‹ OEuvres de Malherbe, poésie et prose;Chapitre 18 sur 124 · STA^CES SPIRITUELLES · texte numérisé non relu

STA^CES SPIRITUELLES

Louez Dieu par toute la terre ,

Non pour la crainte du tonnerre

Dont il menace les humains, Mais pource que sa gloire » en merveilles abonde ,. Et que tant de beautés qui reluisent au monde

Sont des ouvrages de ses mains.

Sa providence libérale

Est une source générale

Toujours prête à nous arroser.

L'Aurore 3 et l'Occident s'abreuvent en sa course; On y puise en Afrique , on y puise sous l'Ourse ;

Et rien ne la peut épuiser.

N'est-ce pas lui qui fait aux ondes Germer les semences fécondes

* 06OU 8' ôvetSoç ToOç xaxoOç eù8ai{JLovetv,

Cette pensée d'un poète grec a été admirablement reproduite par Claadien.

Abstulit haec tandem Rafini pœna taroaltum. Absolvit que deos...

^C'est-à-dire ses actions louables, admirables, et dignes de gloire. Malherbe a employé souvent ce mot dans le môme sens. (Costar.)

^V Aurore est ici pour V Orient. Cette façon déparier est hardie, mais elle est belle.

D*un nombre infini de poissons ; Qui peuple de troupeaux les bois et les montagnes, Donne aux prés la verdure , et couvre les campagnes

De vendanges et de moissons ?

Il est bien dur à sa justice

De voir l'impudente malice

Dont nous Foffensons chaque jour :

Mais, comme notre père , il excuse nos crimes ; Et même ses courroux , tant soient-ils légitimes , «

Sont des marques de son amour.

Nos affections passagères, Tenant de nos humeurs légères , Se font vieilles en un moment ; Quelque nouveau désir comme un vent les emporte : La sienne , toujours ferme et toujours d'une sorte , Se conserve éternellement.

Page 1