Jac. 1, 17.-^2. Matlh. 23, 10. — 3. S. Àuc. deMugUtro
même avec assez de curiosité quelle efet la nourriture des Chinois ou des Tartares, ils en parlent avec plaisir, ils voudraient peutêtre en goûter, et il& ne s'entretiennent jamais de la manne véritable des esprits , de la raison universelle , qui les rend tous raisonnables, et dans laquelle on se repaît de la vérité; enfin ils vivent sans savoir qui les nourrit, et leur ingratitude est telle qu'ils ne veulent pas seulement connaître celui qui les comble de biens.
17. Il est vrai que vous vous cachez aux yeux dçs hommes, et que vous ne laissez point paraître la main qui leur fait tant de bien ; mais cela ne justifie pas leur ingratitude. Quoique vous n'ayez pas besoin de nos reconnaissances, et que vous le témoigniez assez par la manière dont vous répandez insensiblement vos faveurs , néanmoins nous devons vous en rendre grâces ; et si nous ne vous les rendons pas, comment pourrons-nous mériter la continuation de vos bienfaits?
iÉ. Les Athéniens, qui ne connaissaient point le vrai Dieu, avaient dressé un autel au Dieu ineonnu *. Mais, hélas! entre les hommes qui ne connaissent point celui qui est la vie et la lumière de l'esprit , les uns regardent les corps qui les environnent comme le principe de leurs connaissances et comme la cause véritable des plaisirs dont ils jouissent ; et les autres , moins stupides et plus superbes, s'imaginent pouvoir être à eux-mêmes le principe de leur félicité et de leur lumière. 0 Dieu! que d'orgueil, que d'aveuglement , que d'ingratitude !
19. Que ceux qui vous connaissent comme un Dieu incessamment appliqué à eux, agissant en eux, les éclairant, les exhortant, les corrigeant, les consolant, vous rendent grâces incessamment des faveurs que vous leur faites, afin qu'ils en méritent de nouvelles et que vous les rendiez enfin dignes de vous posséder éternellement. Que ceux qui , ne sentant point l'opération secrète par laquelle vous agissez en nous , ne connaissent point l'auteur de leur être, ni celui qui leur donne à tous moments le mouvement et la vie, recherchent leur bienfaiteur de toutes leurs forces, avec amour, empressement, persévérance, et qu'ils dressent un autel au Dieu inconnu, jusqu'à ce que vous vous découvriez à eux. Mais malheur aux insensés qui recherchent la perfection de leur être dans ce qui est au-dessous d'eux , la lumière de leur esprit dans les objets visibles, la cause de leur félicité dans les corps, le mouvement et la vie dans des créatures mortes et incapables d'aucune action ! Malheur encore aux superbes qui se contentent d'eux-mêmes, qui pensent pouvoir se rendre sages et heureux par leurs propres forces ,
l.Aet. 17,28.
et qui s'imaginent produire en eux-mêmes les plaisirs dont ils jouissent à Foccasion .des corps, et les idées qui les éclairent à la présence des objets, ou selon les différents désirs que la curiosité excite en eux !