Premier J5nlr
2. « Il arrive en conséquence des lois de Tâme et du corps que nous sommes ftYef tfs de la présence des objets. Car encore que le« cotps soient invisibles paf eux-mêmes, le sentiment de couleur que nous avons en nous, et même malgré uous à leur occasion, nous peri>uade que nous les voyons eux~mêmes> à cause que l'opération de Dieu en nous n*a rien de sensible. » Êiflr.y 12, 2.
3. Araauld, entre autres «ccusations, insista fortement sur ce que dans la doc<> trine de la visioii en Dieu, voyant tout en Dieu, nous y voyons aussi l'étendue : or, on ne peat voir en Dieu ce qui n'y est pas'; et d'ailleurs fes idées do Dieu sont
XH INTaODUGTlOIf.
Si la substance étendue n*a aucune puissane-e pour agir sur lame, ou pour exciter en elle des impressions et des idées, réciproquement 1 ame n*a point d'efficace pour agir sur le corps ; et cela tient à la même cause, c'est-à-dire à la différence essentielle des deux substances. Malebranche , d'ailleurs , n'a aucune peine à montrer que la puissance hiunaine, si l'homme avait une puissance, serait parfaitement inutile, et que Dieu pourrait s'en passer. Que ne poussait- il plus loin sa démonstration , en prouvant que Dieu peut se passer de l'homme , et que, pour cette belle raison, l'homme lui-même n'existe pas? Le monde, dit-il, est nécessaire ou ne l'est point; et, s'il ne l'est point, il dépend de Dieu. Il en dépend , non pas une première fois et à son commencement , car il en aurait dépendu et serait indépendant à l'heure qu'il est, ce qui ne se peut ; il en dépend dans son être et dans sa durée : Dieu est la cause qui le produit et, tout ensemble, la cause qui le conserve. Conserver, qu'est-ce? sinon vouloir l'existence d'un être qui existait déjà. Et qu'est-ce que créer , sinon vouloir l'existence d'un être qui n'existait point auparavant? C'est donc par le même acte de la puissance divine que le monde est et qu'il dure : il est, il dure, par la volonté de Dieu, dont l'efficace est toute-puissante. Or, le monde sera-t-il tel que Dieu le veut ou autrement? Évidemment tel que Dieu le veut, et parce qu'il le veut ainsi. Les modifications diverses du monde, et tous les mouvements qui s'y passent, existent donc en vertu de la volonté de Dieu, à moins qu'on ne dise , ou que quelque chose est indépendant de Dieu, ou que sa volonté n'est point efficace. La volonté humaine , qui s'ajoute à la volonté de Dieu , ne peut donc coopérer
plus réelles en lui comme archétypes, que leurs images ne le sont au dehors chacun selon son idée ou son espèce. Voyez à ce sujet Lettre 2 » M. Arn , n" II. £nlr., l et 8. *< L'étendue intelligible que nous voyons dans la substance divine qui la renferme, n'est ,quc cette même substance en t&nt que représentative des êtres matériels et participable par eux. » Snlr. 1, 6.
INIBODtCriON.' xui
à la production de 1 eflfet. Nous voulons, et Dieu produit. Notœ volonté précède l'effet ; la volonté de Dieu le cause! Il ny a qu'une cause et qu^une efficace ^ L'homme voit tout en Dieu ; il fait tout par le secours de Dieu : de lui-même^ il ne peut ni connaître le monde, ni agir sur lui. Et, s*il y a une correspondance si parfaite entre nos volontés et les mouvements de la matière , entre les mouvements de la matière et nos conceptions, c'est que Dieu est exact i mouvoir mon bras quand je désire qu'il soit mû, et à montrer le soleil plus petit à mesure qu'il disparait à l'horizon.
Leibnitz, qui, aussi bien que Malebranche, niait l'action directe d'une substance sur une autre, expliquait comme lui la relation que nous voyons exister entre les volontés de notre esprit et les mouvements de la matière , par T intervention de Dieu; mais cette intervention avait lieu d'une manière différente, et c'est là tout ce qui distingue l'harmonie préétablie et les causes occasionnelles. Leibnitz, pour parler à l'imagination, comparait le monde des esprits et celui des corps à deux pendules excellentes, montées et réglées à la même heure , et qui s'accordent toujours entre elles sans que lune agisse suir l'autre. Que l'ouvrier ne fasse un mécanisme que pour une seule pendule, et qu'il soit attentif à conduire lui-même Taiguille de l'autre, dans un parfait accord avec celle de la première , voilà Malebranche au lieu de Leibniz ; les causes occasionnelles au lieu de l'harmonie préétablie. L'hypothèse de Leibnitz semble l'emporter, en ce qu'elle n'impose pas à Dieu un travail continuel et une sorte d'obéissance à ses créatures ; comme il semble aussi que celle de Malebranche conduit moins directement au déterminisme que l'on reprochait à Leibnitz. Mais ces différences sont plus apparentes que réelles. Au