‹ OEuvres de Malherbe, poésie et prose;Chapitre 105 sur 124 · A UN CONVIVE ASTRONOME · texte numérisé non relu

A UN CONVIVE ASTRONOME

Ami , laisse rouler la terre Autour de Pastre des saisons :

Ris et bois : j'aime mieux ce verre Que l'astrolabe des Newtons ?

Qu'importe qu'au centre du mond^ Le soleil fixe ses destins , Poi^ryu que sa chaleur féconde Mûrisse toujours nos raisins?

Tout son plaisir, toute sa gloire , C'est de colorer ce doux jus ; La nôtre , ami , c'est de le bohre :

Boire , aimer, que faut-il de plus ?

Crois-moi , sous l'ombre de la treille Goûte le charme des beaux jours :

Chaque heure , en fuyant , nous eonselUe De rs^yir des moments si courts.

Et toi , lyre , aimable convive

Qui sais plaire aux festins des dieux ,

Rends ton allégresse plus vive Par tes accents mélodieux.

Qu'à tes sons la folle Ménade Danse sous nos planes touffus , Tandis qu'une vive Naïade Rafraîchit Turne de Bacchus.

Ainsi , mêlant avec adresse Le doux myrte au pampre glacé , Je respire une double ivresse Sous leur feuillage entrelacé.

Si jamais l'envieux Saturne Me jette un sinistre regard y O Bacchus , je veux dans ton urne Enivrer ce maudit vieillard !

ODE

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