‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 12 sur 145 · Neuvième Méd., 3. — 2. Dix-huitième Méd · texte numérisé non relu

Neuvième Méd., 3. — 2. Dix-huitième Méd

IKTRODCPTIOIf. XIX

qui nous punit de la fauté de nos përesT Est-ce répondre, que d'admettre la présence dans chaque homme de toute sa descendance , contenue dans la semence génitale 1 Quelle est cette immutabilité de Dieu, qui crée Thomme dans un état, et sait bien que sa créature va dégénérer immédia* tementt

Déjà, dans la philosophie de Platon, pour expliquer à la fois la faiblesse de Thomme et la splendeur de ses destinées, on a recours au dogme de là chute. Pour Platon, l'homme est un dieu déchu , attaché d'abord à la brillante suite d'un de ces dieux célestes dont nous voyons les corps lumineux, ei tombé sur la terre pour avoir perdu ses ailes. L'homme de Malebranche n'est qu'un homme, mais orné, au sortir d^si mains de Dieu, d'une grâce et d'une beauté parfaite, maintenant avili et dégradé par la faute du premier përe. Le dieu de Platon est endormi dans le sein de l'homme , jusqu'à ce que la réminiseence et l'amour fassent oroitre ses ailes* Pour Malebranche» la réminiscence c'est l'Évan** gile ; l'amour, c'est la grâce. L ascension de l'âme vers le ciel est pour Platon le triomphe de la dialectique , et pour Malebranche , la glorieuse marque des ineffables bontés du créateur. L'homme de Platon est un orphelin » mais celui de Malebranche a un père.

Enfin, s'il reste dans le gouvernement du monde queU que chose qui sorte des lois générales que Dieu s'est imposé de suivre» et qui montre l'existence de volontés pàr-r ticulières ; c'est que Jésus^Christ , qui dirige les hommes selon les desseins de son père, est à la fois homme et Dieu» La conduite de Jésus-Christ dans la construction de son ouvrage, qui est TËglise, doit porter le caractère d'une eause occasionnelle et d'un esprit fini. Ainsi tout s'explique, tout s'ordonne ; l'uniformité des lois dans Tordre de la nature, les volontés particulières dans l'ordre de la grâce ; le mal , le péché , les miracles; l'injustice apparente de la

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