RONDEAU
Repos éternel donne à cil,
i8go Sire, clarté perpétuelle,
Qui vaillant, plat n'y escuelle N'eut oncques, n'ung brin de pereil.
Il fut rez, chef, barbe, sourcil Comme ung navet qu'on racle et pelle.
1895 Repos, etc.
Rigueur le transmist en exil ; Etluy frappa au cul la pelle, Non bbstant qu'il dist j'en appelle; Qui n'est pas terme trop subtil.
1900 Repos, etc.
(1889) Repos. Seigneur, donne le repos et la jouissance de la lumière céleste , à celui qui ne possède ni, etc. — Les deux premiers vers sont une imitation du verset usité dans les offices des morts : Requiem œternam, etc.
(1893)// fut. Il fut rasé, tète , barbe et sourcils, comme un navet qu'on ratisse , etc., c'est-à-dire son dénûment fut complet. (1897) Et tuy. Et le chassa honteusement.
HUIT. CLXVI.
Item je vueil qu'on sonne à branle, Le gros Beffray qui p'e$t de verre ; Combien que cueur n'est, qui ne tremble Quant de sonner est en son erre.
1905 Saulvé h mainte bonne terre,
Le temps passé, chascun le sçait:
Fussent gens (larmes, ou tonnerre, Au son de luy , tout mal cessoit.
Les sonneurs auront quatre miches, 19 10 Si c'est trop peu, dcmy douzaine,
A utant qu'en donnent les plus riches ; Mais ilz seront de sainct Estienne.
Voilant est homme de grant peine, L'ung en sera. Quant j'y regarde,
(1902) Le gros beffray . La grosse cloche qui n'est pat de verre.— Cette cloche, qui étoit dans l'une des tours de Notre-Dame, n'étoit sonnée que dans les grandes solennités. ÎJous avons corrigé tsl de verre.
(^9<>4) Quant. Lorsqu'elle est en train de sonner.
(ioo5) Saulvé. Elle a, comme chacun sait, etc.
(1908) Au son. Tout mal cessoit dès l'instant où on la sonnoit. - M. Le Duchat sur ce vers dit : « Le son du verre calme les buveurs, • ni plus ni moins que le bruit des cloches détourne l'orage. >
(1909) Miches. Fain. — Miches de S. Etienne. Pierres. S. Etienne fut lapidé.
(1913) Voilant. Voilant, bon ouvrier, sera l'on des sonneurs.
(1914) Quant je. Quand j'y réfléchi* ; mais il aura de quoi vivre > etc.
if) 1 5 11 en vivra une sepmaine.
Et l'autre? — Au fort , Jehan de la garde.
Pour tout ce fournir et parfaire J'ordonne mes exécuteurs, Ausquelz faict bon avoir affaire , 1920 Et contentent bien leurs debteurs.
Hz ne sont pas trop grans venteurs, Et ont bien de quoy, dieu mercys.
De ce faict seront directeurs, Escry ; je t'en nommera y six.
HUIT. CLJJLX.
1 925 Gest maistre Martin Bellefayç,
Lieutenant du cas criminel.
Qui sera l'autre ? — J'y pensoye,
Ce sera sire Colombel,
S'illuy plais t, et il luy est bel , 1 930 II entreprendra ceste charge.
—Et l'autre? Michel Jouvenel,
Ces trois seulz, et pour tous, j'en charge.
(1916) Et f autre. Qui sera l'autre sonneur ?... hé bien 1 ce sera Jean dé la Garde. (V. h. 127.)
(1918) J'ordonne» Je nomme des exécuteurs testamentaires, avec lesquels on ne sera pas fâché de traiter, et dont mes légataires seront contens.
{1933) De ce faict. De mon testament seront donc exécuteurs.
(1934) JErfcry.Ecris, Firmin, j'en nommerai six pour un.
(1928) « Sire Guillaume Coulombel, puissant et riche homme. » ( Ch. Se.)
(îçfli) Et l'autre. Et le troisième Michel Jourenel desUrsins, l'un des^p lus riches et plus poissans seigneurs du temps
BUIT. CLXX. '
Mais au cas qu'a moy s excusassent, En redoubtant les premiers frais,
1935 Ou totalement récusassent,
Cculx qui s'ensuivent cy après, J'institue , .gens de bien très , Philip Bruneau noble escuyer ; Lé second, son voysin d'emprès,
1940 Nommé maistre Jacques Raguyer ;
Et le tiers, maistre Jaques James; Trois hommes de bien et d'honneur, Désira ns de saulver leurs âmes , Et doubtans Dieu nostre Seigneur :
4945 Car plustost ilz méttroient du leur, Qu'a ceste ordonnance ne faillent.
Point n'auront de contreroolleur ; A leur bon seul plaisir eu taillent.
Des testamens qu'on dit le maistre, 1950 De mon faict n'aura quid ne quod;
(1939) Foisin d*emprès. Son voisin qui est près. Le plus proche. (1944) E* doubtans Dieu, Et craignant Dieu.
' (i946) Q«'û. Plutôt que de ne pas accomplir mes volontés. (1948) A Uur. Qu'ils fassent selon leur bon plaisir.
Mais ce sera ung jeune prebstre, Qui se nomme Thomas Tricot.
Voul entiers b eusse à son escot Et qu'il me coustast ma cornette .
j5 S'il sçeut joiier en ung trippot, Il eust du mien, le trou perrette.
HUIT. CLXXHU
Quant au regard du luminaire, Guillaume du Ru j'y commeetz.
Pour porter les coings du suaire, i960 Aux exécuteurs le remeetz.
Trop plus mal me font qu'oneques mais, Panil, cheveulx, barbe, sourcilz.
Mal me va, temps est désormais,.
Que crie à toutes gens mereiz.
(1954) Et qu'il. Dat-il m'en coûter, etc.
(1956) 7/ eu*f. Je lui léguerois le trou perrette. Marût dit que c'étoit un jeu de paume.
( 1 958) Je y commette. J 'en chargé .
(1961) Trop, Je ressent des douleurs plus vives que , etc.
(196a) Panil. C'est le poil qui vient dans un lieu que la pudeur défend de nommer.
(1963) Mal me va. Je suis bien malade.
(1964) Que, Que je demande pardon à tout le monde.
BALLADE XV