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JJALUDE VILJjON *.
Je meurs de soif, auprès de la fontaine; Chault comme feu, et tremble dent à dent ; En mon pais, suis en terre loingtainc ; Lez un brazier, friçonne tout ardent ; 5 Nu comme un ver, vestu en président ; Je riz en pleurs et attens sans espoir ;
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(3ï) Ptintêê, etc. Prince* <r«e j*ai nommés, vieillards , jeunes gens qui me portes qaeiqne intérêt.
4 3a) Im pitre*, etc. Ôbtenez-moi des let tf es de grâfce.
(33) Et me, etc. Et trouvez moyen de me sortir d'ici*
* Ballade tirée du Mit. des poésies de Charles d'Orléans. Villon y raconte les angoisses de son exil. ( Y. Màm, t i" p.,' ti° 17, et 3* p. , S i«% n* t.)
(a) Dent à tient, I>ent contre dent.
(3) Villon avoit été banni de Pari? • — Dans ce vers se trouve l'explication de toute la ballade.
(4) Tout ardent. Tout brotant.
(6) En pleurs, L'ame accablée de tristesse.
( 35o ) Confort reprens, en triste désespoir ;
Je mcsjouys, et n'ay plaisir aucun ;
Puissant je suis sans force et sans povoir ;
10 Bien recueilly, débouté de chascun.
Rien ne m'est seur que la chose incertaine:
Obscur! fors ce qui est tout évident ;
Doubte ne fais, fors en chose certaine ;
Science tiens, à soudain accident ; 1 5 Je gaigne tout et demeure perdent ;
Au point du jour diz> Dieu vous d oint bon soir;
Gisans envers, j'ay grant paour de cheoir ;
J'ay bien de quoy et si n'en ay pas un ;
Eschoite attens, et d'omme nesuis hoir ; 20 Bien recueilly, débouté de chascun.
(7) Confort, etc. J'espère 14 où il n'y a point d'espoir.
(8) Je m'esjouis. Je me réjouis.
(10J Bien, etc. Bien accueilli et méprisé dVin chacun.
(11) Rien, etc. Mon esprit est tellement troublé que je ne regarde comme certain que les choses qui sont le pins incertaines.
(i\) Science , etc. Ce qui est le produit du génie je le regarde comme le produit du hasard. .
(ia) Je gaigne, etc. L'arrêt qui m'a condamné à l'exil est pour moi un bénéfice 9 et avec cela je suis en. perte.
(17) Gisons, etc. Etant conché sur le dos» je crains virement de tomber, me figurant que lé ciel est au-dessous de moi.
(18) J'ai bisn, etc. J'ai bon nombre de choses à ma disposition, et je n'en ai pas une qui attache mon cœur.
(icfîBschoUe, etc. Je m'attends à recueillir une succession , et je ne suis cependant l'héritier d'aucun homme.
De riens n'ay soing, si metz toute ma paine
D'acquérir biens , et n'y suis prétendent.
Qui mieulx me dit, c'est cil qui plusm attaine.
Et qui plus vray, lors plus me va bourdent :
25 Mon ami est, qui me fait entendent,
D'ungc gne blanc, que c'est un corbeau noir;
Et qui me nuyst, croy qui m'aide à povoir.
Vérité ', bourde; aujourduy m'est tout un.
Je retiens tout; riens ne scay concepvoir.
3o Bien recueilly, débouté de chascun.
Prince clément, or tous plaise savoir ~ Que j'entens moult , et n'ay sens ne savoir ;
(ai) De rient. Je ne prends intérêt a rien , cependant je m'efforce , etc.
(a3) Qui mieulx. Celui qui me dit les choses les plas désobligeantes , c'est , à mon avis , celai qni ■ me dit les choses les pins agréables.
(^4) Et qui, etc. Je tiens ponr pins vérîdique celui qui se joue le plus grossière m eût de moi.
(a5) Qui me fait entendent. Qui me fait accroire.
{^7) Et qui. Je crois que celui qui me nuit, me seconde de tout son pouvoir.
(38) Vérité , bourde. Vérité ou mensonge.
(39) Je retient, etc. Je retiens tout ; mais je ne comprends rien. (£3) Que j f entent y etc. Que j'ai connaissance de plusieurs choses ,
*t qne jesuis néanmoins comme un homme qui n'auroit ni bon sens, ni savoir.
Partial suis, à toutes lois commun :
Que sais-je plus?— Quoy? — Les gaiges ravoir. Bien recueille débouté de chascun.