PARAPHRASE DU PSAUME VIII
0 Sagesse éterneUe , à qui cet univers Doit le nombre infini des miracles divers Qu'on voit également sur la terre et sur l'onde !
Mon Dieu , mon Créateur, Que ta magnificence étonne tout le monde ! Et que le ciel est bas au prix de ta hauteur î
Quelques blasphémateurs , oppresseurs d'innocents , A qui l'excès d'orgueil a fait perdre le sens , De profanes discours ta puissance rabaissent :
Mais ta naïveté Dont mêmes au berceau les enfants te confessent Clôt-elle pas la bouche à leur impiété ?
De moi , toutes les fois que j'arrête les yeux A voir les ornements dont tu pares les cieux , Tu me semblés si grand , et nous si peu de chose ,
Que mon entendement Ne peut s'imaginer quelle amour te dispose A nous favoriser d'un regard seulement.
Il n'est faiblesse ^ale à nos infirmités ;
Nos plus sages discours ne sont que vanités ^
Et nos sens corrompus n'ont goût qu'à des ordures :
Toutefois , ô bon Dieu , Nous te sommes si chers , qu'entre tes créatures Si l'ange a le premier, l'homme a le second lieu.
Quelles marques d'honneur se peuvent ajouter
A ce comble de gloire où tu l'as fait monter?
Et , pour obtenir mieux, quel souhait peut-il faire,
Lui que , jusqu'au ponent , Depuis où le soleil vient dessus l'hémisphère, Ton absolu pouvoir a fait son lieutenant .^^
Sitôt que le besoin excite son désir.
Qu'est-ce qu'en ta largesse il ne trouve à choisir ?
Et, par ton règlement , l'air, la mer^ et la terre,
N'entretiennent-ils pas Une secrète loi de se faire la guerre A qui de plus de mets fournira ses repas .»^
Certes je ne puis fsdre , en ce ravissement. Que rappeler mon âme , et dire bassement : O Sagesse étemelle, en merveilles féconde!
Mon Dieu , mon Créateur, Que ta magnificence étonne tout le monde ! Et que le del est bas au prix de ta hauteur !
96 LIVRE n.
pour les paladins de France, assaillants dans on combat de barrière '.
£h quoi donc! la France, féconde En incomparables guerriers, Aura jusques au bout du monde Planté des forêts de lauriers , Et fait gagner à ses armées Des batailles si renommées.
Afin d'avoir cette douleur D'ouïr démentir ses victoires , Et nier ce que les histoires Ont publié de sa valeur ?
Tant de fois le Rhin et la Meuse ,
Par nos redoutables efforts ,
Auront vu leur onde écumeuse
Regorger de sang et de morts ;
Et tant de fois nos destinées
Des Alpes et des Pyrénées •}
Les sommets auront fait branler, '{
Afin que je ne sais quels Scythes , 'i
Bas de fortune et de mérites , >
Présument de nous égaler?
Non, non : s'il est vrai que nous sommes Issus de ces nobles aïeux Que la voix commune des hommes A fait asseoir entre les dieux , Ces arrogants , à leur dommage , Apprendront un autre langage , Et, dans leur honte ensevelis , Feront voir à toute la terre
■ Le 26 février I605, eut lieu ce combat à la barrière, le seul qui se soit fait sous le règne de Henri lY. ( Mém, de Bastompierre. )
Qu'on est brisé comme du verre , Quand on choque les fleurs de lis.
Henri, l'exemple des monarques Les plus vaillants et les meilleurs, Plein de mérites et de marques Qui jamais ne furent ailleurs ; Bel astre vraiment adorable , De qui Tascendant favorable En tous lieux nous sert de rempart , Si vous aimez votre louange , Désirez-vous pas qu'on la venge D'une injure où vous avez part?
Ces arrogants, qui se défient
De n'avoir pas de lustre assez.
Impudemment se glorifient
Aux fables des siècles passés ;
Et d'une audace ridicule
Nous content qu'ils sont fils d'Hercule ,
iSans toutefois en faire foi :
Mais qu'importe-t-il qui puisse être
Ni leur père ni leur ancêtre ,
Puisque vous êtes notre roi ?
Contre l'aventure funeste Que leur garde notre courroux Si quelque espérance leur reste , Cest d'obtenir grâce de vous.
Et confesser que nos épées, Si fortes et si bien trempées Qu'il faut leur céder ou mourir, Donneront à votre couronne Tout ce que le ciel environne, Quand vous le voudrez acquérir.