‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 11 sur 33 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

plit aussitôt que les créatures ont formé le désir, auquel Dieu s'est imposé la loi de satisfaire dès avant le commencement du monde. Et, quant au déterminisme, si Malebranche y échappe, ce n'est pas du moins au profit de la liberté. Que sera la liberté de l'homme dans un système oii l'homme n'est, en quelque sorte, souffert que parla nécessité de lui assigner une place ? Substance pensante, il n'a que des modifications passives, des sentiments, des conceptions, des désirs ; encore ces désirs n'ont-ils point d'efficace. Dieu met en nous l'amour de notre bien, et nous sommes contraints de l'aimer. Cet amour nécessaire est le principe de tous nos désirs ; nous ne pouvons rien aimer que nous ne le considérions actuellement comme notre bien. Quand nous tournons nos pensées et nos désirs vers le mal, c'est à cause de la corruption de notre nature, qui nous fait voir notre bien où il n'est pas, et prendre pour le bien lui-même quelque volupté charnelle qui n'en est qu'um.yile et basse imitation : ainsi, c'est encore par ^ff^ur du bien que nous nous précipitons dans le mal. La volonté de l'homme est, dit Malebranche, cette faculté qui nous rend capables d'aimer généralement tous les biens *. Cette volonté sans efficace, qui n'est qu'un amour et un désir, appliquée nécessairement à sa fin, s'excite-t-elle en nous avec quelque liberté? Et dépend-il de nous, sinon de la diriger.

^ Douzième Uéa,^ U»

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