‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 10 sur 33 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

l'action directe d'une substance sur une autre, expliquait comme lui la relation que nous voyons exister entre les volontés de notre esprit et les mouvements de la matière, par l'intervention de Dieu ; mais cette intervention avait lieu d'une manière différente, et c'est là tout ce qui distingue l'harmonie préétablie et les causes occasionnelles. Leibnitz, pour parler à l'imagination, comparait le monde des esprits et celui des corps à deux pendules excellentes, montées et réglées à la même heure, et qui s'accordent toujours entre elles sans que l'une agisse sur l'autre. Que l'ouvrier ne fasse un mécanisme que pour une seule pendule, et qu'il soit attentif à conduire lui-même l'aiguille de l'autre dans un parfait accord avec celle de la première, voilà Malebranche au lieu de Leibnitz ; les causes occasionnelles au lieu de l'harmonie préétablie. L'hypothèse de Leibnitz semble l'emporter, en ce qu'elle n'impose pas à Dieu un travail continuel et une sorte d'obéissance à ses créatures ; comme il semble aussi que celle de Malebranche conduit moins directement au déterminisme que l'on reprochait à Leibnitz. Mais ces différences sont plus apparentes que réelles. Au fond, le Dieu de Malebranche ne tombe pas plus que celui de Leibnitz dans le temps et dans le contingent ; sa volonté est immuable, éternelle, et ce n'est pas par quelque volonté particulière qu'il exécute les désirs de ses créatures, mais par des volontés générales, dont l'efficace est telle que chaque mouvement s'accom-

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