A UN CONVIVE ASTRONOME
Ami , laisse rouler la terre Autour de Pastre des saisons :
Ris et bois : j'aime mieux ce verre Que l'astrolabe des Newtons ?
Qu'importe qu'au centre du mond^ Le soleil fixe ses destins , Poi^ryu que sa chaleur féconde Mûrisse toujours nos raisins?
Tout son plaisir, toute sa gloire , C'est de colorer ce doux jus ; La nôtre , ami , c'est de le bohre :
Boire , aimer, que faut-il de plus ?
Crois-moi , sous l'ombre de la treille Goûte le charme des beaux jours :
Chaque heure , en fuyant , nous eonselUe De rs^yir des moments si courts.
Et toi , lyre , aimable convive
Qui sais plaire aux festins des dieux ,
Rends ton allégresse plus vive Par tes accents mélodieux.
Qu'à tes sons la folle Ménade Danse sous nos planes touffus , Tandis qu'une vive Naïade Rafraîchit Turne de Bacchus.
Ainsi , mêlant avec adresse Le doux myrte au pampre glacé , Je respire une double ivresse Sous leur feuillage entrelacé.
Si jamais l'envieux Saturne Me jette un sinistre regard y O Bacchus , je veux dans ton urne Enivrer ce maudit vieillard !
ODE