‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 121 sur 145 · CoM. Trid.t sess. U, cap · texte numérisé non relu

CoM. Trid.t sess. U, cap

m MÉDITATIONS CHRÉTIENNES.

tion : non-seulement parce que tout amour actuel ou virtuel de Dieu sur toutes choses ne justifie pas le pécheur, mais encore parce que ce sacrement augmente la charité dans les justes qui s'en approchent avec les dispositions nécessaires.

24 . Il y a , mon fils , cette différence entre un acte de contrition et un acte d'attrition, que le premier renferme un acte d'amour de Dieu assez fort pour changer la disposition habituelle de lïime, car les actes forment et changent les habitudes ; et que le second renferme bien quelque amour de Dieu , mais trop imparfait et trop faible pour vaincre l'habitude qui lui est contraire. Après un acte de contrition, le pécheur devient juste ; puisqu'il se trouve habituellement disposé à préférer Dieu à toutes choses. Le sacrement ne le justifie pas, mais il augmente sa charité et le droit qu'il a aux secours nécessaires pour la conserver. Mais, après un acte d'attrition, le pécheur demeure encore pécheur. Quoique actuellement il préfère le Créateur à la créature , il est toujours habituellement disposé à préférer la créature au Créateur. De sorte que s'il meurt sans recevoir la grâce du sacrement. Dieu, qui juge l'âme selon la disposition habituelle et constante qu'il trouve en elle , et non pas selon les dispositions actuelles, qui changent à tous moments, ne peut qu'il ne la condamne comme criminelle et digne des peines de l'enfer.

22. Ainsi, mon fils, comme tu ne peux pas t'assurer si tu as la charité , tu négliges fort ton salut si tu négliges de t'approcher souvent du sacrement de pénitence pour te purifier de tes péchés. Prends garde, néanmoins, à ne pas abuser de ma bonté ; préparetoi à une action si sainte par la prière et par un sincère repentir; lave tes péchés de tes larmes avant que de les laver dans mon sang , car ce sang , qui apaise la colère de Dieu , crie vengeance contre ceux qui le répandent et qui le profanent. C'est moi , mon fils, qui baptise, qui confirme, qui absous le pécheur de ses péchés. Ne t'imagine pas que tu te confesses à un homme sujet à l'erreur; pense que c'est à moi-même que tu as affaire : ne me déguise donc rien ; humilie-toi , repens-toi de l'état misérable où le péché le réduit, et je romprai les liens qui te tiennent captif sous la domination du démon.

0 mon Jésus 1 vous me faites peur I je crains de paraître devant vous et de vous découvrir mes ulcères I Si je touche seulement par derrière la frange de votre robe, je serai guéri. Pourquoi paraître devant votre face? Vous savez mes désordres : pourquoi vous les déclarer? Je crains de profaner votre sang ; je crains...

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