XIV INTRODUCTION
fond, le Dieu de Malebranche ne tombe pas plus qtie celui de Leibnitz , dans le temps et dans le contingent ; sa volont43 est immuable, éternelle, et ce n*est pas par quelque volonté particulière qu'il exécute les désirs de ses créatures» mais par des volontés générales » dont l'efficace est telle que ehaque mouvement s'accomplit aussitôt que les créatures ont formé le désir, auquel Dieu s'est imposé la loi de satiflfaire dès avant le commencement du monde. Et, quant au déterminisme, si Malebranche y échappe, ce n'est pas du moins au profit de la liberté. Que sera la liberté de Thomme dans un système où l'homme n'est , en quelque sorte , souffert que par la nécessité de lui assigner une place! Substance pensante, il n'a que des modifications passives, des sentiments, des conceptions, des désirs ; encore ces désirs n'ont'ils point d'efficace* Dieu met en nous l'amour de notre bien, et nous sommes contraints de l'aimer. Cet aniour nécessaire est le principe de tous nos désirs ; nous ne pouvons rien aimer que nous ne le considérions actuellement comme notre bien. Quand nous tournons nos pen«« sées et nos désirs vers le mal,. c'est à cause de la corruption de notre naturel qui nous fait voir notre bien où il n'est pas, et prendre pour le bien lui-même quelque volupté chamelle qui n'en est qu'une vile et basse imitation : ainsi, c'est encore par amour du bien que nous nous prédpi* tons dans le mal. La volonté de l'homme est, dit MiJe* branche, cette faculté qui nous rend capables d aimer gé« néralement tous les biens ^ Cette volonté sans efficace, qui n'est qu'un amour et un désir, appliquée fiécessaireraent à sa fin, s'excite-t-elle en nous avec quelque liberté! Et dé** pend-il de nous , sinon de la diriger, au moins de la faire naîtrel Non, la puissance de l'homme ne va pas même jus* que là : son propre mouvement n'a pas son origine en lui*