TIRÉE DU PSAUME CXLV
Faiblesse des hommes. Grandeur de Dieu.
Mon âme , louez le Seigneur;
Rendez un légitime honneur A l'objet étemel de vos justes louanges.
Oui , mon Dieu , je veux désormais . Partager la gloire des anges , Et consacrer ma vie à chanter vos bienfaits.
Renonçons au stérUe appui
Des grands qu'on implore aujourd'hui;
Ne fondons point sur eux une espérance folle. Leur pompe , indigne de nos vœux , M'est qu'un simulacre firivole ;
Et les solides biens ne dépendent pas d'eux.
Comme nous , esclaves du sort ,
Comme nous , jouets de la mort , La terre engloutira leurs grandeurs insensées ;
Et périront en même jour
Ces vastes et hautes pensées Qu'adorent maintenant ceux qui leur font la cour.
Dieu seul doit faire notre espoir ;
Dieu , de qui l'immortel pouvoir Fit sortir du néant le ciel , la terre , et l'onde ;
Et qui , tranquille au haut des airs ,
Anima d'une voix féconde Tous les êtres semés dans ce vaste univers.
Heureux qui du ciel occupé ,
Et d'un faux édat détrompé , Met de bonne heure en lui toute son espérance ! Il protège la vérité , Et saura prendre la défense Du juste que l'impie aura persécuté.
Cest le Seigneur qui nous nourrit;
Cest le Seigneur qui nous guérit :
Il prévient nos besoins; il adoucit nos gènes ;
Il assure nos pas craintifs :
Il délie , il brise nos chaînes ; Et nos tyrans par lui deviennent nos captifs.
Il offre au timide étranger
Un bras prompt à le protéger ; Et l'orphelin en lui retrouve un second père :
De la veuve il devient l'époux ;
Et, par un châtiment sévère* 11 confond les pécheurs conjurés contre nous.
Les jours des rois sont dans sa main.
Leur règne est un règne incertain , Dont le doigt du Seigneur a marqué les limites ;
Mais de son règne illimité
Les bornes ne seront prescrites Ni par la fin des temps , ni par l'éternité.
ODE XV