‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 31 sur 145 · Kmlretiem ni · texte numérisé non relu

Kmlretiem ni

éclaire et qui les gouverne. Mais ne parlons point de ce qui nous passe. Voici ce que je ne crains point de vous assurer , ce qui est absolument nécessaire pour éclaircir le sujet de notre entretien , et que je vous prie de bien retenir pour le méditer à loisir.

XIII. Dieu aime l'ordre inviolablement et par la nécessité de son être. Il aime , il estime toutes choses à proportion qu'elles sont estimables et aimables. Il hait nécessairement le désordre. Cela est peut-être plus clair et plus incontestable que la preuve que je vous en donnerai quelque jour «, et que je passe maintenant. Or, c'est visiblement un désordre qu'un esprit capable de connaître et d'aimer Dieu , et par conséquent fait pour cela, soit obligé de s'oc-* cuper des besoins du corps. Donc l'âme étant unie au corps et de* vanl s'intéresser dans sa conservation , il a fallu qu'elle fût avertie par des preuves d'instinct , je veux dire par des preuves courtes , mais convaincantes, du rapport que les corps qui nous environnent ont avec celui que nous animons.

XIY. Dieu seul est notre lumière et la cause cle notre félicité. Il possède les perfections de tous les êtres. Il en a toutes les idées. Il renferme donc dans sa sagesse toutes les vérités spéculatives et pratiques: car toutes ces vérités ne sont que des rapports de grandeur et de perfection qui sont entre les idées , ainsi que je vous le prouverai bientôt *. Lui seul doit donc être l'objet de l'attention de notre esprit , comme étant lui seul capable de l'éclairer et d'en régler tous les mouvements , comme étant lui seul au-dessus de nous. Assurément un esprit occupé des créatures , tourné vers les créatures , quelque excellentes qu'elles puissent être , n'est pas dans Tordre où Dieu le demande , ni dans l'état où Dieu l'a mis. Or, s'il fallait examiner tous les rapports qu'ont les corps qui nous environnent avec les dispositions actuelles du nôtre, pour juger si nous devons , comment nous devons , combien nous devons avoir de commerce avec eux , cela partagerait, que dis-je! cela remplirait entièrement la capacité de notre esprit. Et assurément notre corps n'eu serait pas mieux. Il serait bientôt détruit par quelque distraction involontaire; car nos besoins changent si souvent et quelquefois si promptement, que, pour n'être pas surpris de quelque accident fâcheux, il faudrait une vigilance dont nous ne sommes pas capables. Quand s'a viserait-on de manger, par exemple? de quoi mangerait-on? quand cesserait-on de le faire? La belle occupation à un esprit qui promène et qui exerce son corps, de connaître à chaque pas qu'il lui fait faire qu'il est dans un air

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