‹ OEuvres de Malherbe, poésie et prose;Chapitre 15 sur 124 · PARAPHRASE DU PSAUME VIII · texte numérisé non relu

PARAPHRASE DU PSAUME VIII

0 Sagesse éterneUe , à qui cet univers Doit le nombre infini des miracles divers Qu'on voit également sur la terre et sur l'onde !

Mon Dieu , mon Créateur, Que ta magnificence étonne tout le monde ! Et que le ciel est bas au prix de ta hauteur î

Quelques blasphémateurs , oppresseurs d'innocents , A qui l'excès d'orgueil a fait perdre le sens , De profanes discours ta puissance rabaissent :

Mais ta naïveté Dont mêmes au berceau les enfants te confessent Clôt-elle pas la bouche à leur impiété ?

De moi , toutes les fois que j'arrête les yeux A voir les ornements dont tu pares les cieux , Tu me semblés si grand , et nous si peu de chose ,

Que mon entendement Ne peut s'imaginer quelle amour te dispose A nous favoriser d'un regard seulement.

Il n'est faiblesse ^ale à nos infirmités ;

Nos plus sages discours ne sont que vanités ^

Et nos sens corrompus n'ont goût qu'à des ordures :

Toutefois , ô bon Dieu , Nous te sommes si chers , qu'entre tes créatures Si l'ange a le premier, l'homme a le second lieu.

Quelles marques d'honneur se peuvent ajouter

A ce comble de gloire où tu l'as fait monter?

Et , pour obtenir mieux, quel souhait peut-il faire,

Lui que , jusqu'au ponent , Depuis où le soleil vient dessus l'hémisphère, Ton absolu pouvoir a fait son lieutenant .^^

Sitôt que le besoin excite son désir.

Qu'est-ce qu'en ta largesse il ne trouve à choisir ?

Et, par ton règlement , l'air, la mer^ et la terre,

N'entretiennent-ils pas Une secrète loi de se faire la guerre A qui de plus de mets fournira ses repas .»^

Certes je ne puis fsdre , en ce ravissement. Que rappeler mon âme , et dire bassement : O Sagesse étemelle, en merveilles féconde!

Mon Dieu , mon Créateur, Que ta magnificence étonne tout le monde ! Et que le del est bas au prix de ta hauteur !

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pour les paladins de France, assaillants dans on combat de barrière '.

£h quoi donc! la France, féconde En incomparables guerriers, Aura jusques au bout du monde Planté des forêts de lauriers , Et fait gagner à ses armées Des batailles si renommées.

Afin d'avoir cette douleur D'ouïr démentir ses victoires , Et nier ce que les histoires Ont publié de sa valeur ?

Tant de fois le Rhin et la Meuse ,

Par nos redoutables efforts ,

Auront vu leur onde écumeuse

Regorger de sang et de morts ;

Et tant de fois nos destinées

Des Alpes et des Pyrénées •}

Les sommets auront fait branler, '{

Afin que je ne sais quels Scythes , 'i

Bas de fortune et de mérites , >

Présument de nous égaler?

Non, non : s'il est vrai que nous sommes Issus de ces nobles aïeux Que la voix commune des hommes A fait asseoir entre les dieux , Ces arrogants , à leur dommage , Apprendront un autre langage , Et, dans leur honte ensevelis , Feront voir à toute la terre

■ Le 26 février I605, eut lieu ce combat à la barrière, le seul qui se soit fait sous le règne de Henri lY. ( Mém, de Bastompierre. )

Qu'on est brisé comme du verre , Quand on choque les fleurs de lis.

Henri, l'exemple des monarques Les plus vaillants et les meilleurs, Plein de mérites et de marques Qui jamais ne furent ailleurs ; Bel astre vraiment adorable , De qui Tascendant favorable En tous lieux nous sert de rempart , Si vous aimez votre louange , Désirez-vous pas qu'on la venge D'une injure où vous avez part?

Ces arrogants, qui se défient

De n'avoir pas de lustre assez.

Impudemment se glorifient

Aux fables des siècles passés ;

Et d'une audace ridicule

Nous content qu'ils sont fils d'Hercule ,

iSans toutefois en faire foi :

Mais qu'importe-t-il qui puisse être

Ni leur père ni leur ancêtre ,

Puisque vous êtes notre roi ?

Contre l'aventure funeste Que leur garde notre courroux Si quelque espérance leur reste , Cest d'obtenir grâce de vous.

Et confesser que nos épées, Si fortes et si bien trempées Qu'il faut leur céder ou mourir, Donneront à votre couronne Tout ce que le ciel environne, Quand vous le voudrez acquérir.

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