‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 98 sur 145 · DIXIEME MÉDITATION · texte numérisé non relu

DIXIEME MÉDITATION

Pour être solidement heureux, il faut que les plaisirs soient joints avec cette espèce de joie qui ne prévient point la raison. Que Dieu seul agit en nous et y produit et les plaisirs et la joie qui rendent heureux et content. Sagesse et bonté de Dieu visible dans les sentiments qu'il nous donne des objets sensibles en conséquence des lois de l'union de l'ftme et du corps.

4 . Je VOUS rends grâces, ma raison et ma lumière, de toutes les vérités que vous m'avez enseignées ; je les conserve chèrement dans cet endroit de ma mémoire, où je renferme ce que j'ai de plus précieux ; et je les repasse à tous moments , comme les avares leurs richesses , mais avec d'autant plus de joie qu'il y a de différence entre leurs biens et ceux que vous me donnez. Je sais, mon unique maître, qu'il n'y a que vous qui éclairez les esprits ; quelle est la manière , quels sont les sujets dont je dois vous interroger, et quel est le caractère particulier, par lequel on discerne vos réponses de toutes celles que rendent vos créatures; je suis convaincu que vous avez créé tous les êtres par une puissance à qui rien n'est capable de résister, et que vous les gouvernez avec une sagesse qu'on ne peut assez admirer. Continuez, je vous prie, de m'instruire; je veux invinciblement être heureux ; en quoi consiste le bonheur ; quel est celui de qui je puis l'espérer ; et que dois-je faire pour l'obtenir?

2. Si tu fais quelque réflexion sur ce que tu sens en toi-même, tu reconnaîtras sans peine, qu'il n'y a que le plaisir et la joie actuelle qui rendent actuellement heureux et content. Tout plaisir rend heureux ceux qui en jouissent dans le moment qu'ils en jouissent, et il les rend d'autant plus heureux qu'il est plus grand. Mais il ne les rend solidement heureux , que lorsqu'il est joint avec la joie^ laquelle seule rend l'esprit content.

3. Le plaisir est un sentiment qui touche et qui modifie l'âme, qui la surprend, et prévient sa raison, et qui l'avertit, mais d'une manière fort confuse, que le vrai bien est présent. Car enfin le pioisir quel qu'il soit ne peut être produit en l'âme que par celui qui, étant au-dessus d'elle, peut agir en elle, et la rendre heureuse. Maiî^ le plaisir ne fait nullement connaître quel est celui qui agit véritablement en l'âme, quelle est la c^use qui le produit; de sorte que les hommes s'imaginent sans réflexion que le premier objet qui se présente directement à leurs sens dans le même instant qu'ils sentent quelque plaisir, est la véritable cause qui le produit en eux. Ilî* s'approchent de cet objet par le mouvemonl de leur volonté ,

comme par celui de leur corps ; et parce quMls sentent dans cette approche une augmentation, et ensuite quelque continuation du même plaisir, ils demeurent unis de corps et d'esprit à ce même objet, et se confirment ainsi dans leur erreur sur le témoignage de leurs sens. Néanmoins comme Fesprit ne voit point clairement que les objets sensibles soient de vrais biens; comme la foi, la raison et Texpérience même s'opposent aux jugements des sens; et que les hommes ne sont point persuadés que Taction, par laquelle ils jouissent des plaisirs sensibles, mérite d'être récompensée , quoiqu'ils soient en quelque manière heureux par la jouissance de ces plaisirs, ils ne sont nullement contents; et s'ils ne sont point contents, tu vois bien qu'ils ne peuvent être solidement heureux. Ainsi, afin que tu sois solidement heureux, il faut que ta joie soit égale à tes plaisirs^ et qu'elle les accompagne sans cesse.

i. Mais prends garde. Il y a deux sortes de joie. Celle dont je parle est un sentiment qui ne prévient jamais la raison. Cette joie s'excite naturellement dans les esprits par la connaissance qu'ils ont de leurs perfections et de leur bonheur ; car dès que tu découvres en toi quelque perfection, ou que tu sens quelque plaisir juste et raisonnable, tu en ressens de la joie. Il suffît même que tu espères la jouissance de quelque bien solide et raisonnable, afin que tu te trouves agréablement ému de cette espèce de joie. Or, lorsque cette joie accompagne sans cesse les plaisirs prévenants, elle rend solidement heureux ceux qui en jouissent. Et de même que plus les plaisirs prévenants sont vifs, plus le bonheur est grand; ainsi, plus la joie, dont je parle, est grande, plus le bonheur est solide.

5. Car tu dois savoir qu'il y a encore une espèce de joie qui ne rend point solidement heureux. Cette joie s'excite naturellement en l'àme par le sentiment confus de quelque plaisir, dont on jouit ou dont on espère de jouir; elle prévient toute connaissance, quoiqu'elle suppose quelque sentiment. Un homme de bonne chère se trouve actuellement à un festin, ou s'attend d'y aller; il s'excite en lui une espèce de joie qui suppose ou le goût actuel des viandes, ou leur avant-goût. Mais cette espèce de joie est de même nature que le plaisir prévenant qu'elle suppose. Elle est entièrement sensible, et nullement raisonnable. Elle rend heureux dès le moment qu'elle touche l'àme, aussi bien que le plaisir prévenant ; mais elle ne rend pas solidement heureux, parce qu'elle ne peut pas contenter un esprit raisonnable, qui, voulant être solidement heureux, ne peut trouver de bonheur que dans la possession des vrais biens.

6. La raison de ceci est que tout homme, quelque déréglé qu'on le suppose, pourvu néanmoins que la raison ne soit poin

m MÉDITATIONS CHRÉTIENNES.

entièrement éteinte en lui, tout homme, dis-je, sait da moins d'une manière extrêmement confuse et obscure , d'un côté que Dîeii est juste, qu'il veut Tordre, qu'il ne peut récompenser le désordre : et de l'autre que les corps sont indignes d'amour , qu'ils ne peuvent être le bien des esprits, et qu'ainsi Dieti ne peut rendre heureux ceux qui les aiment. Car on sait naturellement que l'on a un tnaître, que fce maître aiine Tor-dre , et l'on ne s'abandonne jamais à ses passions sans en appréhender les suites.

7. Lorsqu'un homme affamé se répand sur les viandes, on tnême lorsqu'un homme se réjouit à la vue d'une table bien couverte et témoigne un peu trop par l'air de sort visage qii'il est agréablement surpris , n'est-il pas vrai qu'il choque les personnes qui aiment sincèrement les vrais biens, et qu'il a quelque honte de luimême s'il fait réflexion que son air joyeux et content a découvert le dérèglement de son amour? Supposé néanmoins que cela ne lui arrive pas à la présence de certains amis, mais devant quelque personne inconnue dont il souhaite extrêmement de gagner l'estime et les bonnes grâces. On ne peut dont aimer les çerps sans avoir quelque sentiment confus de sa bassesse et de ses désordres, et mêine sans appréhender la vengeance d'un Dieu jaloux qui pénètre le fond des cœurs, qui veut être uniquement âimê, et qui n'aimé que sa gloire et la perfectioti de son ouvrage.

8. Ainsi la joie qui jiré vient la raison et qui s*e3tcite en l'âme par Te goût ou l'avant-goùt de quelque plaisir sensible, ne peut rendre content un esprit qui est tellement uni à la raison ou à l'ordre, quelque effort qu'il fasse pour s'en séparer, qu'il en reçoit sans cesse dans le plus secret de lui-même, des repiroqhes et des rémords qui le troublent dans ses plaisirs et qui l'inquiètéhl dans son repos. Car si les hommes ont lani de chagrin lorsqu'ils sont mal dans l'esprit de ceux qu'ils estiment, comment poùrraîent-ils être contents lorsqu'ils Sont mal avec eux-mêmes , ou plutôt lorsqu'ils sont mal avec la raison universelle des esprits, et que par la ils seraient mal dans l'esprit de tout ce qu'il y a d'hommes raisonnables s'ils étaient connus pour ce qu'ils sont? Comment pourraient-ils avoir une joie solide lorsqu'ils sont mal avec celui qiii punit indispensablement tout désordre, mais qui punit des plaisirs qui ne durent qu'un moment par des supplices qUi ne finiront jamais?

9. Je comprends clairement, mon unique maître, ou plutôt je suis convaincu par le sentiment intérieur que j'ai de moi-même, que c'est le plaisir qui rend heureux, et qu'il ne peut rendre solidement heureux celui qui en jouit s'il n'est accompagné de cette

MEDITATIONS CHRÉTIENNES. Ul

espèce de joie qui ne prévient point la raison. £tde là je reconnais qu'il n'est pas possible d'être solidement heureux par la jouissance des plaisirs sensibles que la raison ne goûte et n'approuve pas. Car quelle que soit la joie qui accompagne la jouissance àe ces plaisirs , bien loin que la raison la favorise , elle e$Qitfi au contraire d^ns le fond du cgeur la tristesse son ennemie, qui trouble les plai> sirs les plus doux et les plus sensibles. Mais quelle est cette raison qui produit ou qui excite en moi ma tristesse et qui s'oppose à mon bonheur daps le temps que je jouis des plaisii^? Je vois clairement que ces plaisirs sont déréglés ^t cette vue trouble ma félicité et ma joie ; elle ine r^nd malheureux dans le temps mêo^e que je goûte ce qui peut me rendre heureux. Mais la vue de mes désordres peut-elle agir en moi et changer toutes les modifications de mon être, malgré l'inclination invincible que je sens en moi pour être heureux? Il y a là bien des choses que je n'entends pas.

40. Tu seras, mon Bis, bientôt éclairci de tes doutes, fii tu consultes le gentiment intérieur que tu as de ce qui se passe en toi et si tu te rends attentif à mes réponses. Reaire donc en toi-^mème pour te sentir et ppur m'écouter, pour consulter ta conscieQC^ et ta raison. Le sentiment intérieur que tu as de ce qui se passe en toi« même t'apprend que la joie s'excite en ton àme à la vue de tes perfections et )a tristesse à la vue de tes dé^rdres et de tes misères. Tu sens bien que ces sentiments s'excitent en toi malgré toi. Tu n'en es dope pas la cause.

4 4 . Un homme a le cœur assez corrompu pour vouloir chasser cette tristesse fâcheuse qui le vient troubler dan9 ses débauches, et il ne peut la dissiper. Qu^en doit-il conclure ? Deux vérités essen-^ tielles : prends-y garde, Tune qu'il combat contre un plus puissant que lui et l'autre que cet Être puissant dont il dépend veut qu'il soit parfait. Un homme à la vue de sop malheur se trouve ému de tristesse, qu'en doit-il cx)nclure ? Que celui qui lui donne ou qui lui conserve l'être veut qu'il soit heureux.

42. Sache donc qu'il n'y a que Dieu qui agisse dans les esprits et qu'il veut les rendre tous et heureux et parfaits; heureux par la jouissance des plaisirs, parfaits par la conformité avec l'ordre. Car il n'y a que le goût du plaisir qui rende heureux, comme il n'y a que Tamour de Tordre qui rende parfait.

43. Sache que Dieu n'agit en toi que pour sa gloire et pour ton bien, et parce qu'il est de sa gloire que toi comme son ouvrage sois parfait et que c'est too bien que tu sois heureux ; il te rend triste lorsque ton amour est déréglé ou que tu souffres quelque luisÎTe. Mais , parce qp'il aime davantage sa gloire que le bien de

SAS MÉUITATJONS CIlRÉTJENNeS.

sa créature, la tristesse qu'il fait sentir aux hommes au milieu de leurs débauches est vive et désespérante; au lieu que celle que souffrent les justes dans les persécutions les plus cruelles, est toujours accompagnée de quelque douceur intérieure qui les console et qui les soutient.

44. De sorte que ces différentes tristesses apprennent sensiblement aux hommes ce qu'ils doivent faire dans ces rencontres. Car la tristesse des débauchés étant désespérante, elle leur apprend que s'ils ne changent ils ne doivent point espérer d'être heureux ; au lieu que la tristesse des justes est tellement tempérée par l'espérance, que, quoiqu'elle les porte à sortir de leur état comme n'étant point celui pour lequel Dieu les a créés, elle permet qu'ils y demeurent en patience, qu'ils méritent leurs récompenses et qu'ils sacrifient à l'amour de l'ordre l'amour de leur être propre ou de leur bonheur. Apprends donc aujourd'hui , mon cher disciple , que la volonté de Dieu, qui par son efficace produit en toi tous les sentiments qui te frappent et tous les mouvements qui t'agitent, est toujours conforme à l'ordre et remplie de bonté pour ses créatures, et regarde cette vérité comme un principe fécond capable de faire naître dans ton esprit une in6nité de vérités de la dernière conséquence.

45. Mais afin que tu puisses plus facilement découvrir les suites de ce principe, prends garde à ce que je te vais dire. Tu as un corps, ton âme y est unie et même elle en dépend depuis le péché. Dieu l'a voulu ainsi pour des raisons dont je te dirai un jour quelque chose. Tu aimes ce corps, tu veux et du dois le conserver. Tu dois donc travailler à la recherche de deux sortes de biens , de celui de ton coirps et du tien; car le bien de ton corps n'est pas ton propre bien , et tu dois avoir deux marques différentes pour discerner ces deux sortes de biens. Ainsi reprends ton principe, examine-le, et tu verras que Dieu fait sans cesse en toi ce que l'ordre demande. Car l'ordre veut que le bien de l'esprit soit aimé par raison, et le bien du corps par l'instinct du plaisir ; que le bien de l'esprit soit recherché avec application et le bien du corps discerné sans peine. Car enfin il n'est pas juste que ton esprit soit sans cesse détourné de son vrai bien pour comparer les rapports que les corps qui t'environnent ont avec celui que tu animes. L'ordre veut que tu sois averti par la preuve courte mais incontestable du sentiment de ce que tu dois faire pour conserver la vie.

46. Considère de nouveau ton principe, et tu verras que Dieu agit dans l'homme avec tant de bonté, qu'il le rend en quelque manière heureux par des sentiments très-doux lorsqu'il lui obéit en conservant le corps qu'il lui a donné. Car si tu goûtes d'un fruit

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qui par lui lui-même n'a rien d'agréable et ne peut rien le communiquer de ce qu'il est, lu le trouves néanmoins plein de douceur pour toi. Tu trouves amers ou brûlants les poisons, il est vrai, mais c'est que tu ne dois pas t'en nourrir. Tu diras peut-être que le chaud, le froid, la douleur, le travail t'incommodent, mais c'est que présentement l'ordre demande que tu dépendes de ton corps, auquel tu étais seulement uni par la première institution de la nature.

47. Avant le péché l'homme ne souffrait jamais rien malgré lui ; son corps obéissait à son esprit, il ne pouvait le distraire ni le partager par des sentiments prévenants et rebelles. L'ordre le voulait ainsi, et l'amour que Dieu porte à son ouvrage, lorsqu'il est tel qu'il l'a fait, ne lui permettait pas de le rendre malheureux en quelque manière que ce puisse être. Mais depuis le péché l'homme a perdu en partie le pouvoir qu'il avait sur son corps. Il n'est pas juste que Dieu suspende les lois de communications des mouvements, ni qu'il y ait des exceptions dans les lois de Tunion de l'âme et du corps en faveur d'un pécheur et d'un rebelle. Néanmoins Tordre et la bonté de Dieu paraissent toujours dans ces lois qu'il a établies, parce qu'elles apprennent à l'homme quel est le bien du corps par une voie si courte et si agréable, qu'elles ne l'empêchent point malgré lui de s'appliquer à son vrai bien. Car ce ne sont pas ces lois, mais la concupiscence qui trouble maintenant ta raison et qui te corrompt le cœur.

48. Les sentiments de plaisir et de douleur sont des preuves courtes et incontestables du bien et du mal : il n'est point nécessaire que l'esprit connaisse ce qui se passe dans son corps. Dieu , qui le connait pour lui, touche l'âme comme elle le doit être par rapport aux objets sensibles. Les sentiments de couleur discernent les corps, il n'est point nécessaire que Tesprit en connaisse la tissure. Les odeurs, les saveurs, les sons parlent à l'âme pour le bien du corps, un langage qu'elle entend plus promptement que celui de la raison : et dans quelque situation de corps que tu sois, les objets qui t'environnent te paraissent toujours de la même manière, quoique ton corps reçoive leur impression d'une manière toute différente. Car, par exemple, sans que tu fasse réflexion si tu as la tète penchée , les objets te paraissent droits. Retiens bien ce que je te dis, Dieu te donne tout d'un coup les sentiments des objets que tu te donnerais toi-même si, étant capable d'agir en toi^ tu connaissais parfaitement tout ce qui se passe dans ton corps, et dans ceux qui t'environnent. C'est que tu n'es pas fait pour connaître les corps. Ils ne sont point ton bien. Ils ne peuvent agir en toi. Il faut que tu con-

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naisses par les preuves courtes du sentiment les rapports qu'ils ont avec le tien, afin que sans être distrait tu puisses employer ta raison et ta lumière à la recherche de ton vrai bien.

19. 0 vérité éternelle! que d'ordre, que de sagesse, que de bonté dans la conduite de mon Dieu ! Que les sens et les passions sont nécessaires dans la recherche des biens du corps, et qu'ils sont bien réglés lorsqu'on les considère par rapport à la conservation de la vie ! Mais que les hommes sont déraisonnables de les écouter pouf s'instruire du bien de l'esprit. Ils prennent tout à contre-sens, ils renversent l'ordre de toutes choses. Car ils consultent leyrs sens, et leurs passions dans la recherche des vrais biens ; et ils se servent de leur raison pour conserver leur sapté et leur vie. Ils forcent le sens du goût par un etfort de raison^ ou ils se séduisent par^ des fagoûts délicieux ; ils introduisent ainsi Tennemi malgré les gardes que la nature a posées, et donnent la mort à leurs corps par des poisons déguisés. £t lorsqu'il s'agit de faire choix des vrais biens, ils s'imaginent que le plaisir en est le vrai caractère. Ils écoutent leurs passions au lieu de les tenir dans le silence, et donnent ainsi la mort à leur âme malgré les avis, les reproches, les remords, en un ipo|; les efforts de la raison.

20. 0 mon Dieu , vous êtes seul la cause véritable des plaisit^ que l'on goûte dans l'usage des biens du corps; que cette vérité est importante I Hélas ! quelle stupidité de regarder les objets sensibles comme de vrais biens. Quelle ingratitude de vous oublier sachant que vous êtes la cause unique de nos plaisirs. Quel emportement de forcer votre bonté à nous rendre heureux dans le temps même que nous vous offensons. Voluptueux, que pensez-vous faire dans vos débauches? Écoutez et tremblez. Vous obligez Dieu en conséquence des lois qu'il a établies à vous faire du bien dans le tpn^ps que vous l'outragez. Vous forcez celui qui ne veut que l'ordre, à récompenser actuellement le désordre. Vous faitps servir Dieu à vos iniquités. Quel aveuglement 1 Quelle injustice ! Quelle brutalité I 0 Dieu, que votre patience est grande maintenant 1 Mais qu'un jour votre vengeance sera terrible 1

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