FIN DES ŒUVRES DB MALHERBE
Jean-Baptiste Rousseau naquit à Paris le 6 avril 1670. Son père était cordonnier, et le fils eut la fisdblesse de rougir de sa naissance et de la |>rofe8sion de son père; ce qui le porta, si Ton en croît ses ennemis, jusqu'à voaloir changer de nom : bien éloigné en cela de cette sagesse <lont Horace lui montrait un si bel exemple \ La Motte, issu comme Rousseau d'un rang obscur, 1ih adressa à ce «iij^ ces belles stances sur le Mérite personnel :
On ne se choisit point son père :
Par un reproche populaire Le sage n'est point ahaltu t Oui, quoi que le vulgaire pense « * Rousseau, la plus vile naissance
Donne du lustre à la vertu.
Que J'aime à voir le sage Horace Satisfait, content de sa race , Quoique du sang des affranchis.!
Mais Je ne vois qu'avec colère Ce fils tremblant au nom d'an père Qui n'a de tache que ce fils.
Si nous insistons sur ce point, c'est que la fausse position dans laquelle Rousseau s'était placé devait avoir, et eut sur son caractère et ses ouvrages l'influence inévitable des circonstances. Pour peu que l'on se rappelle quel était alors en France l'état moral de la société, on concevra sans peine qu'un jeune poète, ami des pfaisirs et avide de renommée , devait naturellement s'efforcer de plaire à ceux qui promettaient la fortune et donnaient le plaisir : amuser les uns de ses épigrammes licencieuses, et édifier les autres de ses odes sacrées. Tel fut le rôle qu'il choisit C'étaient souvent , d'ailleurs , les mêmes personnages : il n'y avait de changé que le masque et le lieu du rôle de la
■ Rousseau oublie les soins que ce père 8*était donnés pour le faire iDstmire, tandis que c'est avec un profond attendrissement que nous lisons dans les poésies d'Horace réloge touchant qu'il fait de son excellent père, et le récit des soins qu'il avait pris pour procurer a son fils une éducation qui lui valait l'amitié de Mécène et la protection d'ALUguste.
J. B. ROCSSEÀU. 19