatement après le 19*.

(169) Chevalier. Au capitaine du guet. Ou l'appeloit^le Chevalier, parce qu'il étoit , peut-être , resté seul en possession de l'ordre de

I^Etoile, créé par le roi Jean. " . »

' (170) Le heaulme, etc. Le haulme sur l'écusson «étoit une mai'que de noblesse.

(17 1) $tauoo. Et à ses soldats qui cherchent a surprendre les Malfaiteurs.

'(173) Tastonnant. Marchant à raton, les mes n'étoient pas éclairées* *+-Parces establis. Le long des étaux.

(170) Deux. « Rubis de Taverne qu'il avoit au visage , selon mon h jugement. » (Not. de Marot.) Je leur laisse , afin qu'ils puissent y voir clair durant leur ronde, deux rubis.

(i74)£â lanterne. Avec la lanterne de laplàce,ou du carrefour de lt Pierre au Let.c Pierre au Let est, vraisemblablement, le même que «Pierre au Lard , petite pïatié près Saitit-Jacques de la Boucherie. » (Formey.) - ' . ' ' ' r "

• $i 75) Lee troys. Chambre du Cbatellet- titt peu plus commode 1 ' que les autres peut-être.

** Ne se trouve que dans le Mu.C. Il en «st fait mention. Gr. •Hett* 9 boit* 67.

(177) Item à. Le Mis. porte item je tette rf, etc J'ai sapprisaé Uusss? qui étoit de trop. ( V. Gr. Test. t huit. 67 et 98.)

Pour ce qu'il est ung bon marchait ; 180 Luy laisse , trois gluyons de feurré , Pour cstcndre dessus la terre , ' A faire l'amoureux mestier, Où il luy fauldra sa Tie querre ; Car il ne scet autre mestier'.

iS5 Item au Loup et à Chollet, Pour une foys , laisse ung canart ; Prias sous les murs , comme on souldit , Envers les fossez sur le tard ;

(179) Pour es, etc. Par la raison qu'il sait bien tirer parti de sa marchandise.

(180) Troy$. Trois faisseanx de paille, de chaume.

(181) Ce» deux vers font allusion à quelque aventure galante.

(i83) Sa vie. Sa Tie gagner : c'est-à-dire, état dont il sera obligé de vivre ; car il n'en sait pas d'autre.

(i&5)Au. Il est parlé encore de Jehan le Loup, G. T., h. 100 , et de Chollet , h. 99 et ioo.*Le portrait que fait Villon de ce dernier, me porterait à croire que c'est ce Casin Chollet qui fut, selon la chronique scandaleuse, publiquement fustigé le 14 août i465 pour avoir jeté l'épouvante dans Paris; et au sujet duquel, le roi crioit an bourreau : ■ Battes fort , et n'espargnez pas ce paillart ; car il a bien •pis desservi,» c'est-à-dire mérité. (Chr. se.J

(18$) Pour. Je leur laisse un canard, une fois donné , c'est-à-dire • sans plus.

(187) Priiu. Les Mss. et toutes les éd. mettent surJ 'ai cru qu'il falloit: « Sous les murs. » Il donne à ces deux bandits un canard, pris là où ils avoient l'habitude d'en prendre , sous les remparts , auprès des fossés.

Et à chascun ung grand tabart 1 90 De cordclier, j usques aux pieds ; Busche , charbon y et poys au lart, Et mes housaulx sans avantpicdz.

HUIT, xxr.

Item je laisse par pitié ,

A troys petitz enfans tous nudz , 195 Nommez en ce présent traictié ;

Paouvres orphenias impormu ;

Tous deschaussez et dévesluz ;

Et desnuea comme le ver ;

J'ordonne qu'il seront pourreuz , 200 Au moins pour passer cest y ver.

♦ Premièrement Colin Laurens ,

Girard Gossoyn , et Jehan Marceau ,

(189) Et à. Je laisse de plus k chacun d'eux , an manteau long comme, celui des oordelier», pour cacher leur canard*

(19.1) Bosch*. Du feois et du, charbon pour le cuve ; d*# p#M a* lard pQ.nr compléter le repas.

(191) Et. Et eja oufte mes hou seaux (espèce de ekmuwu* semblable k des bottes),, pour aller, le* prendre sans- ae n*wUler~ Ton -oeM ** rapporte à des aventure» qui étoïent connue* % au moins de cesjtandits.

(495) Traictié. Contrat , disposition testamentaire.

.(196) Imporvêuz. Qui n'ont hérité de personne.

(197) Têut , etc. Sans souliers et sans vêtements.

(196) Et dtsnutx. Et nuds comme te ver de terre.

(igy) J'ordonne. J'ordonne qu'on tes babille. (V. Leç, cUv.)

(201) Premièrement. Le premier est , etc.

(aoa) J'ai conservé le vers de Marot a cause de la rime, en y ajoutant le£t qu'on trouve dans celui du Mss., pourcompléter la mesure.*

Desprins de biens et de parens , Qui n'ont vaillant l'anse d'ung ccâu , 2o5 Chascun de rocs biens ung faisseau :

Ou quatre blancs, s'ila l'ayment myéulx»

Hz mangeront maint bon morceau , Les enfans , quand je seray vieulx.

HUIT. UV1L

Item ma Nomination , 210 Que j'ay de l Université;,

Laisse par résignation ,

Pour forclorre d'adversité

Paouvre clercs de teste cité ,

Soubz cçst intendit contenus ; 2i5 Charité m'y a incité ,

Et nature y les voyant nudz.

C'est maistre Guillaume Cotîn, Et maistre Thibault de Vitry,

(ao3) Dê$prins* Desmies de biens et prives , etc.

(soi) Foilkmi . En valeur. — Ceau , pour seato.

(*o5) Chascun, Je donne, à chacun d'eux, une portion de me* biens.

(ao6) Ou quatre On bien an son, si cela leur convient mien*. •

(207) IU. Quand je serai vieux, ils trouveront de l'argent pour faire bonne chère, en engageant là portion d'héritage que je leur laisse.

(209) Voyex » an sujet de ce boita». Mém. , p. 1»*, n* 1 1 . • (ai %\Peur. Pour donner une existence honnête.

(ai4) Soubz* Désignes, nommez dans ce Testament.

Deux paouvres clercs parlans latin, 220 Paisibles enfans , sans estiy,

Humbles , bien chantans au lectry.

Je leur laisse , sans recevoir, Sur la maison Guillot Gneuldry, En attendant de mieulx avoir.

225 Item et j'ordonne la crosse, Celle de la rue Sainct Ànthoine , Et ung billart dequoy on crosse Et tous les jours plain pot de seine , Aux pigons qui sont en Tessoine ,

a3o Enserrez soubz trappe volliere ,

(319) Parlant.* Qui tarent parler latin. (V. Mim. 1" part.n* 11.)

(aau) Paisibles. N'aimant ni le bruit, ni le désordre. Tout ceci eit ironiquement dit.

(331) Humbles. Modestes. — Lectry. Lutrin.

(aaa)/«. Je leur laisse le revécu de mon bénéfice , sans rien exiger d'eux.

(aa3) Sur. En rentes , sur la maison.

(aa4) En* Pour en jouir en attendant mieux.

(aa5) Item et j'ordonne. De plus je donne la crosse.

(i%6) Celle. J'en tends celle de, etc. C'étoit vraisemblablement une potence servant d'enseigne, avec cette inscription i • A la crosse de la rue Saint- Antoine.»

(317) Et. Et un bâton dont on se sert pour croiser f pour corriger. On dit encore parmi le peuple rosser, .

(a 28) Et. Et chaque jour,une cruche pleine d'eau de Seine.

(339) Aux. Aux prisonniers qui sont en l'essoine, en arrêt.

(a3o) Enserrez. Enfermez. — - Soubz trappe volliere. Dans un cachot dont la fenêtre est grillée.

Et mon mirouer bel et ydoyoe > Et la grâce de la Geolliere*

HWIT. XXX.

Item je laisse aux hospitaux ,

Mes châssis tissus d'araignée ; 235 Et aux gisans sur les estaux ,

Chascun sur l'œil une grongnée :

Trembler à chiere renffrongnée ,

Maigres , velluz, et morfond uz ;

Chausses courtes , robbe rongnée :

240 Gelez', meurdriz , et enfonduz. *

Item je laisse à mon barbier, La rongneure de mes cheveulx

■■ ^ ■,! ... i i » ii ! ■ K . . „ . . 1

(a3i)JB/. Plus ma conduite pour modèle.

(a3a) Et. Arec les bonnes grâces de la geôlière. Ironie.

( a35)J!?* aux. M. le Dachat pense qu'il s'agit du guet, « grand •ennemi de Villon, qui , las de roder , se reposait sur les étaux •des boutiques, et de là, venoit fondre inopinément sur les voleurs.» En ce cas, il faudroit adopter la version du Mis. C 9 qui me paroi* troit plus convenable. — - Je ne partage point ce sentiment. Villon veut parler, et le reste du huitain l'annonce asses clairement, de ces vagabonds qui, n'ayant ni feu , ni lieu , passoieot la nuit sous , ou sur les étaux. Il leur donne ce. qu'ils ont droit d'attendre ou ce qu'ils ont déjà.

(*36) Grongnée. Marot s'est servi du mot groignée, sur lequel M. Formey fait cette remarque : « Mot inconnu à tous dos Dictionnaire» • d'anciens termes. » — Une grongnée. Un emplâtre , ou une cicatrice sur l'œil.

(337) Trembler. Grelotter en faisant vilaine grimace.

(2\o)Enfonduz, Creux et descharnei. (Note de Marot. ) — Enfonduz signifie plutôt , no pouvant se soutenir.

(a4a) La. Les cheveux qu'il m'a coupés.

Plaineaient . et sans destowrtner ; Au savetier mes souliers vieulx ; 245 Et au freppier, mes habite tieulz Que quant du tout je les délaisse ♦ Pour moins qu'iU ne coustèreot nefjfe , Charitablement je leur laisse.

huit. xxxu.

Item aux quatre Mendias* , s5o Aux Filles Dieu 9 et aux Begeynes , Savoureul* morceaulx et friaas ; Chappons , pigons , grasses gelines , - Et abalre pain à deux mainj ; Et puis presçher le& quinze signes.

(>43) PlmmmenU Seat rien ea ****** et ftaai qu'on pofsta Ui en

contester la joufesa nçe.

(45) 7Wf. Tel* qu'ils sont.

(«46} <?«*. Qmod je le* abandonne pour tonjovs»

(a49) <*«•• Aux qnalre ordres Mendiants. » Cannes, Jacobins»

Çofdeliejrt «I; Augustin»*

(i3o) jéum filiet. Religieuses fort connues da temps de YiHoo. Leur couvent étoit près la porte Saint-Denis, -r- Begttynes. FHfos vi- Tant en communauté. Cet Ordre aroit pris son origine en Flandres» oh il existe encore beaucoup de Béguinages. (Y. G. T., h. 106.)

(a53)& abatre. Je leur laisse le souci de couper de fortes, tranchas de pain , c'est-à-dire de manger beaucoqp.

(a 54) Et puis. Et d'aller ensuite prêcher les terreurs cju jugement dernier. « Les religieux meqdiajats » dit Af«. he Duchat» Of t intenté » quipie signe?, ou prodiges, qui , selon eui> (fcifent 4«f açner et au* • noncer le jugement dernier, «

( «7 ) 255 Carmes chevaulchcut nos vovsines , Mais cela ne m'est que du mcins.

huit, xxxui.

Item laisse le mortier d'or À Jehan l'Epicier, de la Garde , Et «ne potence sâinct Mor, 260 Pour faire ung broyer à moustarde.

Et cclhiy qui f eit l'avant-garde , Pour faire sur moy griefz exploits , De par moy, sainct Anthoine Tarde :

Je ne luy lairray autre laiz.

(a55) Cheoauichênt.'Ên attendant, les carmes font l'amour avec,ete. (a56) Maii. Mais eela m'inquiète fort peu.

(i$-j}Le. G'étoit probablement une enseigne.

(a58} A Jehan. À Jean , surnommé l'Epicier, natif de la Garde. Villon , dans ce legs, joue sur le mot épicier. Quelqu'un a cru que • de la Garde» stgnifioit qui appartient au guet, à la garde de sûreté.

(«59) Et une potence. Une des potences qui sont à Sain t-Maur. Soit que l'on donne à potence le sens de gibet ; soit qu'on lui donne , celui de béquille. Eu ce dernier cas , le legs consisterait en un de* ex vota laissé par les malades dans l'église de Saint-Maur. — M. le Dochat fait sur ce mot la remarque suivante : « Pot à anse, à sonner •le tocsin, comme avec un mortier. »

(261) Et cet luy. Quant à celui qui, etc.

(a6a) Pour. Pour s'emparer de ma personne.

(26$) De paru Je désire qu'il soit atteint de la maladie nommée : Feu Saint-Antoine. (V . G. T. > b, 5 », notes. )

(»64) Lairray, Laisserai.

HUIT. XXXIT.

265 Item je laisse à Mairebeuf Et à Nicolas de Louvieulx ; A chascun f l'escaille d'un œuf Plaine de frans et (Tescus vieulx.

Quant au concierge de Gouvieulx %

270 Pierre Ronsevillc , je ordonne , Pour leur donner entremy eulx , Escus telz que Prince les donne.

huit. xxxv.

Finalement en cscrivant Ce soir seuilet , estant en bonne , 275; Dictant ces laitz , et descripvant, Je ouyz la cloche de Sorbonne >

(a65) Il est encore parlé de Mairebeuf et de Nicolas de Louviers. ( V. Gr. Test., hait. 9a.)

(266) Nicolas. L'édition de Galiod-du-Pré porte : Nicolas de Louviers. Sous Charles VJI , on trouve parmi les bourgeois de Paris qui travaillèrent , au péril de leur vie, à remettre la ville entre les mains de leur Souverain , un Nicolas de Louviers , qui pourroit fort bien être celui dont Villon veut récompenser le dévouement. —Ce Nicolas de Louviers fut fait conseiller a la Cour des comptes, par Louis XI, lors de son avènement au trône.

(370) Pierre. Je délègue Pierre de Ronge ville.

(271) Pour. Pour leur distribuer.

(273) Les. Les donne aux prisonniers.

[%ji)En bonne. De bonne humeur, gai.

(275) Dictant. Dictant ces legs à mesurç. que je les çomposois,

Qui tousjours à neuf heures sonne , Le salut que l'Ange prédit : ~ Sy suspendy et mis en bonne , a8o Pour pryer que le curé dit

Gela fait je me entre-oublié ; Non pas par force de vin boire , Mon esperit comme lié ; Lors je senty dame Mémoire a85 Rescondre , et mectrc en son aulmoife , Ses espèces collatéralles :

(278) Le salut . La salutation angéiique, composée des paroles que l'Ange dit le premier^ Marie.

(*79) ^y* Alors je suspendis mon travail. ~ Et mis en banne. fit le mis en arrêt. — Bonne. Pour borne.

(380) Pour. Pour prier, comme le curé nons le recommande} nous renseigne»

* Ce huitain , et les trois qui suivent immédiatement , de même que les six qu'on a tus au commencement de cette pièce , paroisseut an jour pour la première fois. Nous les avons tirés du Mes. T.

(aSi) Cela. Cette prière étant faite, je m'oubliai. -

(28a) Non pas. Quoique je ne me lusse pas mis à boire du vin en trop grande quantité.

(a83) Afon es périt. Mon esprit se trouvant comme enchaîné, je m'assoupis. Le Mss, porte : Mon esprit. Le vers n'y étoit pas.

(*85) Rescondre, Renfermer, cacher. *

(286) Ses, Tenues d'école. Les facultés dépendantes d'elle, telles que , etc.

( 9" ) Faulce oppinative, ctboiavie.»

Et autres interlectualles.

Et mcsmement lcxtimative > 290 Par coy prospérité nous vient :

Similative, formative, Desquelz souvent il advient Que par l'art trouvé , hom devient Fol et lunaticque par moys.

.295 Je l'ay veu , et bien m'en souvient , En Aristote aucunesfois.

(287) Mss.Oppinaiive, faute* et en boisvie. J'ai été obligé de refaire ce vem qui étoit évidemment défiguré. — Faute* oppinatwe, La faculté qui produit les opioioot fausse*.— i?t Bottvis. Ce mot n'est pas celui qu'il faucUoit ; on s'en aperçoit à m rime. Du reste , c'est le même que boisdie et boise. Tromperie ou brouillerie.

(*88) Et. Et lea aiitréa facultés intellectuelle* (289) Et mcsmement. Et entre autres facultés , l'art de connoltre et de Juger.

(390) Par, Par qui noua, écrivains, sommes mis eaJuraneur.

(291) Similative* L'art d'imiter* — Format iv*. L'art d'inventer.

(992) Desquelz , etc. Lesquelles facultés nous rendent par fois radoteurs s en agrandissant te cercle de noscannoifsances.

(393) Mss. Homme* Le vers étoit trop long.

(29s) Je ? ay. J'en ai vu la preuve.

(296) En. Dans Aristote , assez souvent, — Critique aussi sensée d'Àristote que l'est celle d'Homère, G, T., tarir. 129; ce qui prbofe qae Villon étoit un homme plus fadteieux que son siècle ne le comportait.

HUIT. XXXVHf.

Doncques le sensif sesveilla , Et esvertua fantasie Qui tous argeutîs resveilla , 3oo Et tint souveraine partie , , En souppirant v comme amortie , Par oppression d'oubliante , Qui en tqoj s'e3toit e$partie Pour montrer des sens l'aliance.

huit, xxxix.

3o5 Puis mon sens qui fut à repos Et l'entendement desveillé , Je cuide finer mon propos ; Mais mon encre estoit gelé

(397) Ce jargon scholastique est, je crois, une satire du langage barbare dont 00 se servoit dans les cours philosophiques de la Sor-

bonne. — M$$. Donc te. Le sens n'y étoit pas. — Le sentif. La partie sensible.

(298) Et eiyertm, E.t mit rimaginaJtiou en mou renient.

(*99) Qw* Laquejiç éveUla à son tour tous les génies d'argumentation.

(3oo) Et tint. Et tint l'eqtendement,

(3oi) En. qui soupirait.

(3oaJ Par, L'opprimant à L'aide de l'oubli»

(303) Qui en* QujU'étpit introduit chez moi»

(304) Pour. Pour me prouver que mon âme étoit unie à un cotps, ou bien pour montrer que toutes les facultés de l'âme font unies, entre ejles,

(305) Puis. Lorsque mes sens furent revenus de cet assoupissement.

(306) Et V entendement. Et lorsque mon entendement fut, etc.

(307) Je cuide. Je crois pouvoir terminer ce que j*a vois commencé.

( 9* ) Et mon cierge estait souflë.

3io De feu je neusse peu finer.

Si m'endormy tout-en moufle,, Et ne peuz autrement finer.

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