Rechercha de la Vérité, liv
qu'elle est immortelle; parce qu'il n'y a que les manières des êtres qui se détruisent, et que les êtres ouïes substances ne peuvent rentrer dans le néant, puisque, selon les lois ordinaires de la nature, il est aussi iâtpdssible de tirer une substance du néatlt, que de Fy faire rentrer. Mais toutes ces conclusions ne sont appuyéeâ que sur l'idée claire que tu as du corps, et nullement sur l'idée de Tâme , puisque tu reconnais que ton âme n'est point matérielle ^ non par une idée claire que tu en aies, mais parce que tu vois clairement dans l'idée de la matière, que ce que tu sens en toi-même ne peut appartenir aii corps.
24. Ainsi , ne t'attends pas que je réponde clairement et dlrectetnent à mille questions que lu ihe pourrais faire, sur toutce qui se passe en loi , et sur les propriétés infinies de ton être. Tâche, par la souitiissidn aux vérités de la foi, et par ta fidélité a observer mes préceptes et mes conseils, de ttiériter un jour Une intelligence parfeite de ce que tu crois maintenant, et ne t'émbarfasse point dans des questions inutiles et trop relevées, dé peur que ton esprit ne s'enfle d'orgueil, que ta paresse ne s'arrête au vraisemblable, et que, séduit par l'erreur, lu ne t'égares dans ces routes écartées, où l'on court toujours de très-grands dangerg. C'est là , mon fils, là méthode la plus courte et la plus sûre pour parvenir à la connaissance de la vérité. Oui, le meilleur précepte de logique, que je le puisse donner, c'est que tu vives en homme de bien. Car il vaut beaucoup mieux passer quelques années dans l'ignorance, et devenir savant pour toujours, que d'acquérir pour quelques jours, et avec bien de la peine, une science fort imparfaite, et passer une éternité dans les ténèbres.
25. Je l'avoue, mon unique maître, et je ne veux plus vous consulter que sur les vérités qui me sont nécessaires pour me conduire à la possession des vrais biens. Le temps est court, la mort s'approche, et je dois entrer dans l'éternité telle que je l'aurai méritée. La pensée de la mort change toutes mes vues, et rompt tous mes desseins. Tout disparaît ou cnange de face, lorsque je pense à réternité. Sciences abstraites, quelque éclatantes et sîibtimes que vous soyez, vous n'êtes que vanité, je vous abandonne. Je veux étudier la religion et la morale ; je veux travailler à ma perfection et à mon bonheur, et laisser là cette dure occupation, que Dieu a donnée aux enfants des hommes, toutes ces vaines sciences, dont il est écrit que ceux qui les accumulent, au lieu de se rendre sages et heureux ne font qu'augmenter leurs travaux et leurs inquiétudes.
SftD MÉDITATIONS CnHÉTIENNES.