‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 22 sur 33 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

se manifeste en nous immédiatement, sans aucune action particulière des dieux, dès que par la prière nous nous sommes mis en état de la recevoir *. Voilà sans doute les termes et le langage d'un chrétien, et presque complètement l'opinion de Malebranche. Enfin, au milieu de ses extravagances sur les apparitions, les fantômes, les héros, les archontes ou principautés, l'auteur des Mystères assigne aux anges et aux archanges le même rôle que leur attribuent la philosophie de Malebranche et la doctrine chrétienne ; et il s'accorde de tous points avec ces paroles de saint Paul : Omnes sunt administratorii spiritus^ in ministerium missi proptereos, quihœreditatem copient salutis^. Dételles analogies méritent d'autant plus d'être signalées, qu'il est hors de doute que Malebranche ne les a pas recherchées. Il était fort versé dans la connaissance des Pères de l'Eglise , mais beaucoup moins dans celle de la philosophie profane ; il affectait pour les philosophes païens un mépris exagéré, et il disait, avec beaucoup de raison du reste, qu'un philosophe chrétien doit préférer l'esprit de Dieu à l'esprit humain. Moïse à Aristote, et saint Augustin à quelque misérable commentateur d'un philosophe païen *. Différent de la doctrine des alexandrins en tout ce qui n'est pas conforme à la foi, il est toujours très-rapproché d'eux pour tout le reste ;

* De Mysteriisj première partie, ch. xii.

* Hebr. I, 14. Cf. Porqh., De Abstineniia^ liv. II, ch. li« « Préface de la Recherche de la Vérité,

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