‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introduction (volume 2)Chapitre 25 sur 43 · Ah, mon fils ! qu'il y a de pécheurs qui se disent · texte numérisé non relu

Ah, mon fils ! qu'il y a de pécheurs qui se disent

« Joan. 8, 2/1 .

* Traité de la Nature et de la Grâce, premier discours, ' Rom, 3, 25.

^ Joan. 6, /|7.

* Joan. 2, 1.

chrétiens et qui périssent de faiblesse et de langueur, faute de bien connaître que je suis la cause physique A^ la grâce, comme le feu Test de la chaleur ! Lorsque quelqu'un de mes disciples leur représente la vanité des grandeurs humaines et des plaisirs de la vie présente, convaincus par la force de la vérité, ils s'excusent sur leur faiblesse et se laissent aller au torrent qui les entraîne. x\fisérables qu'ils sont, où est leur foi? S'ils croient que je suis leur vie, leur forcCy leur sagesse, leur justification et leur rédemption *, que ne m'invoquent-ils avec confiance ? Un homme qui languit de faim s'endort-il à la vue d'une table couverte de fruits? Un homme tout transi de froid ne s'approche-t-il pas du feu avec joie? Sûr d'être bientôt délivré du froid qui le pénètre ou de la faim qui le presse, n'emploie-t-il pas tout ce qu'il a de force pour s'approcher de la cause occasionnelle de son bonheur? 4. Si les chrétiens étaient donc bien convaincus des qualités que je porte, et que je suis la cause occasionnelle que Dieu a établie pour servir de fondement à la loi générale de la grâce^ ils ne s'excuseraient point sur leur impuissance. Ne doutant point qu'ils ne peuvent rien sans moi 2, ils m'appelleraient sans cesse à leur secours et ils demeureraient victorieux de leurs ennemis. Mais ils ne me connaissent point et ne se mettent nullement en peine de me connaître. Ils m'appellent leur sauveur, et périssent sans penser à moi. Ils disent que je suis leur sagesse, et ne suivent point mes conseils. Ils confessent de bouche que je suis leur médiateur, mais il est rare qu'ils s'adressent à moi afm que je les réconcilie avec mon Père. Tâche donc, mon fils, de n'oublier jamais les qualités que me donne TËcriture, et regarde-moi

« 1 Cor. \, 30.

* Joan, 15,5.

sans cesse comme la cause occasionnelle ou distributive delà grâce, comme souverain prôtre des vrais biens, comme chef de l'Église, comme architecte du temple éternel. Renouvelle ta foi à tous moments, afin que tu t'approches du trône de ma grâce dans tous les besoins avec une pleine et entière confiance.

mon Sauveur! je ne dois jamais oublier vos qualités; mais comme je ne suis pas maître de mes pensées, et que la rencontre des objets et les mouvements indélibérés de la concupiscence en excitent sans cesse en moi de fort importunes, et qui peuvent môme me faire perdre tout ce que vous venez de m'apprendre, que puis-je faire pour en conserver le souvenir?

Tu as raison, mon fils, de te défier de toi-même ; car, quelque pénétré que lu sois des sentiments que je t'inspire, tu en perdrais bientôt le souvenir si tu ne travaillais à le conserver. Voici donc quelques moyens dont tu peux le servir pour soutenir, par des objets qui frappent les sens, des idées abstraites qui se dissipent à tous moments.

5. Lorsque tu entres dans une église, et tu ne peux trop souvent y aller, élève aussitôt ton esprit au ciel. Souviens-toi que j'ai rompu le voile, que je suis entré par mon sang dans le Saint des saints, et que là je fais maintenant l'office de pontife et de médiateur entre Dieu et les hommes. Ne t'arrête pas à ce que tes yeux te disent lorsque tu assistes au sacrifice de la Messe; pense que dans le ciel je fais par moi-même à découvert ce que je fais à l'autel par le ministère du prêtre sous des apparences sensibles. Les cérémonies de l'Église, les louanges de Dieu que le clergé chante dans le chœur, et les prières que l'on fait par mon intercession, te doivent faire penser à la beauté de l'Église triomphante qui ofi're au Père par le Fils un sacrifice continuel de louanges et de prières. Regarde en

la personne de Tofûciant le pontife des biens véritables faisant Toffice de prêtre selon Tordre irrévocable de Melchisédech en la présence du Dieu vivant, et dans la personne des ministres les légions d'anges, et ce grand nombre d'élus, qui en moi et par moi bénissent incessamment celui qui les comble de biens. Unis-toi d'esprit et de cœur au sacrifice que j'offre sans cesse, afin que Dieu reçoive tes adorations et tes prières.

6. L'Église militante est à l'Église triomphante ce que j'étais sur la terre à ce que je suis maintenant dans le ciel. Sur la terre j'étais dans les souffrances et dans l'ignominie. Maintenant je suis environné de gloirç et je jouis de mille plaisirs. Mais j'ai été et je suis toujours le même. L'Église sur la terre souffre et combat sans cesse ; l'Église dans le ciel jouit du fruit de ses victoires. Mais l'une et l'autre ne fait qu'un même corps. Comme il a fallu que je vécusse dans les souffrances, et que j'endurasse une mort cruelle, avant que d'entrer en possession de la gloire dont je jouis ; il faut aussi que mes membres qui sont sur la terre combattent sans cesse avant que de posséder la gloire qui leur est préparée. Ainsi, lorsque que tu souffres en ta personne, ou dans celle de tes amis; lorsque tu vois même en général quelqu'un dans la misère, pense qu'il est membre du corps dont je suis le chef. Pense que c'est une pierre que je taille et que je travaille pour en faire un ornement de mon temple. Que cela te serve à me regarder selon la qualité de chef de l'Église et d'architecte du temple vivant. Souviens-toi que ton âme est en épreuve dans ton corps, et ne demande jamais que je te délivre des maux qui te purifient. Réjouis-toi dans les souffrances, tu assures ton bonheur. Glorifie-toi dans les opprobres, tu cours à la gloire. Souviens-toi de ce que j'ai fait pour toi sur la terre, et de ce que je te promets dans le ciel. Entre, mon fils, dans mes des-

seins. La volonté de mon Père et la mienne est ta sanctification *, parce que la volonté de mon Père et la mienne est sa gloire et ton bonheur. Mais Tordre veut que la récompense soit méritée, et l'héritage du ciel vaut bien que tu fasses toutes choses pour l'obtenir. Courage donc, mon fils! dans toutes les difficultés que tu rencontres à vivre en chrétien, souviens-toi que tuas l'honneur d'être membre du corps dont je suis le chef, et queje ne puis te mettre en œuvre et te faire entrer dans mon édifice, que je ne retranche de toi tout ce qui est indigne de la sainteté delà maison de Dieu. Je ne puis te donner de motif plus ordinaire, et où il soit plus nécessaire que tu me considères en qualité de chef de l'Église et d'architecte du temple éternel, que les misères qui se rencontrent dans la vie présente. L'expérience t'en fournira encore plusieurs autres, et les secours que tu sentiras après m'avoir invoqué augmenteront de telle manière la confiance que tu dois avoir en moi, que tu ne m'oublieras jamais, lorsque tu auras besoin de quelque assistance particulière.

7. Mais, afin que tu t'accoutumes à m'invoquer, il n'y a point de moyen plus sûr que de prendre tous les jours un temps réglé pour l'employer à l'oraison. Il faut, mon fils, que tu te prescrives cette loi, et que tu t'en fasses une habitude, afin que le son de l'heure venue suffise pour te faire penser à mes qualités et à tes besoins et que, faisant ainsi servir la nature à la grâce, tu aies du moins la pensée de prier, sans que Dieu agisse en toi d*une manière particulière. Bien des gens, mon fils, vivent dans l'oubli de Dieu, et dans un aveuglement étrange, parce qu'ils n'ont point cette pratique salutaire ; et qu'au lieu qu'ils devraient toujours prier, puisqu'ils courent de continuels dangers, ils ne s'avi-

* i Thçss. ft, 3.

2 00 MÉDITATTONS CHRÉTIENNES.

sent de le faire que lorsque je les y excite par une grâce de sentiment plus forte que les désirs actuels de leur concupiscence. Gomme je ne donne que rarenoient de ces sortes de grâces, et que la concupiscence se fortifie sans cesse, môme dans l'usage nécessaire des biens sensibles; l'esprit s'aveugle, le cœur s'endurcit, on devient insensible, ou plutôt on n'a plus que du dégoût et de l'horreur pour tout ce qui peut rendre à l'âme la force et la santé. »

8. Afin que tu comprennes clairement, mon cher disciple, ce que c'est que l'oraison et la nécessité qu'il y a de prier, souviens-toi seulement de ce que je t'ai déjà dit : savoir, qu'il n'y a que deux principes qui déterminent et qui arrêtent au bien le mouvement inquiet de la volonté, la lumière qui le découvre à l'esprit, et le plaisir prévenant ou autre qui le fait goûter à l'âme. Car cela suffit afin que tu reconnaisses que l'oraison n'a en général que deux parties essentielles, l'attention de l'esprit et TafTection du cœur ; puisque l'attention produit naturellement la lumière, et que l'affection renouvelle en quelque manière le plaisir, ou du moins qu'elle entretient l'âme dans le mouvement que le plaisir a déjà produit en elle.

9. L'attention est une prière naturelle, que l'esprit me fait comme à la raison universelle, afin qu'il reçoive de moi la lumière et Tintelligence ; et j'exauce toujours cette prière, lorsqu'elle a certaines conditions que je t'ai expliquées auparavant*. L'affection du cœur, dont je te parle présentement, est un mouvement actuel que tu produis librement en toi par la force de ta charité^ excitée par la lumière, que je te donne toujours en conséquence de ton attention. Mais il faut que je t'explique cela plus au long, de peur que, faute de bien

1 Méd. ///.

concevoir ce que je le dis, tune tombes dans quelque erreur.

10. Tu sais bien que Dieu ne créant et ne conservant les esprits que pour lui, il les pousse vers lui sans cesse ; et que c'est cette impression continuelle de Dieu qui fait la volonté des hommes, puisqu'ils ne sont capables d'aimer aucun bien en particulier, que par l'amour naturel et invincible que Dieu leur donne pour le bien en général *. Or la lumière peut déterminer vers un bien particulier le mouvement général de l'âme; car il suffit qu'un objet paraisse bon, afin qu'on se porte à l'aimer. Ainsi, puisque tu es souvent le maître de ton attention, et que Tattention est la cause occasionnelle de la lumière, il est visible que tu peux exciter en toi l'amour de certains objets, non en produisant dans ton cœur quelque mouvement nouveau d'amour, mais en déterminant diversement un amour qui est aussi ancien que toi-même.

H . De même, lorsqu'un homme a la charité ou quelque autre amour habituel, s'il se représente clairement l'objet de son amour, cela suffira pour exciter en lui quelque affection. Mais quoiqu'il puisse de cette manière entretenir le mouvement de sa charité, je veux dire la disposition naturelle ou nécessaire à se mouvoir vers le vrai bien, il ne peut néanmoins Taugmenter. Car il n'y a que les sentiments qui augmentent les mouvements indélibérés, ou les dispositions naturelles à se mouvoir; il n'y a quele plaisir qui augmente positivement le mouvement naturel de l'âme. La lumière toute seule laisse l'esprit à lui-même; elle ne le transporte point ; elle fait seulement qu'il se porte vers l'objet qui lui paraît bon, supposé que d'ailleurs l'âme ait du mouvement pour cela. Ainsi la lumière peut bien aug-

1 Traité de la Nature et de la Grâce, troisième discours; Rech. de la Vérité f liv. IV, cb. 1; pwmier Éclaircissement, liv. let ailleurs.

menler la charité de choix, ou la faciliter à consentir aux mouvements de charité, mais elle ne peut augmenter cette même charité. Le plaisir, au contraire, détermine invinciblement les esprits à proportion de sa force; il ne suppose point d'autre mouvement que celui qui fait l'essence de la volonté. Il suffit qu'on veuille être heureux, pour s'abandonner à lui, parce que effectivement le plaisir rend formellement heureux. Ainsi il n'y a que la grâce de sentiment qui puisse augmenter le mouvement de la charité. Mais comme tu n'es point à toi-même la cause occasionnelle de tes sentiments, il faut que tu m'invoques, afin que je répande en toi cette espèce de grâce; et si tu prends soin de conserver la charité *, qui en est une suite, assure-toi que je ne cesserai point de l'augmenter.

i2. Mais quoique la lumière n'augmente point directement et par elle-même le mouvement de la charité, elle peut néanmoins l'augmenter en affaiblissant la concupiscence, son ennemie. Ce sont, mon fils, les affections qui entretiennent et qui fortifiient les passions; car de même que, pour perdre de mauvaises habitudes, il suffit de cesser d'en former les actes, afin d'affaiblir les passions il suffit aussi de s'éloigner des objets qui les excitent. Or, la lumière que l'esprit reçoit dans l'oraison lui découvre mille motifs d'éviter ces objets. Il est permis à tout le monde de rentrer en soi-même, de comparer le temps avec l'éternité, les biens de la vie présente avec ceux que la foi nous promet dans l'autre. Il faut comparer pour faire choix, et il faut comparer

^ Par la charité il faut toujours entendre ici Thabitude que la délectation de la grâce produit en nous par son efficace propre, et non pas celle qu'on acquiert à consentir à la grâce; car cette dernière espèce de charité, purement libre et méritoire, peut s'augmenter en mille manières sans aucun plaisir prévenant. (Voy. la Méditation qui suit, depuis l'article 13 jusqu'à l'article 20.

* Traité de la Nature et de la Grâce, troisième ^ discours.

sérieusement lorsqu'il est question de faire choix sur un sujet de cette importance. Enfin, lorsqu'on a fait choix, il faut de la conduite, de la fermeté, de la persévérance; et Tattention de l'esprit est nécessaire à tout cela, et fournit ainsi mille moyens pour affaiblir les émotions de la concupiscence, et pour faire paraître à l'esprit le chemin de la vertu plus doux et plus agréable.

43. Lorsque la lumière nous découvre la vanité des plaisirs et des grandeurs de ce monde, le dérèglement des passions, la laideur du vice ; alors notre charité, quoique faible, étant soutenue par la raison qui en favorise par sa lumière tous les mouvements, elle est plus en état de vaincre et de subsister longtemps qu'une charité plus grande, mais moins éclairée, moins conservée, moins fortifiée par le secours de l'oraison. Les affections du cœur, excitées par le travail de l'attention dans ceux qui ont de la charité, sont même ordinairement accompagnées d'une douceur intérieure qui affermit l'âme toujours sensible au plaisir qui la rend heureuse, dans l'amour du vrai bien, principalement lorsqu'il n'y a pas longtemps que l'on a été converti, par la vivacité de quelque plaisir prévenant. Car lorsqu'on a été touché de quelque plaisir par rapport à un objet, on est quelque temps qu'on ne pense point à cet objet sans en ressentir aussitôt quelque plaisir. Ainsi les saintes affections conservent la charité en plusieurs manières; elles l'augmentent même indirectement; parce qu'elles affaiblissent la concupiscence qui ne s'oppose au bien que lorsqu'elle est excitée.

14. Il est vrai, mon fils, que ceux qui manquent de charité ne sont point assez forts pour exciter en eu,x des affections pures et saintes. La lumière toute seule, sans la charité, n'est pas capable de former dans le cœur un acte d'amour de Dieu sur toutes choses, il est néces-

i04 MEDITATIONS CHRETIENNES.

saire pour cela que je prévienne et que je prépare la volonté par la délectation intérieure. Mais les pécheurs même les plus corrompus peuvent par la force de leur amour-propre, j'entends l'amour-propre éclairé et raisonnable, et non point Tamour-propre aveugle et brutal, ils peuvent, dis-je, puisqu'ils veulent être solidement heureux, chercher où se trouve le bonheur solide et véritable, et prendre un temps pour examiner sérieusement quel est le chemin qui y conduit. Ils ne peuvent point encore aimer comme il faut la beauté de Tordre; mais ils peuvent haïr la laideur du péché en lui-même, reconnaître la vanité des biens qui passent, craindre de se rendre esclaves de certains plaisirs dont ils n'ont point encore goûté. Ils peuvent par de semblables affections excitées dans l'oraison à la lumière de la vérité, ôter mille empêchements à l'efficace de la grâce. S'ils sentent en eux la loi du péché qui les retient dans leurs désordres, convaincus de leur faiblesse, ils peuvent s'humilier. S'ils croient que je suis leur Sauveur, et s'ils souhaitent leur guérison, ils peuvent m'invoquer. Ils ne feront jamais rien de méritoire sans mon secours ; ils ne m'invoqueront point; ils ne souhaiteront point comme il faut leur guérison. Mais mon secours ne manque point à ceux qui sont huqables et vigilants. La pluie de la grâce est plus abondante sur les Chrétiens que la pluie ordinaire sur les lieux les plus tempérés. Elle ne tombe pas toujours, mais elle tombe assez abondamment à l'égard de ceux qui veulent en profiter. Ce n'est point le travail des laboureurs qui fait pleuvoir ; mais il est rare qu'ils se repentent de leurs travaux. Le travail des pécheurs n'est point méritoire de la grâce ; mais^ils ne se repentiront jamais de s'être préparés à la recevoir. Ils peuvent par le secours de la grâce en mériter de nouvelles ; mais il ne dépend pas des laboureurs d'augmenter la pluie qui arrose leurs campagnes.

15. Jusqu'ici, mon cher disciple, je l'ai parlé de l'oraison telle qu'on la peut faire par les secours qui accompagnent ordinairement la disposition qù l'on se trouve ; j'ai supposé que le pécheur agit par amourpropre^ et le juste par la force que la charité lui fournit, sans considérer les secours extraordinaires qui ne sont point des suites de l'état où l'on est; et cependant tu peux juger, par les choses que je t'ai dites, que Toraison est d'une très-grande utilité, et môme d'une nécessité indispensable, principalement à l'égard de ceux qui vivent dans le commerce du grand monde et que la gloire et les plaisirs sollicitent sans cesse au mal.

16. Mais si tu savais les faveurs que je fais à ceux qui consacrent à ma gloire leur esprit et leur cœur, par le travail de leur attention et par la pureté de leurs affections, tu croirais que tout le temps que tu emploies à l'action et aux œuvres môme de charité les plus saintes serait perdu. Sache, mon fils, que c'est uniquement pour lui que Dieu a fait les esprits, et que jamais l'homme n'est mieux disposé que lorsque son esprit est tourné vers la lumière et son cœur en mouvement vers le vrai bien. La véritable adoration ne consiste pas dans le prosternement du Corps devant une image de pierre, mais dans l'anéantissement de l'esprit à la vue de la grandeur et de la sainteté de Dieu ; c'est le cuite spirituel que je désire dans mes enfants et dans mes membres. Je chéris particulièrement ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité. Je m'applique avec un soin extraordinaire à les purifier, à les sacriGer, à les sanctifier; ce sont les ornements les plus précieux de mon temple. Puisqu'ils rendent à Dieu le plus d'honneur, n'est-il pas juste que j'aie à leur égard une application particulière?

17. Je ne veux point, mon fils, te parler des commu« uications tout extraordinaires et toutes divines que je

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