‹ Œuvres de maistre François VillonChapitre 21 sur 95 · TI · texte numérisé non relu

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Qu'est devenu ce front poly , Ces chevetilx blonds , sourcils votiltyz,

4g5 Grand entt'œil , le regard jdly Dont prenoye les plus subtite t Ce bean nez droit, gi-and né petit ; Ces petites joinctes oreille* * Menton fdurthu , cler vis , tfaictte ;

5oo Et ces belles levrëfc vermeilles.

Ces gentes espaules menues , Ces bras longs, et ces mains traictises ; Petiz tetins, hanches charnues , Eslevées, propres, faiclisses 5o5 A tenir amoureuse lysses ;

Ces larges reins , ce saclinet

(493) Poly. Joli.

(4l)4) Sourcil» voultU. Sourcils agréablement arcqués.

(igS) Grant tntr'œil, Les yen* grands, bien [ouvert* ,*«t le regard séduisant.

(b$6)Les plus subiil*. Les plus fins , le» .plut casés.

(497) Ce beau. Ce nez beau , bien fait ni , etc.

(49$) Joinctes oreilles. Oreilles bien relevée* , bien droites*

(499) Ckw vis , traiciis. Ce visage dont le teint étoit clair et le» traits*bieo réguliers.

(Soi) Ces gentes. Ces épaules petites et bien tournées*

(5oa) Mains traiclisses. Mains bien dessinées, bien régulières.

(5o4J Les mots de ce vers trouvent leur explication dans te suivant.

(5o6)Ce sadinet. Littéralement, ce petit plaisir. Nom honnête poor désigner une chose que la pudeur défend d'appeler .par aod nom. — Le poète a mis ces détails et les suivante, dans la bouche d'une prostituée. Il auroit mieux fait, sans doute, de nous les épargner ; mai»

( i4i ) Assis sur gfotees fermes euysses , Dedans son joly jardinet .

TlII.

Le front ridé , les cheveulx gris , 5 10 Les sourcilz cheuz, les yeulx estainctz

Qui faisoient regars et ria,

Dont imintg maf chans furent attaincts.

Nez courbé , de beauté loingtains ;

Oreilles pçndens et raotesuçs ; 5i5 Le vis pally, mort et dèstaincts

Menton foncé, lèvres peaussues.

C'est d'humaine beaulte I*yssues.

Les bras courts , et les mains contraires ; Les espaulles toutes bossues; 520 Maroraelles , quoy? toutes rètraktes.

puisqu'il a payé son tribut à 1* Ikerice ^o moyeiMg^ > on doit lui savoir gré de l'avoir fait avec plus d'adresse ^et mèàve avec plu* de délicatesse que ses devanciers et que ses contemporains.

(509) Le front* Amoir le front , etc.

(5it) Qui. Ces yeux qui.

(5 13) De beautté. Bien loin d'être beau, diflerme.

(5j4) Oreilles. Les oreilles abattues et couvertes d'an duvet , ou bien couvertes de taches qui, ressemble** à 1* mousse.

(5\5)Le vis. Le visage, pàlfi» mortel décoloré.

(5 16) Menton, etc. Le menton enfoncé , retiré, et les lèvres « Qui ne sont pins qne peaulx.»( Not. de Marot.)

f5i7) Cest d'humaine. Lorsqu'on est dans cet état, il n'y a plus de beauté.

(5 18) Mains contraictes. Ridées, déformées.

(5io) Toutes rttraicUs. Entièrement disparues.

Telles les hanches que les tettes.

Du sadinet , fy ! quand des cuysses ; Cuisses nesont plus , mais c uissettes Grivelées comme saulcisses.

525 Ainsi le bon temps regretons Entre nous , pauvres vieilles sottes , Assises bas, à croppetons, Tout en ung tas comme pelottes ; A petit feu de ch'enevottes

53o Tost allumées , tost estainctes ; Et jadis fusmes si mignottes ; Ainsi en prend à mainlz et maintes.

(5a i) Telles, etc. Il en est des hanches comme des mamelles.

(5 33) Du s.adinet. Pour ce qui est do petit plaisir ; ha! fi donc!

(5 34) Grivelées, Ridées ; marquées d'inégalités produites par l'amaigrissement.

. (535) Le bon tempe. Le temps de notre jeunesse.

(5 27) Msises y etc. Accroupies.

(5a8) Tout , etc. Toutes. ramassées comme des pelottes. '

(5 39) A petit. A côté d'un petit feu de, etc.' -î-€e vers et lessoivans ont un sens allégorique.

(53o) Tost. Qui soit aussitôt éteintes qu'allumées, en sorte qu'elles ne chauffent pus 'beaucoup.

(53i) Et jadis. Nous qui étions autrefois si délicates.

(53a) Ainsi en. Ainsi en arrivè-t-il a plusieurs, tant hommes que femmes. ■ .*'

( »43 ) BALLADE IV

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