‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 76 sur 145 · Prvv. 8, 29, 31. — 2. Matth · texte numérisé non relu

Prvv. 8, 29, 31. — 2. Matth

empêchent d'avoir accès auprès de Dieu , et de se réconcilier avec leur père.

\ 5. Quoi , mon Jésus 1 c'est donc vous-même qui me parlez dans le plus secret de ma raison? c'est donc votre voix que j'entends? Que vous venez de répandre en un instant de lumières dans mon esprit 1 Quoi! c'est vous seul qui éclairez tous les hommes? Hélas! que j'étais stupide, lorsque je pensais que vos créatures me parlaient, quand vous me répondiez! Que j'étais superbe, lorsque je m'imaginais que j'étais ma lumière à moi-même, quand vous m' éclairiez I Que j'étais insensé, lorsque je voulais rendre aux intelligences le culte et la reconnaissance que je ne dois qu'à vous I 0 mon unique maître ! que les anges mêmes vous adorent avec tout ce qu'il y a d'esprits, puisque vous êtes seul leur raison et leur lumière, et que les hommes sachent que vous les pénétrez de telle manière , que ^ lorsqu'ils croient se répondre à eux-mêmes et s'entretenir avec eux-mêmes , c'est vous qui leur parlez et qui 4es entretenez ! Oui , lumière du monde, je le comprends maintenant ; c'est vous qui nous éclairez, lorsque nous découvrons quelque vérité que ce puisse être *■ ; c'est vous qui nous exhortez , lorsque nous voyons la beauté de l'ordre ; c'est vous qui nous corrigez, lorsque nous entendons les reproches secrets de la raison ; c'est vous qui nous punissez ou nous consolez, lorsque nous sentons intérieurement des remords qui nous déchirent les entrailles ou ces paroles de paix qui nous reoiplissent de joie. Vous venez tout d'un coup de m'éclairer l'esprit, et je comprends clairement qu'il n'y a que vous qui soyez notre maître, que vous êtes seul le vrai pasteur de nos âmes; que vous êtes non-seulement la sagesse de Dieu, mais encore la véritable lumière qui éclaire seule tous les hommes. J'avais lu autrefois ces vérités dans vos saintes écritures ^ , mais je ne les entendais que d'une manière fort imparfaite. Je vous comparais aux hommes que nous appelons nos maures ^, et dont les plus sages et les plus savants ne sont au plus que de fidèles moniteurs ; car je ne pensais pas que vous parlassiez incessamment à l'esprit dans le plus secret de la raison ; et quoique je susse que vous êtes la sagesse du Père, je ne m'avisais pas de penser que vous êtes aussi la nôtre , ou la raison universelle à laquelle tous les esprits sont unis et par laquelle seule ils sont raisonnables.

16. Hélas! à quoi pensent les hommes de ne point reconnaître celui qui leur donne la vie 1 Ils se mettent en peine de savoir quelles sont les viandes dont on nourrit le corps , et ils négligent d'apprendre quelle est la substance qui nourrit l'esprit; ils recherchent

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