AU ROI HENRI LE GRAND
car la rédaction de Marseille à l'obéissance de ce roi, soas les ordres du duc de Goise, goavernear de Provence.
Enfin , après tant d'années , Voici Theureuse saison Où nos misères bornées Vont avoir leur guérison.
Les dieux , longs à se résoudre, Ont fait un coup de leur foudre , Qui montre aux ambitieux Que les fureurs de la terre Ne sont que paille et que verre * A la colère des cieux.
Peuples , à qui la tempête A fait Éadre tant de vœux , Quelles fleurs à cette fête
Ode, dit A. Chénîer, pleine de chaleur, dont la marche est vive et ly rlquc, le style noble et ferme, les images vraies et variées.
» Racine, ainsi que Malherbe, imitant l'Écriture sainte (Psalm. 24,, t 6, et 82 , t. 12), a dit plus heureusement encore (Esther, act. l, se. 6) :
Qae les méchants apprennent auJourâHiui
A craindre ta colère ; Qulls soient comme la pondre et la paille légère
Qne le vent chasse devant Inl.
14 LITBE f.
Couronneront vos clieveux ?
Quelle victime assez grande Donnerez-vous pour offrande?
Et quel Indique séjour ' Une perle fera naître D'assez de lustre pour être La marque d'un si beau jour?
Cet effroyable colosse , ' Gazaux >, Tappui des mutins , A mis le pied dans la fosse Que lui cavaient ^ les destins.
Il est bas, le purrieide : ,
Un Aldde 4, fils d*Aldde, A qui la France a prêté Son invincible génie , A coupé sa tyrannie D'un glaive de liberté ^.
Les aventures du monde Vont d'un ordre mutuel , Comme on voit au bord de Tonde Un reflux perpétuel.
L'aise et l'ennui de la vie Ont leur course entresuivie Aussi naturellement Que le chaud et la froidure ;
' Imitalioa de MarUal :
O nox omnls et hora , qnae notata est Caris littoris Indici lapillis!
Ce qui ne diminae eo rien le mérite de Malherbe, dit A. Cliénier.
> Cazaux, consul de Marseille, s'etant rendu mallre de la ville, y avait appelé les Espagnols pour résister au roi, dont les troupes étaient coin* mandées par le duc de Guise.
3 A. Chénler trouve ce mot cavaient plus poétique que creusaient
4 Charles , fils de Henri duc de Guise , dit le Balafré.
^ Allusion à Pierre de Libertat^ qui tua Cazaux. — Toute cette stroplw est admirable et sublime, dit A. Chénier.
Et rien , afin que tout dure , Ne dure étemellement ».
Cinq ans Marseille, volée A son juste possesseur , Avait langui désolée Aux mains de cet oppresseur.
Enfin le temps Fa remise En sa première franchise ; Et les maux qu'elle endurait Ont eu ce bien pour échange , Qu'elle a vu parmi la fange Fouler ce qu'elle adorait.
Déjà tout le peuple more
A ce miracle entendu ;
A l'un et Fautre Bosphore *
Le bruit en est répandu :
Toutes les plaines le savent
Que rinde^ etTEuphrate lavent ;
Et déjà, pâle d'effroi 4,
Memphis se pense captive , Voyant si près de sa rive Un neveu de Godefroi ^.
■ Racao , dans ane de ses strophes , présente la même idée , où elle est rendue avec non moins de talent. Horace excelle dans ce mélange heureax de faits et de réflexions morales, que Roosseaa n'a pas toujours connu, et qu'André Chénier loue avec raison.
* Le Tliraden et ie Cimmérien.
3 Llndus.
4 la JadéeenapâUf
a dit Racine, Bérénice, act 1, se. 4.
* Le duc de Guise prétendait descendre de Godefroi.
FRAGMENTS '