‹ Œuvres de maistre François VillonChapitre 67 sur 95 · LES POVRES HOUSSEURS, BALLADE · texte numérisé non relu

LES POVRES HOUSSEURS, BALLADE

On parle des champs Jabourer; De porter chaulme contre vent ; Et aussi de ce marier»

A femme qui tance souvent :

5 De moyne de povre couvent ; De gens qui vont souvent sur mer ;

(55) Paretal, etc. Je faisan être à part» et cependant je soif contraint d'obéir à toutes les lois*

(54) 11 est possible qu'il y ait une faute de copiste dans ce ver», qui, tel qu'il est , nous parait inintelligible» à moins qu'on ne l'explique de cette manière ? Que dirai-je de plus ? Que je désirerois recevoir encore les gages , que vous me donniez ( si gage peut être pris dans lo sens de pension ou .de bienfaits pécuniaires).

* Voyez pour cette ballade , que nous avons cru pouvoir intituler le s Povres housseurs, notre Mém. (5* part* $ i, n° 6) t aile est extraite du Jardin de Plaisance.

(î) On parte» On parle comme d'une chose bien pénible.

(a) Déporter, etc. D'aller contre vent f les épaules ou la tète chargée de chaume.

(5) De ce. De se.

(4) Q ui tance» Qui gronde.

(5) De moyne. On parle comme ayant beaucoup à souffrir, ejc.

De ceulx qui vont les bleds semer ; v Et de celloy qui P&ne mairie :

Mais , à trestout considérer , 10 Povres housseurs ont assez peine.

A petits enfans gouyemçr , Dieu scait, ce c'est eçhatement De gens d'armes doit-on parler?

De faire leur commandewjçnt?

i5 De servir Malctws chauldemeat ?

De servir dames et ayiner ?

De guerrier et bouhowdev ?

Et de jo aster à la qjiintaine ?

(9) Mais à, etc. Mais, tout bien considéré, je pente que les povres housseurs ont encore, -beaucoup à- tooffioût. -r Heauewrt. Porteurs de housseamt ou de hpuseaux» Villon ulloit» ordinairement pieds et jambes nus , faute de pouvoir se fournir de houseaui , chaussure alors en usage » et, qni ressemblait s» peu an* betfefrd'à • présent.

(1 1) A petits, etc. Qieu-aaiMi c'est ub* chose agréable que d'avoir de petits enfan* è.cpuduire** snriéilien

(i4) Défaire},, J>« ce qu'ils souffrent poux faire-leurs service.

(ï5J De urvir. Faut -il dire combien il en coûte pour servir- ehatrdément Malchus. Je csoja qprMalcbuftest ici pour Momnsv, cAest-adire pour faire le rôle de sot. Autrement Malchus étant le nom de celui à qui S. Pierre coupa l'oreille , il faudrait donner 4 ce vers aa sens nul.

O7) De guerrier, etc. four faire la guerre et suivre les exercices chevaleresques nommés bouhours.

(18) La quintaine étoit un simulacre de chevalier contre lequel ou s'exerçoit à manier la lance. Joueterà la quintaine. Jouter, combattre contre la quintaine.

( 554 ) Mais à trestout considérer ,

20 Porrcs hoasseurs ont asses peine.

ni.

Ce n'est que jeu de bled soyer; Et de prez faulcher vrayement ; Ne d'orge batre, ne vanner ; Ne de plaider en Parlement ; a5 A danger emprunter argent ; A maignans leurs poisles mener ; Et à charretiers desjeuner ; Et de jeusner la quarantaine :

Mais , à trestout considérer Poyres housseurs ont assez peine.

(ai) Ce n'ait. C'est un badinage de moissonner.

(s5) A danger. D'emprunter de l'argent en engageant ses bkm et fa personne.

(96) A moignons. De porter les chaudrons, poêle , etc. , que 1m chaudronniers vont vendre. A aignifie avec , en compagnie du.

{*j)Rt à charretier*. Et de déjeuner arec des charretiers. — J'ai corrigé ce vers, qui est ainsi dans le Jarfin de Plaisance : Et à chartiers à déjeuner.

(*$)La quarantaine, ht» quarante jours de carême.

BALLADE *

Rencontré soit de bcste feu gectant

Que Jason vit, quérant la toison d'or ;

Ou transmué d'homme en beste, sept ans,

Ainsi que fut Nabugodonosor ; 5 Ou bien ait perte, aussi griefve et villaine ,

Que les Troyens pour la prinse d'Héleine ;

Ou avallé soit avec Penthalus ;

Ou plus que Job, soit en griefve souffrance ;

Tenant prison avecque Dédalus ; io Qui mal vouldroit au. royaume de France.

' * Cette ballade se trouve dans un Un. de la Bibliothèque royale. (V. Mém., 3* p., $ i, n« 3, et i*» p., ri» 19* )

(1) Rencontré, etc. La Toison-d'Or étoit gardée par des taureaux qui jetaient du feu par les narines.

(3) Nabnchodonosor se crnt changé en bête et demeura sept ans dans cette folie. Voy. les prophéties de Daniel (cb.4 , v.3o), et surtout le 33», ou, pour annoncer la fin de sa maladie, H est dit que son bon sens lui revint. Des commentateurs' ont eu la' bonhomie de •croire qu'il avoit été réellement changé en bête*

(5) Griêëjve et villaine* Désastreuse et honteuse.

(7) Je ne sais ce que c'est que ce Penthalus dont la fin a dû être misérable.

(S) Job , connu par ses malheurs et sa résignation.

(9) Dédale fat enfermé dans le labyrinthe qu'il «voit construit.

11 manque un vers à cette stance» qui devrait en avoir orne comme les deux suivantes.

Quatre mois soit en ut» vivier chantant, La teste au fons ainsi que le butor ; Ou au grant Turc, vendu argent contant , PotÉr ettre «lis au tarnois com' bug for;

1 5 Ou trente ans soit , comme fa M agdereine , Sans rt&ûv d*ap de linge * ne êe teint ;- Ou noyé soit, comme fut' Narcisus ; Ob aux cheveux, comme Âbsalort pendus ; Q* cornue fut Judas par despérance ;

20 Ou puist mourir, comme Simon Magus ; Oui mal vooidteofea* roVaume de SVante.

(la) Butor. Oiseau aquatique qu'on nomme aussi le héron partsteux»

(i4) Bttgfbri BtraV ; à*** l'Orient' on les fait servit ad labourage. Dans le Mu. il y a comme fkig fir, c'est* na>e fiiatede copiste.

(i 5) Certaines chroniques disent que Marie-Madeleine pleura ses péchés pendant trente ans dans le désert , n'ayant que la terre pour lit, se» cheveux pour vèlemens* et ses l'armes pour hreuvage.

(ïj)'Ifàrcttûs. Narcisse' : 'ses aventures' sont connues.

(i8)Abs*lon, filsde David, fut, dans sa fuit*, suspendu à un arbre par sa chevelure , et tue.par Joab.i .

(19) Par despèran*., team 4 V*}JXt*»qt\ aooifVlfttté JfeifeChtist au*Jaifi, sApçn&tde^&sttsfpir*

(ao) Symon Magut. On raconte que Simon le Magicien ', t r èHftï fait élever de terccpiaB Js» déasoto» pour pffotfvferwxltemafos qu'il étoiti uésataUetnenC Un wrt» d« Dieu , tômtetif sfrOmpit ter jambe», lorasynn fc.Psnsro>s* flsi mils étt' priète* péoV dèm«ddt!r WTBbu- que cet hérésiaique fût confondu.

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