II
sonne divine, et comme sagesse éternelle, qui est la loi que mon Père consulte toujours, qu'il aime invinciblement, qu'il suit inviolablement, et par laquelle il a fait et conserve toutes choses.
19. Lorsque tu entends dire que Dieu permet certains désordres naturels, comme la génération des monstres, la mort violente d'un homme de hien ou quelque chose de semblable, ne t'imagine pas qu'il y ait une nature à qui Dieu ait fait part de sa puissance, et qu'il laisse quelquefois agir sans y prendre part; de la même manière qu'un prince laisse agir ses ministres, et permet des désordres qu'il ne peut empêcher. Ces Dieu qui fait tout, et les biens et les maux; il fait tomber les ruines d'une maison sur le juste qui va secourir un misérable, aussi bien que sur un scélérat qui va égorger un homme de bien. Mais Dieu fait le bien et permet le mal, en ce sens qu'il veut directement et positivement le bien, et qu'il ne veut point le mal. Je dis qu'il ne veut point le mal : car il n'a point établi les lois de la nature afin qu'elles produisissent des monstres, mais ps^e qu'étant très-simples, elles doivent néanmoins produire un ouvrage admirable. C'est la beauté et la régularité de l'ouvrage que Dieu veut positivement : pour l'irrégularité qui s'y rencontre, il l'a prévue, comme une suite nécessaire des lois naturelles ; mais il ne l'a pas voulue. Car si les mêmes lois eussent pu faire son ouvrage plus parfait et plus régulier qu'il n'est, il les aurait certainement établies. Ainsi Dieu veut positivement la perfection de son ouvrage, et il ne veut qu'indirectement l'imperfection qui s'y rencontre. Il fait le bien et permet le mal, parce que c'est à cause du bien qu'il a établi les lois naturelles, et que c'est au contraire uniquement en conséquence des lois naturelles qu'arrive le mal. Il fait le bien parce qu'il veut que son ouvrage soit parfait ; il fait le mal, non
parce que positivement et directement il le veut faire, mais parce qu'il veut que sa manière d'agir soit simple^ régulière, uniforme et constante, parce qu'il veut que sa conduite soit digne de lui et porte visiblement le caractère de ses attributs.
20. Si Dieu agissait par des volontés particulières comme les intelligences bornées, il ne se trouverait point de monstres dans la nature ; les pluies se répandraient sur les terres ensemencées plus abondamment que sur les sablons et dans la mer ; un homme qui a perdu un bras n'y sentirait jamais de douleur; car je suppose que le dessein de Dieu soit de rendre par la pluie les terres fécondes, et d'unir l'âme avec le corps par les sentiments qu'il produit en elle par rapport au corps. On ne pourrait point dire que Dieu permet certains malheurs ou certains désordres, qu'en supposant qu'il eût lait part de sa puissance à une nature déréglée et indépendante dans son action; on ne tenterait même jamais Dieu, ni même celte nature imaginaire, si l'on ne la suppose assujettie à certaines lois. Car enfin, si la conduite de Dieu ne devait point être uniforme et constante, pour être sage et digne de lui, quel danger y aurait-il de se jeter par les fenêtres en se confiant à sa bonté? Mais, parce que c'est Dieu seul qui fait tout, et qu'il doit agir d'une manière uniforme et constante, en suivant les lois générales qu'il s'est prescrites, on le tente lorsqu'on l'oblige, pour conserver son ouvrage, à faire des miracles ou à agir par des volontés particulières. On oppose sa bonté à sa sagesse ; on lui déclare que son ouvrage va périr s'il ne change lui-même de conduite; on augmente les dérèglements de la nature s'il ne trouble lui-même sans raison la simplicité de ses voies .
21 • sagesse éternelle ! que Dieii est admirable dans sa conduite ! Comme c'est une marque certaine d'une
iatelligence infinie que de prévoir toutes les suites particulières des lois générales, je comprends bien présentement qu'il fallait que Dieu agtt en conséquence de certaines lois, afin que sa conduite portât le caractère du principal de ses attributs. Entre les philosophes, ceux qui prétendent que Dieu a donné à tous les êtres certaines vertus ou facultés et les premières impressions, afin qu'ils exécutent ensuite tous ses desseins sans qu'il s'en mêle davantage, donnent à Dieu beaucoup de sagesse et de prévoyance ; mais ils blessent sa souveraineté par cette espèce d'indépendance qu'ils attribuent aux êtres créés. Ceux, au contraire, qui prétendent que Dieu fait tout par des volontés particulières, et qu'il est appliqué à son ouvrage comme un horloger à une montre qui s'arrêterait à tous moments sans son secours, laissent à Dieu sa souveraineté et à la créature sa dépendance, mais ils ôtent an Créateur sa sagesse et rendent son ouvrage sujet à la critique et digne du dernier mépris. Car, pourquoi faire sentir la douleur dans un bras qu'on n'a plus, supposé que les sentiments doivent être réglés par rapport à la conservation du corps? Pourquoi répandre la pluie sur les terres stériles s'U ne doit pleuvoir que pour rendre les terres fécondes? Cela ne peut-il pas faire croire que tout est conduit par une nature aveugle ? Il n'y a, ce me semble, que la conduite que vous venez de m'expliquer qui porte le caractère d'une sagesse infinie et d'une souveraineté entière et absolue. Je suis pleinement convaincu que Dieu fait et conserve tout, et que ses voies sont très-simples et très-fécondes; qu'en suivant constamment très-peu de lois, il produit une infinité d'ouvrages admirables.
22. mon unique maître! j'avais cru jusqu'à présent que les effets miraculeux étaient plus dignes de votre père que les effets ordinaires et naturels 1 mais
je comprends présentement que la puissance et la sagesse de Dieu paraissent davantage, à l'égard de ceux qui y pensent bien, dans les effets les plus communs que dans ceux qui frappent et qui étonnent l'esprit à cause de leur nouveauté. Que ceux qui imaginent une nature pour principe des effets ordinaires, et qui jugent de toutes choses par l'impression qu'elles font sur leurs sens, s'arrêtent à admirer les effets extraordinaires : ils ont besoin de miracles pour s'élever jusqu'à vous. Mais que ceux qui reconnaissent que vous êtes la cause unique de toutes choses adorent sans cesse votre sagesse dans la simplicité et dans la fécondité de vos voies. Vous êtes bien plus admirable lorsque vous couvrez la terre de fruits et de fleurs, par les lois générales de la nature, que lorsque^ par des volontés particulières, vous faites tomber le feu du ciel pour réduire en cendre des pécheurs et leurs villes. Mais si vous aviez tellement combiné le physique avec le moral, que le déluge universel et les autres événements considérables fussent des suites nécessaires des lois naturelles, qu'il y aurait, ce me semble, de sagesse dans votre conduite l N'y aurait-il pas bien plus de justesse et de prévoyance d'avoir établi des lois qui, outre une infinité d'effets admirables, auraient ravagé la terre justement au temps que la corruption était générale, que d'avoir, par des volontés particulières et miraculeuses, fait monter les eaux jusque sur les plus hautes montagnes? mon véritable et unique maître! n'est-ce point une suite nécessaire des lois naturelles, que les terres, au temps du déluge, se soient écroulées dans les abîmes, et que les eaux sur lesquelles le monde est fondé aient été élevées et poussées jusque sur les plus hautes montagnes par la pesanteur de ces mêmes terres lorsqu'elles s'abîmaient? Car, pour noyer les plus hautes montagnes de l'Arménie, il faudrait,
ce me semble, quinze fois plus d'eau que vous n'en avez créé. De plus, cet écoulement inégal des terres n'aurait-il pas pu changer la solidité et, par conséquent, le mouvement journalier de la terre? car l'endroit le plus solide ou le plus éloigné de son centre ayant plus de force pour continuer son mouvement, doit nécessairement se mettre dans le plus grand cerde, et, s'y conservant, lui donner ce mouvement du parallélisme qui donne tant de peine aux philosophes. Cette inégalité de terres écroulées, dont les unes sont plus proches du centre que les autres, n'aurait-elle pas alors pu rendre le plan de l'écliptique oblique à celui de l'équateur, et causer ainsi l'irrégularité des saisons pour abréger la vie à des hommes coupables alors de toutes sortes de crimes? En effet, il n'est point parlé de pluie avant le déluge * : c'était une fontaine, ou plutôt une vapeur ou une rosée, qui arrosait les terres et les rendait fécondes. Avant le déluge. Dieu n'avait point encore fait voir ^ l'arc-en-ciel dans les nues, pour marque de son alliance avec les hommes. La surface de la terre étant uniforme et le printemps continuel, les vapeurs, selon les lois qui s'observent dans la nature, ne pouvaient pas tomber en pluies sur les lieux qu'habitaient les premiers hommes ; elles devaient se répandre vers les pôles et les inonder.
23. Mais ce déluge de feu qui arrivera à la fin des siècles, lorsque la malice des hommes sera à son comble et que vous aurez donné la dernière perfection à votre Église, ce renversement universel et irréparable n'arrivera-t-il pas encore par la sage combinaison des lois de la nature avec celles de la grâce? Ce feu central, cette matière subtile que la terre renferme et qui met
J Gen, 2, 5, 6.
« Ib, 9, 13.
en feu tous les corps, auxquels elle communique son mouvement, augmente peut-être à proportion de nos désordres; et la terre ne la pouvant plus contenir, elle se répandra sur nos campagnes lorsque vous ne pourrez plus souffrir la grandeur et l'énormité de nos crimes. Les nouvelles étoiles qui paraissent dans les cieux, ne sont-ce pas des planètes qui s'allument par la matière subtile, laquelle est trop abondante pour demeurer toute renfermée dans leur centre; et les lois de la nature, qui en font disparaître quelques-unes en diminuant la matière subtile qui les environne et les rend éclatantes, ne peuvent-elles pas être si sagement combinées avec les lois de la grâce, que cette même matière subtile des étoiles obscurcies et réduites en planètes entre dans le tourbillon de notre terre et la mette en feu, justement au temps que vous aurez donné la dernière perfection à votre Église? mon cher maître ! est-ce que je m'égare? vous ne me répondez point sur tout ceci. Ne cessez pas, je vous prie, de m'instruire et de m'éclairer.
24. Courage, mon fils, admire la conduite de ton Dieu. Suis les principes que je t'ai exposés. Mais suspens ton jugement sur tes nouvelles réflexions. Malheur aux impies qui ne veulent point de miracles, à cause qu'ils les regardent comme des preuves de la puissance et de la providence de Dieu ! Mais pour toi ne crains point de les diminuer, puisqu'en cela tu ne penses qu'à justifier et faire paraître la sagesse de sa conduite. Sache néanmoins, mon cher disciple, que, la simplicité des lois naturelles ne pouvant pas exécuter tout ce que l'ordre veut que Dieu fasse, il est nécessaire qu'il arrive quelquefois des miracles pour ajouter ce qui manquerait à son ouvrage * s'il n'agis-
1 Méd, suivante, art. 26, 27, 28.
sait jamais par des volontés particulières, ou si quelque intelligence, en conséquence d'un ordre établi qui t'est inconnu, ne le déterminait à agir autrement que n'exigent les lois naturelles qui te sont connues.
Différence de la conduite de Dieu sous la loi et sous la grâce. Raisons des prières de l'Église. Qu'il ne faut pas s'attendre que Dieu fasse des miracles en notre faveur, et qu'on doit faire sci*vir la nature à la grâce. Que les miracles sont souvent des suites de quelques lois générales.
i . Dieu ! que vous êtes grand, que vous êtes juste, que vous êtes bon, que vous êtes puissant! Que de sagesse dans votre conduite, que d'efficace dans votre action, que de simplicité, mais que de fécondité dans vos voies! Que toutes les intelligences vous admirent et vous louent d'avoir accommodé de telle manière les effets de votre puissance avec ceux de votre bonté et de votre justice, que souvent le pécheur se trouve puni immédiatement après son crime, et le juste délivré des malheurs qui lui paraissent inévitables. Jésus ! ma sagesse, ma raison, ma lumière; continuez de m'instruire et de me délivrer de mes préjugés.
2. Tu te trompes, mon fils, de croire que le pécheur soit souvent puni immédiatement après son crime ^ Celaarrive rarement, et les justes, dans cette vie, ne sont point exempts des dernières misères. La simplicité des lois naturelles ne permet pas que les péchés des particuliers soient souvent punis dès qu'ils sont commis ; et Tordre, qui est la règle de ma providence,
» Arn. (le yrat, nov. Test., Ep, ad Honorât,
94 MÉDITATIONS CURÉTIENNBS
ne veut pas que les justes soient toujours délivrés des maux qui les pressent, quelques prières qu'ils fassent pour cela. Mes pères selon la chair ont crié vers le ciel dans leurs afflictions temporelles^ et ils en ont été délivrés. C*étail là la grâce de TAncien Testament. Mais la grâce du Nouveau purifie souvent mes enfants selon l'esprit par des afflictions qui durent jusqu'à la fin de leur sacrifice.
3. Paul, mon apôtre, eût bien souhaité que je l'eusse délivré d'un mal qui le pressait. Il m'en priait souvent, mais je lui répondis que c'est dans l'infirmité que la vertu se perfectionne, et que ma grâce lui devait suffire * : et depuis ce temps-là il faisait sa joie de ses incommodités et de ses besoins. Les outrages et les persécutions le fortifiaient ; et il tirait tant de force de ses faiblesses, qu'i^ écrit par mon esprit aux Corinthiens que lorsqu'il était faible, c'était alors qu'il se sentait fort et puissant.
4. Moi-môme, lorsque je consommais mon sacrifice par le plus cruel et le plus infâme des supplices s, j'ai crié à mon père comme ayant été abandonné à la fureur et à la rage de mes ennemis. J'ai été traité, non comme un homme, mais comme un ver, comme l'opprobre des hommes, comme l'objet du mépris et de la haine de la lie du peuple. Vide d'esprits et de sang, couvert de blessures, rempli de confusion, cloué sur un bois infâme, élevé à la vue d'un peuple ingrat et qui m'outrageait, j'étais alors le parfait modèle des chrétiens. Telle est la grâce du Nouveau Testament. Ceux qui appartiennent à la nouvelle alliance ne sont plus de ce monde ^. Ils y sont morts par le baptôme. Ils vivent en Dieu d'une vie toute nouvelle avec moi
» 2 Cor. 12, 9.
« Matth, 27, 46.
» CoL 3, 3, 4.
qui suis leur chef : ils vivent de ia vie éternelle ; mais cette vie est cachée jusqu'à ce que je paraisse dans ma gloire. En un mot, ils ont droit aux biens éternels dont je jouis; mais ils ne doivent les posséder qu'après avoir souffert avec patience tous les maux de la vie présente.
5. Tu peux voir tous les jours que les plus gens de bien sont dans la dernière misère. Mais, excepté quelques saints extraordinaires, on ne voit pas dans TAncien Testament que Dieu ait laissé les justes ni leurs enfants dans la pauvreté *. Je ne suis pas jeune, disait David, mais je n'ai point encore vu de juste abandonné, ni ses enfants mendier leur pain. Dans un temps de famine ils seront dans l'abondance, mais les méchants périront. Ainsi la nouvelle alliance s'accommode parfaitement avec la simplicité des lois naturelles, qui cause tant de maux dans le monde. Car, comme elle promet aux justes des biens éternels, pour récompense de leur patience ; il n'est point nécessaire que Dieu fasse souvent des miracles pour les délivrer de leurs maux présents, quelque grands qu'ils soient. Il suffit qu'il leur donne la grâce, avec laquelle ils puissent vaincre toutes les tentations qui naissent de l'ordre naturel. Au lieu que la première alliance ne donnant point par elle-même la grâce, et ne promettant point les vrais biens; l'ordre, qui veut que toute prière faite avec foi soit exaucée, obligeait la bonté de Dieu à faire souvent ce qu'on appelle des miracles 3, et à troubler, du moins en apparence, la simplicité de ses voies, pour accorder aux Juifs, toujours un peu grossiers et charnels, ou ce qu'ils lui demandaient, ou l'équivalent; je dis toujours un peu grossiers et char-
^ Junior fui^ etenim scnui, et non vidi justum derelictum^ etc. {Psal. 36.) * In frai art. 36, 27, 28 et les suivants*
nels, car la grâce ne leur était point donnée avec la même abondance qu'elle est donnée aux chrétiens. Prends donc garde, mon fils, à ne point murmurer contre Dieu, lorsque tu te trouveras accablé de maux. Souviens-toi que tu appartiens à la nouvelle alliance *. Celui-là était maudit par la loi, qui était attaché en croix. Mais, sous la grâce il faut la porter chaque jour, jusqu'à ce qu'on y soit attaché. Ce n'est plus l'instrument du supplice des impies, c'est la matière du feu qui doit consumer des victimes. Je l'ai honorée, je l'ai sanctifiée, j'ai rendu par elle tous les maux que les justes souffrent pour quelque temps, dignes d'une récompense qui ne finira jamais.
6. Que les impies enragent et se désespèrent, lorsque la douleur les presse ; et que les chrétiens, qui ne . savent point assez la différence qui est entre la grâce des deux alliances, s'imaginent qu'ils sont criminels à proportion qu'ils sont misérables. Pour toi, mon fils, que la joie ne te quitte jamais. Ne tremble que lorsque tu as en main l'autorité et la puissance, et ne crains la disette que lorsque tu te vois dans l'abondance de toutes choses.
7. Afin que tu mérites les vrais biens, afin que tu possèdes Dieu, il est absolument nécessaire que tu combattes contre toi-même* Car il semble qu*on travaille effectivement à sa propre ruine, lorsqu'on fait la guerre à sa passion dominante. On s'immole alors, on se sacrifie, on s'anéantit, on se réduit même dans un état pire que le néant ; ce qui est impossible à la nature sans le secours de la grâce. Or, je donne bien plus de grâces à ceux qui sont dans l'opprobre et dans la misère, qu'à ceux qui vivent dans l'éclat des honneurs, et dans l'abondance des richesses. Tous les justes,
1 Gai. 3, V. 13.
UUITIËHË MEDITATION. 97
pauvres et riches, ont les secours nécessaires pour persévérer dans la justice : maisj'ai un soin particulier de ceux qui sont dans un état qui convient à des pécheurs. Ainsi tremble dans l'élévation, et que l'abondance t'inquiète, mais qu'une joie solide te pénètre et te console au milieu de les misères *. J'ai choisi les pauvres^ les faibles, les méprisables^ les fous selon le monde, pour confondre les sages, les riches, les grands de la terre ^ ; pour apprendre aux hommes à ne se glorifier qu'en moi, qui leur ai été donné de Dieu pour être leur sagesse, leur justice, leur rédemption, et leur sanctification.
8. Jésus, vous êtes véritablement ma sagesse, et ma force; tout ce que vous me dites porte la lumière dans mon esprit et me pénètre le cœur. La prospérité des méchants ne m'ébranle plus ; la misère des gens de bien ne me surprend plus. Que les philosophes arrêtent au dernier des cieux les soins et l'action de la Providence: que les impies me disent malignement que vous êtes toujours du côté du plus fort. Ce sont des misérables qui ne connaisi^ent rien dans vos voies. L'air décisif et railleur, et les manières insolentes et cavalières des faux savants ne m'imposeront jamais jusqu'à douter des sentiments que vous me donnez. Le partage des libertins c'est l'ignorance, l'aveuglement, la brutalité et l'orgueil. Votre lumière les blesse : ils tournent la tête et ferment les yeux de peur d'en être frappés, et sont assez insolents pour critiquer l'ordre secret et merveilleux de votre conduite.
9. Mais voici encore une difficulté qui méfait peine ; si Dieu agit toujours par les voies les plus simples, s'il suit constamment les lois qu'il a une fois établies, n'est-ce pas en vain qu'on lui demande ses besoins, et
î I Cor» 1, V. 26, 27, 28, etc.
« rbiii, 2, V. 6, 30, 31.